GOUROU  NANAK  DEV

(1469 - 1539 A.D.)

Gourou Nanak naquit en 1469[1] à Rai Bhoeki Talwandi, connu maintenant sous le nom de Nankana Sahib et situé dans la  province du Penjab, à  l’ouest du Pakistan.Ce lieu était à environ 55 milles au nord-ouest  de Lahore. Son père, Mehta Kalou était un Patwari – percepteur des impôts. La mère du Gourou était Mata Tripta et il avait une sœur aînée, Bibi Nanki. Dès le plus jeune du Gourou, Bibi Nanki  vit en lui la Lumière de Dieu mais elle ne  révéla pas ce secret. Elle fut le premier disciple de Gourou Nanak

 

 LA SCOLARITE DU GOUROU:

 

     À l'âge de sept, Gourou  Nanak fut envoyé à l’école, de son village où il eut comme professeur Pandit Gopal Das. Comme d’habitude le professeur commença la leçon avec l’alphabet mais le professeur fut émerveillé quand Gourou lui demanda d’expliquer la signification des lettres de l'alphabet. Cependant face à l’incapacité du professeur, Gourou écrivit la signification de chacune  des lettres de l'alphabet. Ce fut le premier Message Divin délivré par Gourou Nanak[2]. Ce fut une explication de la vérité profonde des êtres  humains, de Dieu et de la manière de réaliser Dieu à travers la lecture des lettres de l'alphabet. Le professeur fut tout confondu devant le Maître Divin et s’agenouilla devant lui. Il  l’emmena à son père en disant : "Mehtaji, votre fils, est un Avtar (prophète) et il est venu pour racheter les victimes de Kalyug (l'âge de Mensonge). Il est destiné à être  un grand professeur, il n’y a rien que je puisse lui apprendre."

     Beaucoup d'écrivains croient que Gourou  Nanak fut  d’abord envoyé  dans  différentes écoles tenues par des Hindous et des Musulmans afin d’apprendre les Vedas (Saintes Écritures hindous) et le Coran (Écriture Sainte Musulmane), et qu’après avoir seulement obtenu la connaissance de ces Saintes Ecritures, il fonda les principes de sa religion. D'après Malcolm, il est dit que Gourou  Nanak apprit tout  de la vie terrestre par le biais de Khizr -le Prophète Elias.

"Il y a  une raison de croire," écrivit  Cunningham, "que dans sa

jeunesse il se  familiarisa avec les croyances populaires des Musulmans et des Hindous et qu'il obtint une connaissance générale du Coran et des Shastras."

     Il semble que tous ces savants historiens n’ont pas saisi

l’élément fondamental  de la divinité de Gourou Nanak Il naquit avec une nature divine, donc ses enseignements furent célestes. Ces historiens semblent ignorer le fait  que Gourou Nanak fut une Incarnation de la Lumière Divine. Il fut un être céleste et ses attributs divins le positionnèrent au-dessus de l’espèce humaine et de ses différentes écoles. Les historiens omirent d’évoquer la splendeur de la lumière divine du Gourou. L'esprit céleste n’a rien à apprendre  des institutions créées par l’homme. Gourou Nanak fut un messager céleste et un enseignant né qui  apprit  à l’humanité  le chemin de la droiture et de la vérité. La divinité de Gourou Nanak fut au-dessus des 'institutions  terrestres et de  leurs enseignements. Le Message que Gourou  Nanak  délivra à ce monde, lui vint  directement de Dieu comme Il le confirma lui-même :

 

     "Ô Lalo[3]  comme s'élève le Mot Divin de Dieu sur moi

      Ainsi fait je le raconte."

                              (Tilang Mohalla 1, p-722)

     "Je dis ce que vous commandâtes de dire."

                              (Wadhans Mohalla 1, p-566)

     Il est aussi mentionné dans le Janamsakhi (biographie) que très souvent

Gourou   Nanak  disait à son compagnon Mardana[4] :

 

 

 

 "Mardana, joue du rebec, la Parole Divine va arriver". Cela confirme le fait que

l´éducation des institutions religieuses Hindous et Musulmanes,  pas du tout

  sur la Parole Divine que Gourou  Nanak  reçut de Dieu

et qu’il  délivra à ce monde. Dire que le  Gourou  alla dans différentes écoles

 à apprendre, c’est manquer de respect envers le caractère sacré du Gourou.

 

LA CÉRÉMONIE DU FIL SACRÉ:

 

     Gourou Nanak avait neuf ans et selon une coutume des hautes castes Hindous, on lui demanda de revêtir le codon sacré, appelé ' Janaeu'. De grandes préparations  furent organisées  par son père à l’occasion de cette cérémonie. Le prêtre de la famille qui se nommait Hardyal, commença à chanter des Mantras (cantiques hindous ) et il s’apprêta à mettre le fil autour du cou du Gourou quand  ce dernier refusa de le porter. L´assemblée entière fut  étonnée. Ils  essayèrent de le persuader, par tous les moyens, de porter le Janaeu mais en vain. Alors Gourou prononça ce Sabad[5] :

 

 

     "Pourtant les hommes s'engagent à des vols innombrables, à d’adultères innombrables,

         à des mensonges innombrables pleins de mots innombrables d'abus;

      Pourtant ils s'engagent à des vols innombrables et à des nuits d´infamies

          et à jouer contre leurs amis;

      Toujours le fil du coton est filé, et le l´astre Brahman le

          tord.

      Pour la cérémonie le cuisinier tua une chèvre  et ils mangèrent, et

          tout le monde alors dit ' Mettez le Janeau'.

      Quand il deviendra vieux, il le jetera, et un autre lui sera mis

      Nanak, la rupture de la ficelle  ne se fera pas s'il est fort."

                                (Asa DiVar, Mohalla 1, p-471)

     Le prêtre, dans son désespoir,  demanda, "Quel genre de fil sacré

Ô Nanak, est-ce que vous porteriez"? Gourou  Nanak répondit :

 

     "Hors du coton de compassion

      Filez le fil de contentement

      Nœuds de la cravate de continence,

      Donnez-lui la forme  de la vérité.

      Cela ferait un Janeau pour l'âme,

      Si tu l’as, Ô Brahman, mets-le sur moi.

      Un tel fil une fois porté ne cassera jamais

      Il n’est souillé, brûlé ou perdu,

      L'homme qui portera un tel fil est béni."

                              (Asa Di Var, Slok Mohalla 1, p-471)

 

 

 

 

LE COBRA SERT LE MAÎTRE DIVIN:

 

     Comme de coutume  dans les villages, le père  envoya son fils garder les buffles dans les pâturages. Un jour, alors que Gourou gardait les buffles, il s endormit sous un arbre et le troupeau détruisit les récoltes dans les champs voisins. Quand le propriétaire découvrit ses récoltes  endommagées, il  devint furieux et alla se plaindre auprès de Rai Bular, un gouvernant local. Rai Bular  envoya chercher le fils et son père afin d’éclaircir la querelle. Gourou leur dit qu’aucun dommage n’avait été fait aux récoltes; qu’elles avaient plutôt été bénies par Dieu. Rai Bular  envoya ses messagers inspecter les champs. Mais à la surprise de tout le monde, ils ne constatèrent aucun dégât ; tout au contraire les récoltes fleurissaient dans les champs. Le champ

où ce miracle arriva est actuellement connu sous le nom de Kiara Sahib. Un autre jour Gourou fut envoyé  pour garder les buffles dans les pâturages et il s’endormit à l'ombre d'un arbre. Comme le soleil était haut dans le ciel, l'ombre s’éloigna. Un grand cobra sortit de son repaire et  avec son capuchon fit de l’ombre afin de protéger le visage du Divin Maître. Rai Bular  passa prés de cet endroit avec son serviteur. Quand il vit cette scène étrange, il fut convaincu que le garçon était un homme de Dieu. En apercevant les visiteurs, le cobra se retira dans son repaire et Rai Bular  toucha les pieds du  Gourou  en signe de vénération et il devint son disciple.

 

GOUROU ASSIS DANS LA SOLITUDE:

 

     Alors que Gourou était un peu plus âgé, il  évitait la compagnie et  cherchait la solitude. Pendant la journée il s’asseyait silencieux et solitaire et passait son  temps en  méditation. Ses parents devinrent inquiets au sujet de sa santé et ses attitudes leur parurent insensées. Un jour ils  envoyèrent chercher  leur médecin Hari Das. Le médecin vint et  commença à tâter le pouls du Gourou. Gourou retira son bras et demanda, "Ô médecin, que faites-vous"? Le médecin  répondit qu'il diagnostiquait sa  maladie. À cette réponse Gourou  rit et prononça le Sabad suivant:

 

     "Ils  demandèrent le médecin pour moi!

      Il toucha mon bras et prit mes pulsations.

      Qu'est-ce qu'une pulsation peut diagnostiquer?

      La douleur se trouve dans le cœur profond."

                                           ( Malar Ki Var, Mohalla 1 p-1279)

 

 Hari Das avait l’habitude de rencontrer des esprits dérangés et il  demanda, « Ainsi vous pensez que je suis malade aussi et que j’ai besoin d’un traitement".Gourou

répondit, "Vous souffrez de la maladie de votre âme. L'égoïsme est la maladie. Il nous sépare de la source de la vie, Dieu Lui-même." Hari Das  demanda s'il y avait un remède. Gourou  répondit,

 

     "Quand l'homme possédera le Nom du Clair,

      Son corps deviendra comme l’or et son âme sera  purifiée;

      Toute sa douleur et maladie seront chassées,

      Et il sera sauvé, Nanak, par le vrai Nom."

                         (Malar Mohalla 1, p-1256)

 

Après un bon moment de discussion, Hari Das se courba devant le Divin Maître et dit à ses parents de cesser  de s’inquiéter au sujet de leur fils car il était né pour être le guérisseur des âmes malades de ce monde '.

 

 

 

 

LA VÉRITABLE AFFAIRE:

 

     Malgré les  évidences accumulées  au sujet de la grandeur spirituelle du Gourou, Mehta Kalu n’était pas convaincu et  pensait que son fils gaspillait son temps dans la contemplation. Ainsi donc, il voulut le pousser à entrer dans les affaires. Il  donna vingt roupies ( la monnaie indienne) au Gourou et l’envoya dans la ville la plus proche - Chuharkana, acheter des marchandises d'usage commun, afin de les vendre ensuite à un prix supérieur. Le domestique de la famille, Bala,  fut aussi  envoyé avec lui.

     Sur son chemin Gourou  rencontra un groupe de fakirs (ascètes)  affamés. Le  Gourou  dépensa tout l'argent pour nourrire les fakirs. Il se rendit compte de la nature de son acte et il ne rentra pas à la maison mais s'assit sous un arbre à l'extérieur de son  village. Bala  alla à la maison et il  raconta l'histoire à son père. Le père fut très fâché mais Gourou lui expliqua  qu'il n’aurait jamais pensé à faire une affaire plus avantageuse. L'arbre sous lequel s’assit Gourou  est encore aujourd’hui conservé. Il est appelé le Pouce Sahib ou l'arbre sacré à la mémoire du Gourou.

     Ces événements n’eurent aucun impact sur l’aversion du Gourou envers les affaires mondaines et ordinaires et il resta inmerger dans une  profonde méditation.

 

LE MARIAGE DU GOUROU:

 

     Afin d’impliquer plus durablement Gourou dans les  affaires mondaines, l’étape suivante fut le mariage. La date du mariage est variable selon les Janamsakhis  (biographie), et il semblerait  qu'il ait eu entre  14 et  18 ans  quand il se maria. Sa femme, Sulakhni, était la fille de Bhai Mula, un habitant de Batala dans le district de Gurdaspur. Elle  donna  naissance à deux fils, Sri Chand et Lakhmi Das.

  Le père  de Gourou Nanak se rendit compte très vite que même  la vie d’homme marié ne le divertissait pas de sa mission divine. En réalité, son concept du devoir n’était pas de satisfaire lui-même et  sa famille mais  plutôt de le transcender afin que cette force participe à la combinaison divine des choses et spiritualise le monde autour de lui. L'humanité était sa famille et servir l'humanité était le service du Seigneur. Bhai Gurdas écrit que  Gourou  vit le monde entier en flamme; les flammes du mensonge, de la tyrannie, de l’hypocrisie et de la bigoterie. Il  dût aller  éteindre ce feu avec l’amour éternel, la vérité et l’attachement. Il avait la mission divine d’apprendre à l’humanité, la leçon de la fraternité entre tous les hommes et  la paternité de Dieu. "L’être originel créa la Lumière; tous les hommes furent la création de la Providence: tous  les êtres  humains  sortirent d'une Lumière. Alors  qui est mauvais et  qui est bon?"

 

GOUROU NÂNAK VA À SULTANPUR:

 

     Jai Ram, le beau-frère du Gourou travaillait comme Dewan (économe) auprès  du gouverneur, Nawab Daulat Khan Lodhi de Sultanpur. Il est dit que Jai Ram et Rai Bular pensaient que  Gourou Nânak était un saint bien maltraité par son père; et Jai Ram  promit de trouver un travail pour lui à Sultanpur. La sœur du Gourou était profondément dévouée à son jeune frère. Lors de leur visite annuelle à Talwandi, quand elle remarqua l’agacement de son père face à l'indifférence de son frère envers les activités du monde, elle  décida de l'emmener à Sultanpur. Son père  donna son consentement.

     Jai Ram offrit au Gourou le poste de magasinier du Nawab (gouverneur). Gourou  s’acquitta de ses fonctions et devoirs avec diligence. Le ménestrel Mardana rejoignit par la suite Gourou et d’autres amis  suivirent aussi. Gourou Nânak les présenta au Khan qui leur offrit des postes convenables dans son administration. Chaque nuit il y avait  des Sabad-Kirtan ( les cantiques divins).

     Un jour,  il était en train de peser des marchandises et  les comptait  l’une après l’autre' un, deux, trois... dix, onze, douze, treize'. Quand il  atteignit le nombre treize (13) - ' Tera' (dans la langue Penjabi, Tera veut dire le nombre 13, et Tera veut aussi dire ' ton', c'est à dire ' je suis à toi, Ô  Seigneur) ", Gourou  fut en extase. Il  continua à peser en disant, "Tera, tera, tera,......". Les clients ne savaient pas comment emporter les généreux cadeaux  de ce magasinier. Ils

ne pouvaient pas comprendre les générosités du Seigneur. Finalement la situation  atteignit son apogée quand une plainte fut déposée contre Gourou, l’accusant de donner imprudemment tout le grain. Le Nawab ordonna une enquête qui fut conduite très soigneusement. Les détracteurs du Gourou furent surpris quand ils trouvèrent les magasins  pleins de grains et les comptes en faveur du Gourou. Après cela Gourou  envoya  sa démission à son employeur et il s’embarqua dans sa mission divine.

 

LA DISPARITION DU GOUROU:

 

     Les Janamsakhis racontent qu’un matin, Gourou  Nânak alla se baigner dans la rivière voisine  appelée Baeen. Alors qu’il se baignait, il disparut dans l'eau et il y resta pendant trois jours[6]. Pendant cette période il eut une vision de la présence de Dieu, il lui était confié la mission de prêcher le Divin Nom (NAM) au monde entier. Le Tout-puissant lui  donna un verre plein du nectar du ' NAM' que Maître Nânak  but, alors le  Tout-puissant lui commanda:

 

     "Soyez le bienvenu, Ô Nânak, qui fûtes vous-même absorbé dans le Nam.

      Partez et faites le travail pour lequel  vous êtes né.

      Les Gens de Kalyug  ont adopté d’horribles pratiques

                                  et leur l’esprit  est avili.

      Ils adorent une multitude de dieux, ils ont abandonné le Nom et

                                    se sont immergés dans le péché.

      Allez-y, propagez  l’Amour et la Dévotion au Nom, et allégez

                                   le fardeau du monde.

      Allez et glorifiez le nom de Dieu et détruisez l'hypocrisie."

Puis Gourou chanta le Sabad suivant :

 

     "Si je vivais pendant des millions d’années et buvais de l'air pur comme

               ma nourriture;

      Si  je demeurais dans une caverne où je n'apercevrais pas de soleil ou de lune, et

              je  ne   rêvais même pas de dormir;

      Je ne devrais pas être encore capable d'exprimer ta valeur ; comment c’est grand

               est-ce que j'appellerai Ton Nom ?

      Ô véritable Roi sans forme, Ton art est chez-toi.

      Comme j'ai souvent entendu raconter mon conte -  s'il vous plaît, montrez-moi,

                Favorisez-moi.

      Si  j’étais abattu et coupé en morceaux, si j´étais fondé

               dans un moulin;

      Si j´étai brûlé dans un feu, et  mélangé à ses cendres,

      Je ne devrais pas être encore capable d'exprimer ta valeur; comment elle est grande

                j'appellerais ton Nom ?

      Si je devenais un oiseau et je  volais dans une centaine de cieux;

      Si je disparaissais de regard humain et je  ne mangeais ni  buvais,

      Je ne devrais pas être encore capable d'exprimer ta valeur ;  comment elle est grande

                j'appellerais ton Nom ?

      Nânak, j´avais des centaines de milliers de tonnes de papier et un

          désir  d´écrire  tout sur  la recherche la plus profonde.

       Et si je pouvais  agir avec ma plume comme si elle était dans le vent     

      Je ne devrais pas être encore capable d'exprimer ta valeur ; comment elle est grande

                j'appellerais ton   Nom?"

                                        (Sri Rag Mohalla 1, p-14)

 

     Alors une voix se fit entendre, "Ô Nânak,  sur qui Mon regard  de bonté se pose, sois tu miséricordieux, comme je serai aussi miséricordieux. Mon

nom est Dieu, et tu es Gourou Divin (Mei aad Parmeshar aur tu Gur Parmeshar)."

     Ce fut la révélation du Puratan Janamsakhi. Gourou, lui-même, confirme que le Tout-puissant lui a demandé qu'il aille par le  monde et qu’il chante Ses louanges. Gourou dit qu'après qu'il eût fait son devoir dans ce monde, le Tout-puissant l’appela à nouveau:

 

     "En moi, un  ménestrel sans travail, accomplit Dieu  Son travail;

      Ainsi me parla le Tout-puissant

      Nuit et jour, allez et chantez Mes éloges.

      Le Tout-puissant  encore appela ce ménestrel  à sa plus exaltée cour

                    Il mit sur moi la robe d´honneur de son éloge

                        Et la prière,

       Il me donna  le verre  qui est plein jusqu'au bord avec le Nectar de Son Sacré

                              Nom,

      Ce qui est à la demande de Gourou mangent et boivent  à volonté

      Et qui font une fête  de la Sainteté du Seigneur atteignent la Paix

                              et la Joie.

      Ton ménestrel partagea ta Gloire en chantant tes paroles;

      Nânak, celui qui chantera les louanges du Seigneur obtiendra la grâce du Parfait

                              Un."

                              (Majh Di Var-pauri 27, p-150)

 

     Il est dit que trois jours après quand il  réapparut, quelques personnes virent une auréole autour de sa tête. Certaines personnes dirent que  Nânak devint Gourou quand il réapparut  de l'eau. Il serait  bon de spécifier ici  qu'il y a trois entités dans le Sikhisme - Dieu, Gourou, et Gurbani (Parole Divine). D'après le Sikhisme il n’y a qu’Un Dieu et il envoya son émissaire  appelé Gourou, qui est l’incarnation de la  Lumière Divine. Dieu alors délivra Son message (Gurbani) à travers Son émissaire, Gourou.

     Sans Gourou, il ne peut  y avoir de Gurbani. Gourou est un canal à travers lequel le Gurbani est délivré. Par conséquent, quant à l'âge de sept ans, Gourou Nânak  délivra le premier message Divin à son professeur (Rag Asa Mohalla 1, Patti Likhi, p-432), c’était  Gourou. Avant de disparaître dans la rivière, beaucoup de Gurbani furent déjà délivrés par Gourou. Il était donc né Gourou et sa mission de Guide commença l’année de sa naissance.

 

     Bhai Gurdas, un apôtre Sikh écrivit qu'en premier lieu le Tout-puissant donna Ses bénédictions sur Baba (Gourou Nânak) et alors Il l'envoya dans ce monde afin de divulguer la Parole Divine:

 

     "Pehlan babei paya bakhash dar,  pichhon dei phir ghal kamaee."

                              (Bhai Gurdas - Var 1, pauri 24)

Qui fut  Gourou de Gourou  Nânak? Quand on lui  demanda, qui fut son Gourou,

Gourou  Nânak  répondit que Dieu Lui-même était son Gourou:

 

     "Insondable et Infini est Dieu Qui  agit comme Gourou  Nânak."

                              (Sorath Mohalla 1, p-599)

    Gourou  resta silencieux pendant un jour après sa réapparition, puis il fit cette annonce, "il n'y a pas d’Hindou et pas de Musulman". Cela voulait dire qu’il n'y avait aucune différence entre les hommes. Cette déclaration  rendit le Nawab Daulat Khan et son Qazi très furieux. Le Nawab demanda au Gourou d´expliquer si son Qazi n'était pas un vrai Musulman. Gourou  décrivit les traits d'un vrai Musulman:

 

     "Il est ferme dans sa foi,

      A le droit d´être appelé un Musulman.

      Ses actes doivent être en accord avec sa foi envers le Prophète,

      Il doit nettoyer son cœur de sa fierté et  avidité,

      Il ne doit pas se laisser troubler  par les deux imposteurs

       - vie et mort,

      Il doit être résigné à la Volonté de Dieu;

      Il doit être connu comme le Laboureur sacré,

      Et Il doit se libérer du moi

      Être  complaisant envers toutes les créatures existantes,

       Ô Nânak,

      Un tel être  on peut l'appeler un Musulman."

                         (Majh Ki Var Mohalla 1, p-141)

 

     Le Nawab  demanda alors au Gourou, "s’il n'y a aucune différence entre les Hindous et les Musulmans, pourquoi ne  pas  les joindre à nous Namaz (prière Musulmane)?»  Gourou  consentit à se joindre à eux pour  participer à leur prière, dans la mosquée où  le Qazi  mena le Namaz. Quand le Namaz fut prononcé, le Qazi et le Nawab se levèrent puis se mirent à genoux et s’inclinèrent  mais Gourou  resta  debout. Une fois que le Namaz fût terminé, le Qazi demanda, "Pourquoi est-ce que vous n'avez pas participé à la prière? » Gourou  répondit, "j'ai participé à la prière mais vous deux  vous ne l´avez pas fait". Alors il  expliqua, "Pendant que le Qazi  exécutait le service, il se souvint qu'il y avait un puits dans sa cour, et son esprit s´était  rempli d’appréhension au sujet de sa pouliche récemment née, ayant  peur quelle ne tombe dans le puits. L'esprit du Qazi  ne fut pas, par conséquent,  présent dans la prière. Aussi pendant que le Nawab prétendait prier, son esprit partit  acheter des chevaux à Kaboul."

     Les deux   hommes admirent la véracité des paroles du Gourou et le Nawab cria au Qazi, «  Ne sentez-vous pas  que Khuda (Dieu) nous parle à travers Nânak?"

     Les Musulmans font cinq prières, à cinq moments différents de la journée.

Gourou donna la signification et les vertus de  ces Namaz:

 

     "Cinq prières vous faites  cinq  fois par jour,

      Avec cinq noms différents;

      Mais si la Vérité est  en votre prière en premier lieu,

      La seconde gagnera quotidiennement pour vivre honnêtement,

      La troisième pour la donner au nom de Dieu,

      Pureté d'esprit pour votre quatrième prière,

      Et éloge et prière à  Dieu pour la cinquième;

      Si vous pratiquez ces cinq vertus,

      Et les bonnes actions sont votre Kalma - l'article de foi,

      Alors on peut vous appeler  un vrai Musulman.

      Rien que par l'hypocrisie , Ô Nânak,

      Un homme est jugé faux à travers des années et des années."

                              (Majh ki Var Mohalla 1, p-141)      

 

     Gourou Nânak ne demanda jamais à un Musulman ou à un Hindou de devenir  son disciple afin d’obtenir une place dans les cieux après sa mort. Il  dit aux Musulmans d’être des vrais Musulmans et aux Hindous d’être des vrais Hindous afin d’obtenir leur salut.

 

VOYAGES DE GOUROU NÂNAK:

 

     Gourou Nânak Dev  voyait souffrir le monde à cause de la haine, du  fanatisme, du mensonge et de l´hypocrisie. Le monde était tombé dans la cruauté et le péché. Ainsi il  entreprit  la régénération de l'humanité sur cette terre. Il apporta le flambeau de la vérité, l´amour céleste, la paix et la joie  pour toute l’humanité. Il  s´engagea dans sa Mission Divine et alla vers l´est, l´ouest, le nord et  le sud ; il visita plusieurs lieux  où se trouvaient des Hindous, Musulmans, Bouddhistes, Jaïnes, Soufis, Yogis et Sidhas. Il connut des gens  de différentes religions, tribus, cultures et races. Il voyagea  à pied avec son compagnon Musulman, Mardana, un ménestrel. Ses voyages furent appelés Udasis[7].

     Dans son premier Udasi[8] (voyage), Gourou Nanak parcourut  l'est et le sud de l'Inde et rentra chez lui  après un peu plus de  huit années. Il partit de Sultanpur en août, 1507 il alla à son village Talwandi rencontrer et informer ses parents de son long  voyage. Ses parents alors âgés avaient besoin du réconfort et  de la protection de leur jeune fils ainsi ils lui demandèrent de ne pas partir. Mais il y avait des milliers et des milliers de personnes qui attendaient le réconfort et l´amour du Divin Maître. Gourou, par conséquent,  dit à ses parents, "il y a un appel du Ciel, je dois aller où Il

me dit d´aller. »

 

PREMIER ARRÊT À EMINABAD:

 

     Accompagné par Mardana, Gourou laissa sa famille. Il  fit son premier arrêt à Saidpur, maintenant connu sous le nom d’ Eminabad, et il y  rencontra un pauvre charpentier,  nommé Lalo. Le Maître  regarda le  pauvre Lalo avec bienveillance et il fut  béni par l´amour divin. Gourou  choisit de rester avec Lalo pour quelques jours comme  invité. Les nouvelles arrivèrent jusqu’à Malik Bhago,

le chef de la ville,  qu'une personne sainte résidait chez Lalo. Malik Bhago était un homme corrompu et il avait amassé une grande richesse par des moyens injustes. Il organisa un  grand rassemblement  et il invita des hommes saints  y compris Gourou. Gourou, cependant, n’accepta point  l'invitation.  Malik Bhago alors fit un arrangement spécial pour Gourou et lui  demanda de venir  manger à sa résidence. Enfin, Gourou  alla  voir le chef et Malik Bhago  dit, "Ô,  homme saint, j’ai fait préparer tant de plats pour vous, mais vous préférez rester avec un  pauvre charpentier et manger son pain sec. S'il vous plaît restez avec moi".Gourou  répondit, "je ne   mangerai pas  votre nourriture parce que votre pain est mal préparé et a été fait avec de l´argent arrachés aux pauvres par des moyens injustes,

alors  que le pain de Lalo a été fait avec des ingrédients gagné par le dur travail". Cela  rendit Malik Bhago très furieux et il  demanda que Gourou prouve son pain. Gourou  demanda alors un pain de la maison de Lalo. Dans une main Gourou  tint le pain de Lalo et dans l'autre celui de Malik Bhago, et quand il  pressa les deux, le lait sortit du pain de Lalo et  du sang  tomba goutte à goutte du pain de Malik Bhago. Malik Bhago fut complètement secoué par sa culpabilité et  demanda  le pardon. Gourou lui demanda  de distribuer sa richesse mal obtenue, parmi les pauvres et  lui demanda désormais de mener une vie honnête. Malik Bhago fut  béni par Gourou.

 

 

 

 

 

 SAJJAN LE VOLEUR:

 

     D'après le Puratan Janamsakhi, avant que Gourou  Nanak se rende vers l’est, il  alla à Tolumba (maintenant appelé Makadampur dans  l'ouest du

Pakistan) et rencontra Sajjan Thug[9]. Sajjan portait toujours  une robe blanche, ainsi que son rosaire et  prétendait être un saint. Il avait construit un temple hindou et une mosquée dans la cour de sa demeure. Il invitait des voyageurs, dans sa résidence, pour se reposer et y passer la nuit. Mais le soir venu, il prenait leurs marchandises et leur argent, et quelquefois il les tuait. Gourou  arriva chez lui et  resta pour la nuit. Le soir venu, Gourou ne se coucha pas,  ce qui rendit nerveux Sajjan, qui ne pouvait exécuter son infâme plan. Sajjan lui demanda alors de  prendre du repos et de dormir. Mais Gourou  répondit, "Le ménestrel de Dieu ne va  dormir, tant que Dieu  ne lui a pas demandé de se retirer". Gourou  demanda que Mardana joue du rebec et il  chanta le Sabad suivant:

 

     "Le bronze est clair et brillant, mais, en frottant, sa zibeline

                                         la noirceur apparaît,

      Laquelle ne peut pas être enlevée même en lavant cent fois.

      Ils sont des amis qui voyagent avec moi quand je vais loin,

      Et qui sont toujours prêts à  être debout quant on le leur

                                                  demande.

      Maisons, châteaux,  et palais  peints sur tous les côtés,

      Quand on y creuse c´est comme s´ils étaient émiettés et inutiles.

       Les Hérons de toute sa blancheur  demeurent à coté des places des pèlerins;

      Toujours ils déchirent et dévorent des choses vivantes, et par conséquent on ne doit

                                             pas faire confiance à cette blancheur.

      Mon corps est comme l'arbre du simmal; les hommes qui m'aperçoivent ne

         s´étonnent point .

      Son fruit est futile: des telles qualités possède mon corps.

      Je suis un homme aveugle qui porte un fardeau  sur le long chemin

montagneux.                                                        .

      Je veux des yeux que je ne peux pas obtenir; comment faire pour monter et traverser

                                                  pendant ce voyage?

      De quel avantage  sont ces  services, vertus, et habiletés?

      Nanak, souvenez-vous du Nom, afin que je puisse être libéré de toutes

                                                       les chaînes."

                                        (Suhi Mohalla 1, p-729) 

 

     Quand Sajjan  écouta la mélodie Divine, il se rendit compte que les mots du Gourou lui étaient adressés. Sur ce fait, il  fit sa révérence et tomba aux pieds du Gourou, il lui  pria  de  faire pardonner ses péchés. Gourou  dit, "Sajjan, dans la Souveraineté de Dieu, la grâce est obtenue de deux manières : la confession spontanée et la réparation des fautes". Sajjan restait en totale soumission. Gourou lui demanda de donner toute sa richesse, bien mal obtenue, aux pauvres. Il  obéit à cet ordre et il  devint le disciple du Gourou après avoir reçu Charanpauhal[10]. On dit que le premier temple Sikh historique fut construit à l’endroit où cette conversation  eut lieu.

 

 

GOUROU NÂNAK À HARIDWAR:

 

     Haridwar est une des lieux de pèlerinage hindou sur le bord de la rivière Ganges. C’était un jour de Baisakhi et les pèlerins se  levaient tôt le matin et aller se baigner dans la rivière. Quand  le soleil se leva, ils  commencèrent à jeter dans sa direction. Gourou  Nanak leur  demanda ce qu’ils étaient en train de faire, un prêtre  répondit, "Nous offrons cette eau à  nos ancêtres morts qui vivent prés du Soleil afin d’épancher leur soif."

     A ces mots, Gourou  commença à jeter de l'eau vers l'ouest. Les pèlerins rirent et  demandèrent ce qu'il faisait. Gourou répondit, "j'arrose mes champs dans mon village du Penjab".  A quoi le prêtre  demanda, "Comment l'eau peut-elle parvenir à une telle distance? » Gourou riposta, "à quelle distance d’ici sont vos ancêtres?» L’un d'eux répondit, "dans l'autre monde."

     Gourou  affirma, "Si l'eau ne peut pas atteindre mes champs qui sont à  une distance d’environ de quatre cents milles d’ici, comment l'eau peut-elle atteindre vos ancêtres qui ne sont  même pas  sur cette terre? »  La foule se leva et resta muette. Gourou  prononça un sermon contre les superstitions et les faux rituels, l´adoration des dieux et des déesses, les  pénitences et la renonciation. Il affirma qu´un seul Dieu, l'Informe, devait être glorifié. De cette façon il  montra la voie de la vérité et de l´illumination. Il existe un Gurdwara, appelé Nânakwara, à Haridwar sur le bord de la rivière Ganges où  Gourou  séjourna.

 

GOUROU À GORAKHMATA:

 

     Après Haridwar, Gourou se dirigea vers Gorakhmata, environ vingt milles au  nord de Pilibhit et pour le faire, il passa  par Joshi  Math et Almora. Almora était gouverné par les souverains de la famille Chand et ils avaient pour habitude d’offrir en sacrifice des êtres  humains pour plaire à leur déesse Chandi. Gourou leur  montra le chemin de la Vérité afin d’arrêter le massacre de gens innocents.

     De là, il atteignit Gorakhmata qui était la demeure de Jogis du clan Gorakhnath. Ces Jogis avaient des pouvoirs de Ridhi-Sidhi (pouvoirs surnaturels). Leurs bénédictions étaient recherchées  passionnément par les hommes de la famille. Les gens fuyaient leurs malédictions. Des  gens de toute part furent au courant  de l’existence de ces Jogis et leur popularité en fut accrue. On raconte que ces Jogis (Yogis) avaient aussi entendu parler du Gourou. Quand il  arriva, ils le reçurent avec grande  politesse et l'invitèrent à adopter leur culte, porter leur costume et se joindre à eux comme un Yogi. Gourou leur expliqua  que la vie de Solitude, qui  n'était pas vouée au  service des autres, n’avait aucune valeur. Gourou  prononça le Sabad suivant:

   «  La religion ne consiste  pas dans l’apparence d’un manteau rapiécé,

ou dans une branche d’arbre ramassée , ou dans des cendres enduites sur le corps;

      La religion ne se fait  pas dans des boucles d'oreille portées éternellement,

 ou une tête rasée,

                                        ou dans le soufflement des cornes.

      Tenez-vous pur entre les impudicités du monde; et vous trouverez

                                         le chemin de la religion.

                         ---------------

      La religion ne consiste pas que des mots;

      Celui qui regarde tous les hommes comme des égaux est  un religieux.

      La religion ne consiste pas à divaguer sur des tombeaux ou dans les places de

          l'incinération, ou s'asseoir en attitude de contemplation;

      La religion ne consiste pas à divaguer dans les pays étrangers,

                         ou se  baigner à  des places des pèlerinages.

      Conservez -vous pur entre les impudicités du monde; et vous trouverez

                                         le chemin de la religion.

                         ----------------

      En rencontrant un vrai  Gourou le doute est chassé et les pérégrinations

                                        de l'esprit sont retenues.

      Le nectar se trouve, la musique exaltée et  lente est entendue, et l'homme est

                                        heureux en lui-même.

      Tenez -vous pur entre les impudicités du monde; et vous trouverez

                                         le chemin de la religion.

                         ----------------

      Nanak, au milieu de la vie aie conscience de la mort; par l'entraînement de     

                                                       la religion.

      Quand ton corps sonnera sans être soufflé,  obtiendras

                                             la dignité courageuse -

      Maintenez -vous pur entre les impudicités du monde, et vous trouverez

                                         le chemin de la religion."

                                         (Suhi Mohalla 1, p-730)

     En entendant ceci, les Yogis  firent obéissance  aux paroles du Gourou.

Son enseignement fut si saisissant, qu à partir de ce moment-là,  Gorakhmta  devint Nânakmata.

 

REETHA SAHIB:

 

     Il y avait des bois autour de Gorakhmata. À quarante milles de là, environ, Gourou  rencontra un autre groupe de Yogis. Il s’assit sous un arbre à savon  et leur dit qu'en abandonnant la vie de  famille et  en vivant dans les forêts loin de la vie  mondaine, ils ne pourraient  obtenir le salut. Le changement intérieur nécessaire pour obtenir  la paix, la joie éternelle et le bonheur, pouvait être obtenu en se concentrant sur le nom de Dieu et cela, n'importe où. Les Yogis  demandèrent, "Maître, le feu du désir n'est même pas éteint par la dure discipline de soumission du corps. Nous vous prions, de nous indiquer la façon d’éteindre ce feu". Gourou  répondit,

 

     "Détruisez la sensation d'égoïsme

      Détruisez le sens de la dualité et atteignez l’union avec le Seigneur,

      La trajectoire est dure pour l’ignorant et pour l’égoïste;

      Mais celui qui prend  le refuge dans le Mot est absorbé en  lui,

      Et celui qui se rend compte qu'Il réside chez lui par  Son feu

 La flamme du désir est détruite par la Grâce de Gourou  Nanak".

                         (Ramkali Mohalla 1, Sidh Gosht-46, p-943)

 

     L'esprit sagace des Yogis les poussérent à tester à nouveau Gourou. Sachant que Gourou n'avait rien à leur offrir, ils lui demandèrent de leur donner quelque chose à manger. Gourou assit sous l'arbre à savon dont les fruits sont  connus pour être amers, leur donna à manger ces  fruits. A la grande surprise des Yogis, les fruits étaient très sucrés. Par la Grâce de Dieu, les fruits se trouvant dans l’arbre juste au-dessus du Gourou, devinrent sucrés et l'autre partie du même arbre avait des fruits amers. Ceci est vrai  même de nos jours. Cet endroit fut appelé Reetha Sahib et on y construisit un Gurdwara à la mémoire du Gourou.

 

GOUROU À BENARES:

 

     Après Gorakhmata, Gourou  prit le  chemin du sud et  passa  à  Gola, Ayudhya et Prayag (Allahabad)  et arriva à Bénarés ,  aussi appelé Varanasi - qui était reconnu d’être le siège de l’érudition religieuse Hindou, ainsi que du Seigneur Shiva. Gourou et son compagnon  Mardana  campèrent dans un parc public de la ville. Le Pandit Chatur Das était le chef Brahman de la ville. La robe du Gourou n’était ni celle d'un chef de  famille ni d'un Sanyasi (ascétique). Voyant ceci, le Pandit Chatur Das  eût une longue discussion avec Gourou. Gourou Nanak demanda au Pandit ce qu'il avait lu, ce qu'il  enseignait aux gens et quel type de  connaissance il transmettait à ses disciples? Le Pandit  répondit, "Par la volonté de Dieu j'apprends aux gens les quatorze  sciences – la lecture, la natation, la médecine, l’alchimie, l’astrologie, le chant, les raginis, la science du plaisir sexuel, la grammaire, la musique, l’équitation, la danse, le tir à l'arc, la  théologie, et l'art de gouverner". Gourou  expliqua que la meilleure connaissance était la connaissance de Dieu.

Puis Gourou prononça les cinquante-quatre stances de Ramkali Mohalla 1 - Dakhni Omkar. Le Dieu véritable est supérieur à tous les autres dieux. Les premières deux stances sont les suivantes:

     "C’est Dieu celui qui  créa Brahma;

            C’est Dieu celui qui  créa les montagnes et les ages qui naissent du monde

            C’est Dieu celui qui  donna la connaissance

            C’est Dieu celui qui  sauva l’homme par le nom de Dieu

            C’est lui qui  par le nom de Dieu est pieux

      Entendez une histoire de la lettre O - [11]

      O est la meilleure lettre dans les trois mondes.

      Entendez, Ô Pandit, pourquoi tu écris des énigmes?

      Écrivez sous l'instruction de Gourou le nom de Dieu,

le Guérisseur du monde.

     

(Ramkali Mohalla 1 - Dakhni Omkar, p-929)

 

 En entendant le Shabad de Ramkali, le  Pandit Chatur Das  tomba aux pieds de Gourou,  il devint un Sikh, et il fit beaucoup pour l’extension la Religion Sikh dans cette région. Le lieu où Gourou  séjourna, est maintenant appelé le Gurdwara Gourou Ka Bagh.

 

GOUROU À GAYA:

 

     Après Bénarès, il  atteignit Gaya, un célèbre lieu de pèlerinage Hindou situé au bord de la rivière Phalgu (Sarju).

Les prêtres Hindous  déclaraient que toutes les offrandes  faites à Gaya et surtout pendants la période  de Baisakhi  procuraient la santé pendant sept générations. Les gens naïfs faisaient de grandes offrandes et les prêtres  nourrissaient les ancêtres en  leur offrant des boules de riz, allumaient des petites lampes pour éclairer leur chemin dans les  cieux. Gourou commença à rire et les prêtres se fâchèrent. A ce moment là, Gourou  expliqua que celui qui quitte son corps dans  ce monde, n´a aucun besoin de nourriture ni de la lumière d’une lampe. Si ce corps ne peut pas aller dans l'autre monde,  il n'est évidemment  pas possible que tout autre substance matérielle  puisse atteindre cet autre monde. Ainsi Gourou  éclaira les gens  par ses paroles et leur demanda d´adorer un seul Dieu, l'Informe.

 

GOUROU À KAMRUP:

 

     Après Gaya, il  traversa la région où se trouvait la ville moderne de Patna et atteignit  Hajipur. Traversant Kantnagar il  arriva à Malda. La ville de Malda était située au confluent

des rivières Ganges et Mahanadi. On rapporta qu'un négociant local de Malda rendit un grand service au Gourou, grâce auquel il reçut  sa bénédiction. L’arrêt suivant fut Dhubri dans l’Assam. Après Dhubri, il  continua le long de la rivière Brahmputra jusqu’à Kamrup, un endroit proche de la ville de Gauhati. Cet itinéraire est ponctué par de nombreux  vieux Gurdwaras historiques qui sont associés au voyage du Gourou.

     La ville de Kamrup était gouvernée par une femme qui pratiquait la magie noire. Elle portait le nom de Nurshah, le nom de celui  qui lui avait apprit cet art. Elle et d’autres femmes qui l’entouraient,  pratiquaient la magie noire dans cette localité. Elle  possédait la région entière aux alentours, et beaucoup de mystiques et  des yogis étaient victimes de ses arts magiques.

    Gourou  restait sous un arbre à l'extérieur de la ville pendant que Mardana allait  chercher quelque chose à manger en ville. Sur son chemin il rencontra quelques femmes et il  fut victime de leur machination qui le fit doux comme un agneau. Sous influence hypnotique, Mardana  fit tout ce qu'elles lui dirent de faire. Il se retrouva donc  emprisonné par la sorcellerie de Nurshah et ne put revenir auprès du Gourou. Gourou  Nanak comprit ce qui était arrivé à son compagnon et il vint à son   secours pour le libérer de ses ravisseurs. Nurshah vit le  Gourou arriver et elle essaya de le captiver avec ses charmes mais son art de la magie n’eut aucun effet. Alors Gourou prononça le Sabad suivant à propos de Kuchaji ou de la femme au mauvais caractère:

 

     "Je suis une femme sans valeur; chez-moi les fautes sont communes; comme pourrais-je

                                             aimer mon époux?

      Les femmes de mon époux en sont une meilleure que l'autre; Ô ma vie,

                                             qui me soignera?

      Mes amies qui ont aimé leur Époux sont à l´ombre de la mangue[12].

      Je ne possède pas leurs vertus; à qui est-ce que pourrais-je  attribuer

                                                       Mes erreurs?

      Quels sont tes attributs  Ô,  Seigneur , que prierais-je à l'étranger?

      Lesquels de tes noms  est-ce que je répéterai?

      Je ne peux pas atteindre même pas une de tes excellences: Je représente toujours

                                       Pour toi  un sacrifice.

      L'or, l´argent, les perles, et les rubis qui réjouissent le coeur -

      Ces choses offertes par mon Mari, je les  arrangea dans

                                             moi.

      J'avais un  palais de brique décorés de faïence.

      Dans ces luxes j´oublia mon Mari et ne je me suis plus assis a  coté

                                                            De lui.

      Les Kulangs pleurent dans les cieux, et les grues  vinrent chercher

                                                            Ce qui leur appartient.

      La femme chercha son beau-père; comme elle doit agir a sa rencontre ?

      Le matin elle dormit tranquillement, et  oublia son voyage.

      Elle fut séparée de Toi, Ô doux époux, et par conséquent elle se sépara de toi

                                             Comblée de chagrin.

      En Toi, Ô, Seigneur, existent tous les  mérites; chez-moi il y a les représentations de

tous les démérites,  Nanak,

      Chaque nuit donne-la à la  femme vertueuse; bien que je ne sois pas chaste

                                             Te donnant toi aussi une nuit."

                                      (Rag  Suhi Mohalla 1, p-762)

   Puis le  Gourou  prononça le Sabad suivant à cette occasion:

 

     "Dans les mots nous sommes bons, mais pas dans les actes.

      Nous sommes des impurs et nous avons des cœurs noirs, cependant nous portons la

robe blanche de l´innocence

      Nous envions ceux qui sont debout et gardent sa porte.

      Celles qui  aiment le Mari et qui  trouvent le plaisir a son coté

                                                       les étreintes,

      Ce sont des gens humbles dans leur force, et restent humbles.

      Nanak, nos vies seront avantageuses si nous rencontrons des femmes semblables."

                              (Sri Rag ki Var Mohalla 1,2-7,p-85)

 

     Une fois  que Gourou eu prononcé ces Sabads, Nurshah pensa qu'elle pourrait le charmer avec les tentations de la richesse. Ses serviteurs apportèrent des perles, des diamants, de l´or, et de l´argent et les empilèrent devant lui. Elle  pria alors, "Ô grand magicien, acceptes moi comme ton disciple et apprends moi ta magie."

Gourou  repoussa tous les présents et prononça le Sabad suivant:

 

     "Ô femme idiote, est-tu si fière de ton fier?

      Pourquoi ne jouis-tu pas de l'amour de Dieu dans ta propre maison?

      L´époux est proche; Ô, femme folle, pourquoi cherches-tu        

                                     ailleurs?

      Par la peur de Dieu mets des surma dans tes yeux, et porte le

                                             décor d'amour.

      Tu seras connue comme une femme heureuse dévouée si tu aimes

                                                       ton mari.

      Qu'est-ce qu'une femme idiote ferait si elle n´aimait pas son Époux?

      Cependant beaucoup d´elles implorent, mais  elles ne pourront pas entrer dans

 Sa chambre.

      Sans la grâce de Dieu elle n´obtiendraient rien, sans tenir compte des

                                                       efforts.

      Enivré par l´avarice, la convoitise, et la fierté, elle,

                                        est prisonnière de mammon.

      Ce n'est pas par ces moyens que le Mari est obtenu;

idiote est la femme qui pense le contraire.

      Allez et demandez aux femmes heureuses par quels moyens elles ont obtenu leur

                                                       époux

      ' Quoi qu' elles aient fait Il l´acceptent comme une bonne action;  faite avec l'habileté

                                                       et avec mesure,

       Mettez votre attention  à l'adoration de celui a qui, par amour, on rend hommage

            Et ainsi trouvez ce qui est pour nous le plus recherché

                        Faites ce qui est plus cher au Bien Aimé.

                        Rendez-lui le corps et l´âme

                        Et tous les parfums désirées.

                        Ainsi parlèrent les femmes heureuses.

                        Ô, ma soeur, par cette voie on arrive à l´époux

                        Oubliez vous même de votre personne

                        Vous obtiendrez ainsi le Mari Bien Aimé.

                        Quel art existe a part celui-ci ?

                        Juste ce jour-là sera de grande valeur :

                        ¡Le Bien Aimé te regarde avec ferveur !

                        L épouse aura obtenue toute la richesse

                        Du monde.

                        Celle qui rend heureux son mari

                        Sera une femme heureuse.

                        Nanak, elle en est la reine

                        Elle est comblée de plaisir

                        Et énivrée de joie

                        Jour et nuit elle est prisonnière de son Amour

                        Elle es belle et joyeuse quand ont la regarde

                        Pleine de réussite

                        Elle est la seule qui est sage.

                                    (Tilang Mohalla 1, p-722)

 

     En entendant ce Sabad, Nurshah et ses compagnes tombèrent aux pieds du Gourou et  demandèrent son pardon et  sa bénédiction afin d’obtenir leur salut. Gourou leur  dit de répéter le Nom de Dieu consciencieusement, d´exécuter leurs devoirs domestiques et de renoncer à la magie ainsi elles seraient sûres d’avoir le salut éternel. On  dit qu'elles  devinrent les disciples du Gourou.

Après un court séjour,  il  partit laissant derrière lui des âmes éveillées  afin qu´elles continuent leur mission Divine.

 

KAUDA RAKHSHASH:

 

     Le  Gourou marcha pendant de nombreux kilomètres dans les lieux sauvages de l'Assam. Son compagnon  Mardana avait très faim et était fatigué, ainsi ils s’assirent sous un arbre. Après un moment, Mardana alla chercher quelque chose à manger. Sur son  chemin il  rencontra Kauda, le cannibale. Kauda  prit Mardana par surprise et lui attacha les mains et les pieds avec une corde et il le  porta à l’endroit où il avait entreposé une grande casserole pleine d'huile pour faire frire la chair de ses victimes. Kauda commença à mettre le feu sous la casserole. Quand Mardana vit cela, il fut fort  effrayé et  pria pour que Gourou vienne le délivrer. Gourou était  déjà au courant de cet événement et  il était en  chemin pour le libérer. Kauda essayait d'allumer le feu quand  Gourou  parut. Ce qui  désorienta complètement Kauda. Le  Gourou le regarda avec compassion et grâce et  dit, "Kauda! Vois- tu  ce que tu fais, vas-tu te jeter toi-même dans les flammes brûlantes de l´enfer ? » La très douce et gracieuse image  du Maître Divin amenait les gens à se rendre compte de leur culpabilité et ils tombaient à ses pieds en demandant son pardon. Kauda dont la conscience était morte du fait de ses odieux agissements, soudain réalisa et  se repentit. Il  tomba aux pieds du Maître et  demanda grâce. Le Maître dans sa bonté le bénit avec le Nom. Kauda devint un homme complètement différent et par la suite vécut comme un disciple du Gourou.

 

GOUROU À JAGAN NATH PURI:

 

     Après Golaghat Nagar et la vallée de Dhanasri où habitaient de nombreux cannibales, le  Gourou  revint à Gauhati. De là il continua vers Shillong et Silhet où un vieux

Gurdwara fut construit à sa mémoire. Il  alla ensuite à Dacca  et sur le chemin il  traversa Calcutta et Cuttack et finalement il atteint Puri.

      Le temple de Jagan Nath, le Seigneur de l'Est, était un des quatre temples les plus vénérés  des Hindous – les trois autres portaient le nom de Som Nath, Badri Nath et Vishwa Nath. On raconte que l'idole de Jagan Nath fut sculptée par l'architecte des dieux et elle fut installée au temple par le Seigneur Brahma lui-même. C’était l'anniversaire de l´installation de l'idole quand Gourou Nanak  atteignit  le temple. Gourou  visita le temple non pas pour  adorer leur Seigneur mais pour  apprendre aux gens que l'adoration de Dieu est supérieure à l'adoration de la déesse. Le  soir arriva et les prêtres  apportèrent un plateau plein de  lampes, des  fleurs, d´encens puis tous se levèrent pour offrir le plateau à leur idole. La cérémonie était appelée 'Arti', un chant de dévotion. Le grand prêtre invita Gourou à se joindre à l’adoration de cette idole. Gourou ne se joignit pas a leur service ce qui  rendit furieux les prêtres. Ils demandèrent au Gourou  quelles en étaient les raisons et il expliqua que la nature elle-même chantait une merveilleuse sérénade face à l'autel invisible de Dieu. Le soleil et la lune étaient des lampes,  posées sur le plateau du firmament et le parfum émanant des montagnes de Malayan servait  d’encens. Gourou, par conséquent, au lieu d'accepter l'invitation du  grand prêtre afin d’adorer l'idole, leva ses yeux au ciel et prononça le Sabad suivant de l’'Arti:

 

     "Le soleil et lune, Ô Seigneur, sont des lampes à toi;

le fermement  est ton plateau ; les orbes des étoiles, les perles sculptées en lui.

     Le parfum du santal[13] est ton  encens; le vent est ton éventail;

toutes les forêts fleuries sont à toi, Ô,  Seigneur de lumière.

      Quelle adoration est celle ci, Ô, Toi, Destructeur de la naissance?

      Tensions invaincues d'extase sont les trompettes de ton adoration.

      Tu as des milliers  de yeux et toujours pas un oeil[14]; Tu as

       les mille formes et toujours pas une forme;

      Tu as  mille pieds purs et toujours pas un pied;

      Tu as  mille organes d'odeur et toujours pas un organe -

      Je suis fasciné par cette mise en scène.

      La Lumière qui est  partout est la tienne, Ô,  Seigneur  de Lumière.

      De son éclat tout est brillant;

      Par Gourou on  apprend les  légères manifestations de la lumière.

      Ce qui te plaît. Est le vrai Arti.

      O Dieu, mon esprit est fasciné avec les lotus de tes pieds comme     

       L´abeille bafouille avec la fleur: nuit et jour que j'ai soif  d´eux.

      Nanak, donne  l'eau de grâce  au sarang[15], afin qu'il puisse

                                        démeurer dans ton  nom."

 

                                             (Dhanasri Mohalla 1, Arti, p-663)

 

     D'après le Puratan Janamsakhi, Gourou  termina son premier Udasi avec la visite à Puri et il revint au Penjab. Après quelques temps il commença son deuxième Udasi  pour sillonner le sud. Sur son chemin de retour en rentrant de Puri, il  visita des lieux importants mais il n'y en a  aucune mention dans le Janamsakhi. Cependant,  certains dirent que Puri était à une distance telle, que Gourou en voyage pour le sud de l’Inde ne serait pas revenu au Penjab pour repartir à nouveau en voyage vers le sud. Beaucoup d'écrivains par conséquent, croient que Gourou continua son voyage ver le sud de Puri.

 

GOUROU À SANGLADEEP (CEYLAN):

 

     De Puri, Gourou  alla à Gantur dans l’état actuel de l’Andhra Pradesh, Kanchipuram, Tiruvannamalai et Tiruchchirupalli.A Chacun de ces endroits se trouve un  Gurdwara pour marquer la visite du Gourou. De Tiruchchirupalli il navigua sur la rivière Kaveri et  il atteignit Nagapatnam, un très vieux port de l’Inde du sud. De là il  continua jusqu’à Sangladeep (Ceylan) et Betticola fut le premier lieu de son séjour dans l´île. Il  alla à Matiakalam (maintenant connue comme Matalai) qui fut la capitale  de Sangladeep sous  le règne du Raja Shiv Nabh.

     Bhai Mansukh, un négociant du Penjab et un disciple du Gourou, s’était rendu à Sangladeep pour ses affaires, bien longtemps avant la visite du Gourou dans l´île. Grâce à son commerce, Bhai

Mansukh put rencontrer le Raja Shiv Nabh et  il  lui parla de Gourou Nanak Le Raja se renseigna afin de savoir comment rencontrer Gourou. Mansukh lui répondit, "levez-vous tôt le matin et récitez  le Moolmantar. Si vous priez sincèrement, Gourou répondra à vos prières."

     Chaque matin, le Raja Shiv Nabh  médita et  pria pour recevoir la visite sacrée (darshan) du Gourou. Le temps  passa  mais Gourou  n´apparut point. Beaucoup de personnes  vinrent et  s’annoncèrent comme étant le  Gourou mais tous furent démasqués comme étant de faux revendicateurs. Un jour on apporta des nouvelles au Raja à propos d’un homme sacré, avec une lumière rayonnante sur son visage (aura spirituelle), il  arriva dans le vieux jardin en friche, et dés qu´il y mit

son pied, sur les arbres flétris  poussa du feuillage vert.

    A cause des anciens faux revendicateurs, le Raja  imagina un plan pour tester les visiteurs afin qu’il ne s’inclina pas devant n´importe qui. Le Raja, envoya donc de belles filles  séduire avec leur beauté et  leur charme le nouvel Arrivant. Un rapport fut envoyé au Raja, relatant que les jeunes filles n’avaient pas réussi  à séduire le visiteur, mais en revancheelles furent transformées par son charme. Entendant cela, le Raja  vint voir le Maître en tout hâte. Spontanément il s’inclina devant Gourou. Gourou  plaça sa main sur sa tête et le bénit. Qui pourrait décrire la joie extatique qui envahi le Raja.

     La ville entière se dépêcha de se rendre au jardin pour obtenir la bénédiction  sacrée du  maître. Un dharamsala, un lieu religieux, fut construit où Gourou organisa des rassemblements religieux journaliers et prêcha sa doctrine divine. Les gens furent illuminés avec le Nom de Dieu et ils devinrent

les disciples du Gourou.

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EN REVENANT DE SANGLADEEP:

 

     L´adoration de l'idole de Shiv était très répandue en Inde du sud en ce temps-là. Il y avait douze temples  dédiés à Shiv et six d’entre eux étaient situés dans le sud. L’Inde du sud  aussi était gouvernée par le système des castes. Gourou Nanak dût visiter tous ces lieux  pour montrer aux gens le chemin de la Vérité Eternelle,  l'adoration du Tout-puissant, le sans forme. Cela était plus élevé  et fructueux que l'adoration des idoles.

     Après être resté  quelque temps (peut être une année) à Sangladeep, Gourou  atteignit Cochin sur le chemin du retour. Il y a un Gurdwara à cet endroit pour marquer et honorer la mémoire du Gourou. Tout en délivrant sa doctrine divine il traversa Palghat,  les Collines de Nilgiri, Rangapatan et il arriva à Pandharpur. Le Saint Nam Dev  dont le Bani (parole) est inclus dans Gourou Granth Sahib,  passa la plupart de sa vie à cet endroit. De là il atteignit Barsi qui fut le lieu où naquit le Saint Trilochan dont deux Sabads sont inclus dans Gourou Granth Sahib. De là il  traversa Poona, Amarnath, Nasik, Aurangabad et Arriva à Amreshwar    se trouvait le célèbre temple  appelé Onkar Mandir. Ici l'adoration de Shivling (l'idole de Shiv) était considérée Comme l’adoration de Dieu. Les gens considéraient le sanskrit comme la langue des dieux et apprendre le sanskrit était considéré comme un acte sacré.

   Le  Gourou   prêcha contre l'adoration de l'idole et  insista sur le fait que l’on  devrait adorer  Un Seul Dieu, l’Unique, l'Eternel. Les paroles prononcées par Gourou à l'Onkar Mandir, sont incluses dans Gourou Granth Sahib dans Ramkali Mohalla 1 - Dakhni Onkar, page 929.

    Puis il  continua jusqu’à Indaur, Ujjain, Baroda et finalement

il arriva à Palitana  où il y avait un célèbre temple Jaïn. Les moines Jaïns prenaient peu de bains car ils croyaient que cela risquait de tuer des vies dans l'eau. Gourou eut une discussion avec un moine Jaïn nommé Ambhi. Il  expliqua au Sadhu que se tenir éloigné   de l'eau ne faisait pas pour autant de lui un bon  religieux  mais que l'adoration du Tout-puissant était la seule réponse.

    Gourou  traversa presque tous les lieux célèbres de pèlerinage hindou  de la région et  délivra son message de l´Unité de Dieu et de ne croire dans aucun autre qu’en l’être Unique Suprême. Il visita Somnath , Sudhana, Puri et Dwarka. De Kathiawar, en traversant Kachh et Chataur, il atteignit Ajmer. Il y avait un  saint musulman célèbre le saint, Khawaza Mai-u-din Chisti  qui  propageait la doctrine de l’ Islam depuis soixante dix ans, à Ajmer. Lorsque Gourou arriva en ville, c’était la période du rassemblement annuel des musulmans pour célébrer le saint Khawaza. Il  défendit aux Musulmans d'adorer les Makbras (les tombes de leurs saints), mais leur demanda d’adorer Un Dieu Unique.

     Traversant Pushkar, il  arriva à Gokal Mathura-Bindraban. Les gens étaient en pleine préparation  pour célébrer l´anniversaire du Seigneur Krishna. Les Hindous  placèrent l'idole de Krishna (qu’ils appelaient Thakur) sur une sellette. Ils déposaient leurs  offrandes devant l'idole. Gourou  expliqua la futilité de l'idole et prêcha l'adoration envers  Dieu, Le Seul, L´Unique.

     Après cela il  arriva à Delhi et  séjourna à Majnu daTilla. Là, il y a un Gurdwara sur le bord de la rivière Jamuna. Une fête de Baisakhi est célébrée à cette place chaque année en avril. De là il  alla à Panipat où il  rencontra un saint Musulman Sheikh Sharf ou Taher et lui  demanda de n’adorer qu’un seul Dieu, le Tout Puissant, L´esprit Divin au lieu d´adorer les tombes des saints.

     Traversant Pehwa, il  arriva à Kurukshetra[16], où la bataille célèbre du Mahabharat se déroula entre le Kauravs et le Pandavs. Il y eut une éclipse solaire quand Gourou y arriva. Des  Milliers de gens y compris un grand nombre  de Brahmans et de saints s´y assemblèrent. Les Hindous  considéraient comme un acte sacré d’aller à Kurukshetra au moment d'une éclipse solaire,  de se baigner dans le bassin sacré et de donner des aumônes aux prêtres Brahmans. D'après  la croyance hindoue, l'éclipse solaire se produit quand le soleil, le dieu, est tourmenté par ses ennemis, les démons. Personne n’est autorisé à manger quoi que ce soit pendant l'éclipse.

   Le  Gourou   attira l´attention de la communauté Hindou en  expliquant le fait que l'éclipse n'était rien  d’autre qu´un phénomène naturel. Gourou  prit  place à coté du bassin sacré et quand le soleil fut éclipsé,  il  commença à cuisiner un  chevreuil que lui avait offert le Prince Rai Singh[17]. Une foule dense se regroupa autour du Gourou, car était un sacrilège de cuire de la viande. Les Brahmans menés par Nanu entourèrent Gourou et s´apprêtèrent à le matraquer à mort. Gourou se leva et leur parla. Ses mots eurent un effet  magique et  la foule fut émerveillée. Gourou prononça les deux Sabads suivants à cette occasion:

 

     "L'homme est conçu en chair en premier lieu, il est conçu en chair,

      Quand il grandit, il obtient une forme  et sa  bouche est en  chair;

son os et le corps sont faits de sa chair.

      Quand il  sort de l'utérus, il se nourri des seins en chair.

      Sa bouche est de chair, sa langue est de chair, son souffle est

                                                       en chair.

      Quand il  grandit et il se marrie,  il apporte a la maison                                                   

      La chair  qui est produite a son tour  de chair; les relations de tout l'homme sont faites

                                                       de chair.

      En rencontrant le vrai Gourou et obéissant l'ordre de Dieu, tout le monde,

                                                  En tirera du profit.

      Si tu supposes que l'homme sera sauvé par lui-même,

                              Ce n´est pas vrai,  Nanak, cela est un grand mensonge."

                   (Var  Malar ki - Slok Mohalla 1 - 25.1, p-1289)

 

Gourou  continua:

 

     "Altercation des idiots au sujet de chair, sans savoir de la connaissance divine

                               ou méditation sur Dieu.

      Ils ne savent pas ce que c´est que   la viande, ou ce qui est légume,

et  dans tout cela  en quoi  consiste le péché.

      Il était la coutume des dieux de tuer des rhinocéros, de les rôtir,

                                                  Et de faire la  fête.

      Eux, qui repoussaient la chair et mettaient leurs doigts dans le nez

 quand ils étaient près d´elle,

                                            ils  dévoraient des hommes la nuit.

      Ils font des semblants au monde, mais ils ne savent pas de la connaissance divine

                                    ou de la méditation sur Dieu.

      Nanak, pourquoi parles-tu à un sot? Il ne peut pas répondre ou comprendre ce qui

                                                 lui  est dit.

      Celui qui agit aveuglement est un  aveugle; il n´aucun oeil mental.

      Vous êtes un produit du sang de vos parents, cependant vous mangez

                                             ni poisson ni viande.

      Lorsqu´un homme et une femme se rencontrent le soir et ils cohabitent,

      Un foetus est conçu de chair; nous sommes des vaisseaux de chair.

      O Brahman, tu n´as aucune notion ou connaissance divine ou méditation

                         sur Dieu, cependant vous vous appelez intelligents.

      Vous considérez mauvaise la viande qui vient de l´extérieur[18],

      Ô mon Seigneur: la chair de ta propre maison qui est si bonne.

      Tous les animaux sont nés de chair, et  l'âme

                                                  demeure dans la chair.

      Ceux qui ont un  Gourou  aveugle, mangent des choses qui ne doivent pas  être

               mangées, et s'abstiennent de ce qui doit  être mangé.

      Nous sommes conçus en chair, de chair nous naissons; nous sommes 

                                      des  vaisseaux de chair.

                  Ô Brahman, vous n´avez aucune notion ou connaissance divine ou méditation

                         sur Dieu, cependant vous vous appelez intelligents.

      La viande est permise dans le Purans, la viande est permise dans les livres

               de Musalmans,  la viande fut mangée dans les quatre âges.

      La viande honore les sacrifices et les cérémonies de mariage;  la viande fut

                              toujours associée aux festivités

      Les femmes, les hommes, les rois, et les  empéreurs sont conçus de chair.

            S´il vous semble que tout le monde va t-en enfer

       alors n'acceptez pas leurs offres.

            Considérez mauvais que les âmes généreuses aillent  aux enfers

            Et  que ceux qui en bénéficient aillent au ciel.

            Vous ne vous écoutez point

            Et vous prêchez pour autrui prétendant les instruire

                                   Ô Pandit, tu es très sage!

      Ô Pandit, tu ne sais point d´où la chair est née.

      Le maïs, la canne à sucre et le coton sont des produits nés de l'eau[19];

On dit que des l´eaux  les trois mondes émergèrent.

       L´eau réfléchit : ‘ je suis bon dans beaucoup de formes; diverses sont  les        

                              variété de l'eau.

      Si vous abandonnez le goût des choses c´est parce que, peut-être vous êtes des

                         surhumains, dit Nanak calmement."

                                        (Ibid, 25-2, p-1289)

 

GOUROU À SARSA:

 

     De Kurukshetra Gourou  traversa  Jind où il y a  un Gurdwara à sa mémoire et ensuite il se retrouva à Sarsa. Là il  rencontra un saint Musulman. Le Pir Musulman avait une  grande influence sur ses disciples et il leur  donnait la garantie d´avoir une place dans le ciel. En échange  d'une telle garantie, les disciples offraient d’importantes  sommes d’argent ou des biens divers. Gourou  leur expliqua que pour obtenir le salut, ils devaient adorer Un seul Dieu, l´unique et que les offrandes  ne les mèneraient nulle part.

 

À SULTANPUR:

 

     Sultanpur était à environ 135 milles au nord-est de Sarsa et après huit années de  voyage, à parcourir plus de six mille milles à pied, Gourou  atteignit Sultanpur. Sa soeur aînée, Bibi Nanki,  son  mari  et d’autres connaissances furent fort émus et extrêmement heureux  de le voir revenir.

 

LE RETOUR A LA MAISON:

 

     Après être resté à Sultanpur un certain temps, Gourou continua vers Talwandi. Son père avait environ 75 ans. Il n´y avait aucun service postal à cette époque là. Les vieux parents attendaient le retour de leur fils. Enfin leur fils arriva à la maison et leur joie n´eût aucune limite. Les gens de toute part  vinrent recevoir la bénédiction sacrée du Gourou. Ils   se réjouirent  de sa compagnie. Les enfants du Gourou et sa femme étaient avec sa belle-famille à Pakhokey, un endroit à environ 110 milles vers Lahore. Ainsi il  continua son chemin pour voir sa femme et ses  enfants.

     Ajita était le Chaudhry (chef) de ce village. Il avait entendu parler du Gourou mais il ne l'avait jamais rencontré auparavant. Ajita fut si  impressionné par la bénédiction  du Gourou qu’il devint immédiatement son disciple.

 

FONDATION DE KARTARPUR:

 

     Certains écrivains disent que Gourou  fonda Kartarpur (ville du Créateur) après son troisième Udasi. D’autres croient qu'il  commença à habiter à Kartarpur en 1516 juste après qu'il  revint de son  premier  voyage en 1515. Tout cela importe peu et dés qu’il arriva il installa des centres missionnaires, cependant il voulut créer un siége centrale pour coordonner  les  activités de sa mission. Par conséquent il choisit un lieu proche de Pakhokey prés de la rivière Ravi. Quand il annonça ses intentions au Chaudhry Ajita, ce dernier y consentit immédiatement. Le Chaudhry et beaucoup d'autres habitants de ce village donnèrent leur terre pour construire la nouvelle ville. La fondation de Kartarpur commença immédiatement. Gourou  amena ses parents à Kartarpur ainsi que Mardana. Des rassemblements religieux avaient lieu tous les matins et tous les soirs.                      

 

 

LE SECOND UDASI:

 

     Après avoir commencé la construction de Kartarpur, Gourou  commença son deuxième voyage vers le nord. Il  fit son premier arrêt à Sialkot, une ville à environ 50  milles à l´est de Kartarpur. Après que les envahisseurs Musulmans aient solidement implanté leur loi en Inde, beaucoup de fakirs musulmans (saints et prêtres) arrivèrent et établirent des centres religieux dans différentes parties de l’Inde, pour prêcher l´Islam. Par le biais de ce travail missionnaire beaucoup d’Hindous furent convertis à l´Islam. Pir Hamza Ghons était l’un de ces faqirs qui s´installèrent à Sialkot[20]. Il y fonda un centre missionnaire. Dans cette ville  habitait  une famille hindoue qui n’avait pas d’enfants. Pensant que le Pir avait des pouvoirs miraculeux, le chef de cette famille  Hindou  demanda  au Pir de la bénir en lui donnant un  fils. Il  promit que si un fils naissait, il l'offrirait au Pir. Par la grâce de Dieu, un fils naquit, mais l'homme  loin de tenir sa promesse passée, n´offrit pas son fils au Pir. Cette trahison le rendit si furieux qu´il décréta que  la ville entière qui était pleine de  menteurs devait se détruire pour se venger. Pour accomplir cette destruction, il s’isola et  entreprit un jeun de quarante jours. Les gens furent  très effrayés et les disciples du Pir ne permirent à personne de l’approcher.

    Gourou s'assit tout près de là et  demanda à Mardana de jouer du rebec et il commença à chanter le Sabad Divin. A entendre ces paroles, le Pir fut tellement ébranlé  qu'il fut forcé d´interrompre son jeun. En écoutant les prières divines, il se calma et s'assit devant Gourou. Gourou Nanak lui  fit comprendre que  l'erreur d'une personne, ne pouvait en aucun cas justifier la destruction de la ville entière. Pir Hamza Ghons fut touché par ces paroles vraies. Il  abandonna son acte vengeur de  destruction. Il y a un Gurdwara en honneur du Gourou à Sialkot.

     De là Gourou  continua jusqu’à Jammu et le temple de la déesse Vaishnu Devi. Tout en prêchant sa doctrine de Vérité, il passa par Vairi Nag, Kukar Nag et les sources d´Anant Nag. Il  atteignit Pehalgam puis Amarnath, se trouvant à environ 90  milles à l´est de Srinagar. Les  Hindous y vénéraient une idole de Shiva, mais Gourou parla de l'inutilité de l'adoration d’une idole et leur demanda d´adorer un Dieu,  le  seul et l’unique. Quelques kilomètres  après Amarnath il y a un  Gurdwara  appelé Matan Sahib.

     A Srinagar vivait un Pandit très savant, appelé Brahm Das qui avait toujours des chameaux qui le suivaient, chargés de livres renfermant une  sagesse ancienne. Cela  voulait dire qu'il détenait en lui la connaissance profonde contenue dans ses livres religieux. Il apprit qu´un saint  homme et grand professeur venait d’arriver dans la vallée et  que beaucoup de gens venaient pour recevoir sa bénédiction. Il  décida  en premier lieu d´aller à lui ( Gourou), mais sa fierté le fit changer d’avis. Un jour, cependant, il alla voir son ami Kamal qui lui parla de l’étrange visiteur (Gourou Nanak) dans la vallée.

     Kamal était un Musulman dévot et un chercheur de Vérité. Il  alla voir Gourou sans aucune hésitation. Quand Kamal aperçu Gourou, il  tomba agenouillé à ses pieds  et s évanouit de joie. Quand il reprit connaissance, il  trouva dans son propre coeur la Lumière qu'il cherchait depuis tant d’années. Kamal  obtint la bénédiction  du Gourou et  devint son disciple. Gourou   lui demanda de s´installer dans la vallée de Kurram d´où il pourrait prêcher la doctrine du Gourou jusqu’à Kabul, Qandhar et Tirah.

     Après cela Brahm Das vint lui aussi voir le Maître. Il  entama une  discussion avec Gourou et se vanta de sa connaissance de la sagesse ancienne. Voyant les chameaux chargés de livres, Gourou, prononça le Sabad suivant:

 

     "On peut lire des charrettes de livres,

      On peut lire des caravane chargées de livres,

      On peut étudier des bateaux pleins de livres

      Ou remplir des caves avec des volumes pour son étude;

      On peut lire pendant des années et  des années

      Et s´investir chaque mois de l'année rien qu´à étudier;

      Et on peut étudier tout sa vie jusqu´a la

      Relève du dernier souffle;

      O Nanak, seulement Un mot, le nom de Dieu, vaudrait la peine,

      Tout le reste est une discussion sans connaissance de de profondeur ni de fierté."

                      (Asa Mohalla 1 - Slok Mohalla 1, 1.9, p-467)

     En entendant cela Brahm Das  demanda, "Pardonnez-moi, Ô, Gourou sacré! J’ai lu des livres sacrés et j´ai acquit la connaissance académique des  six écoles de philosophie, mais je dois confesser que je n'ai jamais acquis la paix de l’esprit. Dites-moi: comment puis-je l'obtenir?"

   Le  Gourou  expliqua: "la connaissance Académique élève la fierté et la fierté obscurcit la vision de l'homme. L’ego est la plus grande barrière et à moins qu'un homme arrive à s´en débarrasser, il ne peut pas saisir la Vérité, et il ne peut y avoir de paix dans son esprit". Brahm Das  tomba aux pieds de Gourou et lui demanda, "Aidez moi, Ô, Seigneur! J'étais dans l’obscurité et je suis un pécheur; bénissez moi". Brahm Das fut bénit  et  devint disciple du Gourou. Il lui confia la tâche de prêcher la foi Sikh parmi les gens de la  vallée du Cachemire.

 

GOUROU À KAILASH PARBAT: 

 

     D'Amarnath Gourou entra au Tibet et il continua jusqu’au Lac Mansarovar et Kailash Parbat (aussi  appelé Sumer Parbat (montagne)). Là il  rencontra beaucoup de Sidhas renommés. Ils se renseignèrent auprès du Gourou au sujet de la situation actuelle de l’Inde. Gourou leur  dit  que le mensonge obscurcissait la terre, que la  vérité était complètement enfouie dans l'obscurité de l'ignorance. Les rois étaient des   bouchers,  la justice s’était enfuie loin. Alors il dit, "Nathji, quand les Sidhas (Yogis) se retirent  dans des  grottes de la montagne, qui reste auprès des gens pour les conduire sur le bon chemin ? »

     Les Sidhas demandèrent au Gourou de se vêtir comme eux  et de  devenir  yogi, mais ils ne  réussirent pas. Ils avaient des pouvoirs surnaturels et ils  essayèrent de s’en servir sur Gourou. Ils lui demandèrent  d´apporter de l'eau de la source la plus proche. Gourou  prit un récipient et  alla chercher de l'eau. Avec leurs pouvoirs miraculeux, les Sidhas  changèrent l'eau en bijoux et  en diamants. Ils avaient pensé que Gourou serait attiré par toute cette richesse. Il ne se laissa pas impressionner  par les bijoux et revint avec son récipient vide. Ils  essayèrent encore d´autres ruses mais ne réussirent point. Enfin ils reconnurent les supers pouvoirs du Gourou et s'assirent autour de lui en signe de soumission et ils continuèrent la discussion[21].Gourou les convainquit qu'au lieu de se soumettre à de dures pénitences, ils devraient se consacrer au service de l’humanité. Un Sidh appelé Charpat, demanda au Gourou,

 

     "Le monde est un océan, et il  est dit  difficile de le traverser;

                                        comment pourraient les hommes ou les femmes le traverser?

     Ô,  Audhut Nanak, donne nous  une vraie réponse."

                         (Ramkali Mohalla 1, Sidh Gosht-4, p-938)

Gourou  répondit,

 

     "Comme les  lotus flotte  dans l'eau,  restez toujours intacts malgré le mouvement

                                                       des vagues;

      Comme le cygne nage sur l´eau sans se tremper;

      Ainsi  méditant sur le Mot divin  et à la répétition du nom de Dieu,

      Vous serez capables de traverser l´océan du monde sans risques.

      Nanak est un serviteur de ceux  qui restent indépendants dans  

     le monde, ainsi que de ceux qui obéissent Dieu qui vivent       

          sans désirs au milieu de désirs,

     qui voient et qui  montrent aux autres l'Inaccessible et

                                        l´incompréhensible Dieu."

                             (Ibid, Sidh Gosht-5, p-938)

Un autre Yogi  demanda:

 

     "Quelle est la source de ta foie et de ta prière

      Et quand tu commenças?

      Tu est le disciple de Qui, Gourou?"

                              (Ibid.43, p-942)

Gourou  répondit:

 

     "Ma foie commença

      Avec le premier  souffle de  vie.

      La source et la sagesse du Vrai Gourou,

      est le Mot,

      Et le disciple est la conscience alerte."

                              (Ibid.44, p-943)

     On dit qu’il y a des images de Gourou Nanak  dans quelques temples de cette région. De Kailash Parbat, Gourou se dirigea vers le nord -ouest et entra  au Ladakh par le passage de Chasul et  arriva à Karunagar. Chose remarquable dans cette région, dans quelques villages des alentours les habitants ne sont disciples d’aucun maître spirituel à l’exception de Gourou Nanak A une courte distance de Karunagar, il y a un endroit appelé Gumpha Hemus  qui garde vivant le souvenir de  la visite de Gourou Nânak. Les gens ont conservé  la pierre  sur laquelle on dit que Gourou  s´assit pendant sa visite. Puis Il  alla à Skardu où il y a un Gurdwara construit après le passage du Gourou. De là il  passa par Kargal, Pehalgam, Anant Nagar, Srinagar et Bara Mula et finalement  revint à Kartarpur. Le Cachemire était une région où vivaient de nombreux  Pandits érudits (Brahmans).De ce fait, cette région était versée dans l´adoration  des idoles  et dans d´autres rites  et rituels. Gourou  professa les qualités de Dieu et le fait qu’on ne devait  adorer qu’un seul Dieu, l’Unique être suprême. Il fit  remarquer que ces autres rites et rituels n’apportaient aucun avantage à celui qui les pratiquait. Le Pandit Brahm Das qui  devint le disciple du Gourou,  fit un grand travail en prêchant la doctrine du Gourou dans la vallée du Cachemire.

     

               

 LE TROISIÈME UDASI:

 

     Le troisième voyage fut entrepris vers l'ouest. Gourou Nânak atteignit Pakpatan (Ajodhan) où il  rencontra le Sheikh Brahm qui était le onzième successeur de Baba Farid; dont les Bani (paroles) sont  inclues dans Gourou Granth Sahib. Gourou eût une grande discussion avec

le Sheikh Brahm.Il affirma,

 

     "Tu es la base Ô, Seigneur, Ton art  et aussi l´écriture

       Parle de ce Dieu; Ô,  Nânak, pourquoi devrait en avoir un autre ?."

                         (Var Malar ki Mohalla 1, 28-2, p-1291)

 

Le Sheikh  demanda au Gourou de lui expliquer, "Vous dites, ' il y a  un seul

Dieu, pourquoi n’y en aurait-il pas un autre? ',  Le Sheikh déclara:

 

     Il y a un Seigneur et deux chemins;

     Lequel je dois suivre et  lequel dois-je refuser ?"

 

Gourou  répondit:

 

     "Il n’y a qu´un seul  Seigneur et un seul chemin;

      Adoptes le et repousses les autres."

 

Alors le Sheikh demanda au Gourou de bien vouloir l’écouter. "Voilà Mon idée",  dit le Sheikh, "cette adoration ne peut être accomplie sans l’existence de deux êtres, c'est à dire, Dieu et le Prophète. Faites-moi

voir qui est celui qui établit la relation entre l´homme et Dieu".  A cela  Gourou  demanda à  Mardana de  jouer du rebec et il prononça le premier Slok et Pauri

d’Asa di Var:

 

     "Je suis un sacrifice,   Nânak

       je demande pour mon Gourou cent prières par jour,

      Lui qui sans aucun délai fit des hommes presque des dieux.

      Nânak,  qui est  très intelligents dans leur propre estime, ne pensent

                                             pas du tout à Gourou,

      Seront mis à l´écart des bonnes graines dans un champ récolté -

      Ils seront les propriétaires des champs sans profits,

       dit Nânak.

      Les malheureux ne pourront pas porter le fruit chez-eux et fleurir, mais     

                         Ils porteront  des cendres dans leurs corps.

 

Pauri:

      Dieu Lui-même  créa le monde, et se forma lui même dans son  Nom,

      Il  créa la Nature par Son pouvoir; assis Il  contempla Son travail 

                                             avec joie.

      Ô, toi, Le Créateur, Tu es le Donneur de la vie; tu peux être content

                                        De pratiquer la gentillesse.

      Tu connais toutes les choses; Tu donnes et tu enlèves la  vie  avec un

                                                        mot.

      Assis Tu contemples ton  travail avec joie."

                              (Asa Mohalla 1, p-462-63)

 

 

 

Gourou  répondit:

 

     "La vérité est le couteau, la vérité est  l'acier pur;

      Son  moule est entièrement incomparable.

      Mettez-le sur la pierre où on aiguise le Mot,

      Et mettez-la   dans le fourreau du mérite;

      Si quelqu´un est saigné avec lui, Ô,  Sheikh,

      Le sang d'avarice sera versé par terre.

      Si  un homme est tué avec lui, il ira rencontrer Dieu,

      Ô Nânak, et sera absorbé devant ses yeux."

      Ô Nânak, et sera consumé par Son regard.

 

-         “Ramkali ki var”, Mohalla 1, 19.2” 956

 

 

       En écoutant ceci, le scheik, étonné, releva la tête et dit: “ Bien dit .Ô Nânak, il n’y a aucune différence entre Dieu et vous. Bénissez-moi afin que je puisse être en bonne entente avec Lui”.Gourou répondit: “Sheik Brahm, Dieu fera en sorte que votre navire arrive sauve. Le scheik lui demanda de le lui promettre fermement. Gourou obéit à cette requête et le bénit.

       D’après le Puratan Janamsakhi, les neuf premières pauris ou strophes de l’“Asa di var” ont été proférées par Gourou, lors de sa discussion avec le sheik Brahm et quinze autres pauris de l’“Asa di var”, furent prononcées pour  Duni Chand Dhuper de Lahore.

      Le  Gourou alla alors à Multan, Uch et Sakhar. Il arriva à Lakhpat, où  fut construit un gurdwara à la mémoire du Gourou. Après il visita Kuriani où un étang porte son nom. Puis il arriva à Miani, à environ  84 kilomètres à l’ouest de la ville de Karachi. Il visita les temples  hindous et les lieux sacrés musulmans de la région. Près d’ Hinglaj il y a un dharmsala  qui préserve le souvenir de la visite du Gourou. De là, Gourou prit un bateau  pour l’Arabie.

 

GOUROU NÂNAK À LA MECQUE.

 

       Gourou se déguisa avec la tunique bleue d’un pèlerin musulman. Il s’était muni  d’un bâton de fakir et sous son bras il portait un recueil de ses hymnes appelé Pothi. Tel un dévot musulman, il portait un récipient pour les ablutions et un tapis pour prier. Comme un pèlerin il entra dans la grande mosquée où les pèlerins se vouaient à leurs dévotions. Cette nuit-là, en s’allongeant pour dormir, il orienta ses pieds vers la Kaaba. Un prêtre, Jiwan[22], lui donna un coup de pied et lui  dit: “ Qui est cet infidèle qui dort avec les pieds orientés vers la Maison de Dieu?”.Gourou répondit: “ Tournez mes pieds dans la direction où Dieu n’est pas”. En écoutant cela, Jiwan  prit les pieds du Gourou et les plaça dans la direction opposée. On raconte qu’à ce moment là, la Kaaba  se tourna et  suivit les mouvements du Gourou. Certains soutiennent que lorsque Gourou  demanda  au prêtre d’orienter ses pieds là où Dieu ne résida pas, le prêtre  réalisa que Dieu était omniprésent. Mais ceux qui furent témoin de  ce miracle furent stupéfaits et prirent Gourou pour un être surnaturel.

       Alors les qazis et les ulémas  se réunirent autour du Gourou et lui demandèrent s’il était  musulman ou  hindou.Gourou répondit qu’il n’était ni l’un ni l’autre. Alors ils lui demandèrent : «  Lequel des deux est supérieur,  l’hindou ou le musulman ? ». Gourou répondit : « Sans bonnes actions, les deux se repentiront. La supériorité repose sur les actes non sur la croyance ».

       Le grand prêtre était un quêteur de la Vérité et il demanda la bénédiction du Gourou. Gourou Nânak prêcha la doctrine du Nam ou Nom Divin. Il  instruisit alors le prêtre sur l’art de la vraie vie : vivre jour et nuit en sa Présence, glorifier le Seigneur et ainsi, effacer les souillures des péchés, de l’esprit.

 

GOUROU À MÉDINA.

 

       Le temps venu, Gourou alla à  Médina, une autre ville sainte des musulmans où vécu le prophète Mahomet pendant de nombreuses années et où il rendit le dernier soupir. Il y arriva à la nuit tombée et s’arrêta aux alentours de la ville. C’était un lieu où les lépreux  étaient mis à l’écart et où il n’y avait rien pour  leur réconfort ni pour leurs soins. L’histoire dit que le  Gourou les  guérit tous et que voyant cela, les gens vinrent nombreux admirer sa sainteté. Après cela, Nânak voyagea jusqu’à Bagdad en passant par Basra.

 

GOUROU À BAGDAD.

 

       A  Bagdad vivait un saint musulman très fameux,  Pir Abdul Kadar, mort à Bagdad en 1166(après Jésus-Christ).Il était aussi connu sous le nom de Dastgir et ses successeurs étaient  aussi appelés dastgirs. Les grands prêtres musulmans n’aimaient pas les vers musicaux qu’ils jugeaient immoraux .Au lieu de condamner la poésie avilissante, ils rejetaient catégoriquement la musique ( raga). Ainsi, en accord avec la Shariat(loi de l’Islam), la musique était interdite.L’ensemble des écritures sikhes est en vers et composé selon différents Rags(mélodie) . Le matin, le  Gourou appelait à la prière et  la population toute entière était plongée dans un profond silence. Il est possible que Gourou procèda différemment. Ensuite, Mardana jouait du rebec et Gourou entamait la récitation des shabad kirtan (récitation chantée de la parole divine).

Quiconque écoutait ces paroles, était en extase. Les nouvelles se répandirent dans toute la ville. Le grand prêtre Pir Dastgir, un  autre saint homme appelé Bahlol et d’autres personnes vinrent voir Gourou.

       D’après les musulmans, il y a sept ciels au-dessus de la terre et sept en-dessous en comptant la terre elle- même. Gourou commença à réciter le « Japji ». Quand il répéta la vingt-deuxième partie du « Japji », le Pir s’émerveilla en écoutant ces paroles qui étaient pourtant contraire aux fondements du saint Coran qui disait qu’i il y avait des centaines de milliers de sous mondes et régions stellaires et qu’à la fin les hommes et les femmes, fatigués, abandonnaient leur quête.

Le Pir demanda alors au Gourou de prouver ce qu’il avait dit[23]. Ainsi, dit-on, que Gourou posa sa main sur le fils du prêtre et lui montra les régions supérieures et inférieures, telles qu’elles étaient décrites dans la « Japji », pauri 22. Pour prouver que le garçon voyait réellement ces régions, Gourou Nânak apporta d’une de ces régions du  parchad (nourriture sacrée) et la donna au père. Le Pir et Bahlol se prosternèrent devant Gourou et lui demandèrent sa bénédiction.

       Bahlol devint disciple du Gourou. On dit que Bahlol resta 60 ans au pied de la dalle où Gourou avait posé ses pieds sacrés pendant leur rencontre. Un temple y fut construit alors à la mémoire du Gourou. La traduction en français, de l’inscription de la plaque posée à l’intérieur du temple, est la suivante :

 

        « À la mémoire du Gourou, le Maître Divin, Baba Nânak, le fakir Aulia, cet édifice fut construit avec l’aide de sept saints » 

Swami Anand Acharya, de Suède, mentionne dans son livre, Oiseau de Neige, publié par Macmillan and Sons, Londres, que lors de sa visite à Bagdad, il trouva une autre inscription sur la plaque, dont la date est le 917 de Hijri65. L’inscription dit :

 

       «Ici parla  Gourou Nânak au fakir Bahlol et pendant ces soixante ans depuis que Gourou quitta l’Irak, lesprit de Bahlol s’est reposé sur la parole du Maître, telle une abeille en équilibre sur une rose de miel éclairée par l’aurore ».

 

DE RETOUR DE BAGDAD.

 

       De Bagdad Gourou passa par l’Iran,le Turkestan et l’Afghanistan, puis il arriva à Kaboul. Certains auteurs pensent que Gourou prit la route la plus populaire qui va de Bagdad à Téhéran et Kandhar pour arriver finalement  à Kaboul. Sur son chemin il passa par Mehds. Le janamsakhi écrit par  Bhai  Mani Singh témoigne de sa visite dans ce lieu-là. Depuis la visite de Gourou Nânak à Kaboul, les relations avec les sikhs furent entretenues avec beaucoup de soin.Des sikhs s’installèrent là pour répandre la doctrine du Gourou. Il y eut un temps où  Bhai Gurdas fut aussi un des missionnaires sikhs à Kaboul.

       De Kaboul, Gourou alla à Jalalabad et à Sultanpur. Il traversa le Passage de Khyber pour atteindre Peshawar.  Il y a un gurdwara à Jalalabad et un autre à Sultanpur pour marquer la visite du Gourou. On y trouve des sources d’eau associées à sa visite. Gourou visita Gorakh Hatri et dialogua  avec des yogis. Il alla aussi à Hassan Abdal, ville connue actuellement sous le nom de Panja Sahib, et s’assit au pied de la colline.

 

GOUROU NÀNAK ET VALI KANDHARI.

 

       Sur une petite colline habitait un fakir musulman, appelé Vali Kandhari, très connu dans la région par ses pouvoirs miraculeux. Mardana avait besoin d’eau, laquelle ne pouvait être obtenue que par l’intermédiaire de Vali. Mardana apprit  à Vali que Gourou Nânak était arrivé et lui conseilla de voir Gourou qui était un grand saint. Vali, qui voulait la sainteté exclusivement pour lui, s’offensa en écoutant les louanges adressées au  Gourou. Il  refusa de lui donner de l’eau en lui disant que si Gourou était un homme si saint, il pourrait la lui fournir. Lorsque Mardana communiqua les paroles de Vali au Gourou, celui-ci le renvoya auprès de Vali pour lui dire que Gourou était une pauvre créature de Dieu et ne souhaitait pas être un saint. Vali ne prêta aucune attention à cette déclaration et continua à  refuser de lui donner de l’eau.

       Suite à quoi, Gourou ramassa une pierre et immédiatement en jaillit un jet d’eau. L’eau venait, en fait, du bassin de Vali qui se vidait. Ce qui bien évidemment, augmenta la rage de Vali et on dit que grâce à ses pouvoirs miraculeux, il lança un monticule de terre  sur l’inoffensive tête de Gourou Nânak. Gourou, voyant le monticule tomber, leva sa main droite et au contact de la main du Maître Divin, celui-ci s’arrêta net en l’air,  fondant comme de la cire ; cet amas de cire garda la marque indélébile de la paume de la main du Maître. De son côté, Vali Kandhari, complètement ébahi, tomba enfin aux pieds du Gourou et le supplia de lui accorder le pardon.

                                                                                                                                                                                                                Gourou s’exclama : « Ô mon ami, ceux qui se croient si célestes ne doivent pas posséder un cœur dur comme le roc ». Vali fut béni par le Maître.

       La punja  (l’emprunte) de la main du Gourou est encore visible sur la pierre et une source d’eau cristalline en jaillit toujours. Sur ce lieu fut érigé un gurdwara appelé Punja Sahib, situé actuellement au Pakistan Occidental.

 

 

GOUROU À SAIDPUR.

 

      Gourou alla, pour la deuxième fois, à Saiyidpur  ou Saidpur, aujourd’hui connue comme Aminabad, où il rendit visite à nouveau à Bhai Lalo. Celui-ci se plaignit au Gourou de l’oppression qu’il subissait de la part des pathans qui menaient une vie de luxe et sans se soucier des conditions de vie des autres.Gourou Nânak répondit que leur domination serait de courte durée car Baber était en route pour conquérir l’Inde. Baber envahit le Penjab pour la troisième occasion, l’année 1521. Il saccagea la ville d’Éminabad et la soumit au massacre, au pillage et aux viols. Ce fut une scène terrifiante. Gourou Nânak relata, qu’au milieu de la poussière, gisaient les têtes de jeunes filles et de belles femmes.

       La plupart des scribes, y compris de nombreux sikhs, racontent que Gourou, voyant cette horrible scène, s’adressa au Tout-Puissant en ces termes :

      

                           Eti mar pai kurlane tai ki dard na aaya

 

- «  Asa mohalla 1 » , p- 360 Gourou Granth Sahib

 

Et les scribes traduisirent ce vers ainsi :

 

                    Face à tel massacre et telles lamentations,

                    n’as-tu pas senti, Ô mon Dieu, la douleur ?

 

Permettons-nous d’examiner si ces écrivains avaient raison. Gourou a t-il vraiment adressé une telle plainte à Dieu ? Examinons les arguments A, B et C.

A.       Dans le tout premièr pauri

      du « Japji », à la  première page du Gourou granth sahib, Gourou Nânak dit :

 

                     Hukam rajai chalna Nânak likhia nal

 

                              Ô Nânak, comme la Divine Écriture dit,

                              que votre chemin soit le juste.

 

          Dans « Asa mohalla 5 », page 394, on lit :

 

                                Tera kia meetha lagei

                               Har nam padarth Nânak mangei

 

 

Traduction :

 

                                 Votre volonté soit-elle douce, Mon Seigneur.

                                 Nânak vous demande le don de Nam.

 

 

Les citations ci-dessus signifient que quoiqu’il advienne dans la vie, on doit tout accepter de bon gré. Dans la demeure de Gourou Nânak il n’y a aucune place pour les larmes ou les lamentations. Il n’y a pas d’espace pour la plainte. Nous devons accepter la volonté de Dieu comme le don le plus doux de la vie. Ceci est la première leçon  prêchée par Gourou Nânak à l’humanité dans le « Japji ». Alors comment le  Gourou a t-il pu se sentir angoissé ? La Divine Lumiére ressent-elle aussi de l’angoisse?

 

 

 

B.     Gourou assure que le Tout-Puissant répond toujours et accepte les prières du vrai dévot.

 

                          Nânak das mukh te jo bolai eeha uha sach howai

 

                          - « Dhanasri mohalla 5 », p-681

 

     

 

 

  Traduction :

 

                          Quoi que dise le servant de Dieu, Nânak, il sera démontré vrai sur ce       

                           monde et celui qui  vient.

 

 

       Si Gourou, étant l’incarnation de la Lumière Divine, s’était plaint à l’Omnipotent, Dieu aurait accepté sa plainte et aurait puni Baber.Mais l’histoire nous rappelle que la dynastie de Baber fut fort bénite, avec une domination pendant plus de sept générations.

 

C.     Gourou était arrivé à Aminanbad avant l’attaque de Baber et Gourou Nânak proféra la sabad ci-dessous, où il prévint Lalo du massacre imminent.

 

 

                                                                                                                                                                                                                                           

 

Gourou avait conseillé  à quelques personnes de s’enfuir de la ville et ainsi firent-elles.

 

          Comme la Parole du Seigneur arrive à moi,

          ainsi je la prononce, ô Lalo :

          Accompagné d’une procession nuptiale de péché,

          Baber est parti, pressé, de Kabul

          et demande la richesse comme mariée, ô Lalo ;

          la modestie et la religion se sont évanouies,

          la fausseté part en charrette de déménagement, ô Lalo :

          ils chantent en chœur l’hymne à l’homicide, ô Nânak,

          et se tachent eux-mêmes de safran saignant.

          Nânak chante les louanges du Seigneur

          dans la ville de cadavres pleine

          et prononce ce refrain :

          Qui créa les femmes et les hommes

          leur désigna des positions différentes ;

          il s’assoit à l’écart et les juge.

         Vrai est le Seigneur et vraie sa décision,

          vraie la justice qu’il répartit pour l’exemple.

          Les corps seront déchirés comme des lanières de tissu ;

          l’Indostan se souviendra de ce que je dis.

 

                                                          (Tilang mohalla 1 , p-722)

 

Après cette analyse, il est assez évident que Gourou ne se plaignit pas à Dieu, mais que la Lumière Divine de Gourou Nânak dirigea ce sabad vers Baber qui tomba aux pieds du Gourou en lui demandant pardon.

       Baber écrivit dans ses mémoires : « Les habitants de Saidpur moururent par la pointe de l’épée, leurs épouses et leurs enfants furent envoyés en captivité et toutes leurs maisons et propriétés saccagées ».

       On donna la mort à beaucoup de personnes et la plupart des survivants furent faits prisonniers par l’armée de Baber. On dit que Gourou et Mardana, furent aussi amenés au camp des prisonniers. Aux captifs ont donna des moulins afin de moudre le maïs.

      Gourou demanda à Mardana de jouer de son rebec et il commença  un kirtan. En écoutant chanter le sabad divin, tous les prisonniers se rapprochèrent et s’assirent autour du Gourou et les moulins se mirent à tourner automatiquement.

       Les gardes restèrent abasourdis en assistant à ce phénomène surnaturel

 

 

 

et en informérent Baber qui vint et  il vit, de ses propres yeux,  toute la scène.

Baber resta émerveillé et demanda au Gourou s’il pouvait lui offrir quelque chose. Gourou répondit hardiment :

 

                    Écoute, ô mir Baber :

                    Bête est le fakir

                    qui  vous demande quelque chose

                    car votre propre faim

                    n’as pas été satisfaite.

 

Baber dit : « Ô saint homme, je vois Dieu sur votre visage. Je ferai tout ce que vous demanderez ».

     Le  Gourou prononça alors le sabad qui suit et fit endosser à Baber ses crimes infâmes :

 

                    Vous gouvernâtes sur Khurasan

                     et maintenant vous avez terrifié l’Indostan,

                     Il vous a envoyé, les Moghols,

                     tel qu’un messager de la mort.

                     La tuerie et les lamentations,

                     n’ont-elles pas éveillé la compassion en vous ?

                     Le Créateur est le Seigneur Suprême.

                     Si un homme puissant vainc un autre qui lui soit égal,

                     aucun ressentiment n’est éprouvé;

                     mais si un lion vorace s’élance sur le bétail,

                     le maître  doit  montrer sa vaillance.

 

                                                                   «  Asa mohalla 1 », p-360

 

Ceci est le sabad que certains auteurs attribuent à la plainte du Gourou adressée à Dieu. Il s’agit, en réalité, de l’annonce de la culpabilité de Baber,  par Gourou.

      Le  Gourou demanda à Baber s’il ne ressentait aucune souffrance pour les innocents, hommes, femmes et enfants, lorsque son armée tomba sur eux tel un lion.

       Baber fut pris  de remords. Une nouvelle conscience morale et spirituelle s’éveilla en lui et il tomba aux pieds du Gourou en lui demandant d’être bienveillant envers lui. L’histoire montre que les rois ont toujours craint les hommes saints.

      Le  Gourou répondit : « Si vous, Ô Empereur, désirez ma bonté, libérez tous les captifs ». Baber accepta de le faire à condition que Gourou bénisse son empire et qu’il perdure  pendant plusieurs générations. Gourou le lui promit : « Votre empire existera pendant très longtemps ». En écoutant ceci, l’Empereur ordonna la libération de tous les prisonniers. Baber demanda conseil au Gourou pour gouverner .Gourou lui expliqua : « Juger avec justice, honorer les hommes saints, éviter le vin et les jeux d’argent. Sois miséricordieux avec le vaincu et honore Dieu en esprit et  dans la vérité ».

       On se pose alors la question : « Pourquoi Baber fut-il bénit  au lieu d’être puni ? Le Gurbani ou Parole Divine, dit :

 

                    Jo saran awai tis kanth lawai eho birdh swamy sanda.

 

- (Bihagra Mohalla 5, p- 544)

 

Traduction:

 

                        Dieu embrasse celui qui demande sa protection, celle-ci est la condition 

                    du Seigneur.

 

Gourou nous dit que la qualité de son Maitre (Dieu ) est telle que celui qui demande son pardon en se prosternant à ses pieds, sera pris sous sa protection. Gourou Nânak étant l’incarnation de l’Esprit Divin, il pardonna Baber  et le bénit avec la récompense d’une Dynastie Moghole qui régna pendant très longtemps.

     

 

GOUROU À KARTARPUR.

 

       Après le troisième et dernièr udasi, le  Gourou retourna à Kartarpur. Il voyagea partout prêchant  le Nam (le nom) et en offrant à l’esprit humain un nouvel éveil permettant la réalisation de la Vérité. Il établit un réseau de centres appelés manjis afin que son œuvre perdure,  à côté de centres représentant d’autres confessions. Quand il eut terminé ses longs pèlerinages, il décida de s’établir à Kartarpur pour le reste de sa vie, à peu près 20 ans. Il savait que s’il ne centralisait pas les activités  concernant sa nouvelle foi, il ne pouvait pas espérer que celle-ci subsiste. A cette époque, il y avait déjà des centres sikhs partout en  Inde, à Ceylan, au Tibet et au Moyen Orient. Nul fondateur d’une autre religion n’avait établi, de son vivant, une aussi immense organisation qui franchissait toutes les barrières provinciales, nationales, internationales et culturelles. Quand il voyageait à l’étranger dans ses tournées missionnaires, il portait la tunique des ordres religieuses implantés dans les lieux saints qu’il visitait. Dans ces régions, la sainteté était inséparable des habits saints. Quand il retournait à Kaitarpur, il enlevait ses habits de pèlerin et portait des vêtements ordinaires pour montrer à ses disciples qu’il ne voulait pas qu’ils se consacrent à une vie ascétique. Au même temps, il s’asseyait sur son trône religieux et commençait à prêcher au peuple.

 

L’INSTITUTION DE LA SANGAT.    

 

       D’abord, le  Gourou forma la communion des saints dont le nom est Sangat, et le lieu où la sainte communion se réunissait fut appelé Gurdwara ou temple du Gourou.L’accent fut mis sur l’instruction religieuse et la discipline rigoureuse. Le  « Japji » se récitait à l’heure la plus douce du matin ; le Sodar (Rehras), l’après-midi, et le  « Kirtan sohila », le soir, un peu avant de se coucher. Les chants dévotionnels –kirtan- étaient chantés  aussi bien le matin que le soir, lorsque Gourou était présent. L’instruction religieuse  était faite par Gourou. Cette instruction pouvait être donnée individuelment aux disciples ou à l’ensemble du groupe. Pour devenir  les sikhs du Gourou, les disciples étaient baptisés en recevant la charanpauhal appelée aussi charanamrit.  L’initiation consistait à faire boire aux disciples l’eau dans laquelle avaient été lavés les pieds (les orteils) du Gourou. Au même moment, le préambule du « Japji » était lu et la cérémonie était célébrée par Gourou lui-même. Une grande importance était donnée à la grandeur de Dieu, à sa révélation, aux dangers de la condition humaine et au besoin primordial de méditer sur le Nom Divin. Ceux qui étaient fiers et se vantaient de leur condition ou caste et de leur richesse, étaient sévèrement réprimandés et quiconque faisait preuve d’hypocrisie religieuse était ouvertement critiqué.Gourou prêchait une vision totale de la vie spirituelle et morale, et ceux qui l’assimilaient essayaient de mettre en pratique l’essence de cet enseignement dans leur vie de tous les jours. Les enseignements du Gourou insistaient particulièrement  sur deux aspects : 1) ne pas restreindre la conduite spirituelle et morale à des actions rituelles et 2) ne pas limiter l’action morale et spirituelle à soi-même ou à un groupe restreint, à une race ou à une congrégation religieuse.

       Ses enseignements eurent un grand impact sur le peuple et beaucoup de personnes acceptèrent sa doctrine : Le Bhai Buddha, le Bhai Lehna(Gourou Angad), Taru Poput, Prithi, Kheda, Ajita Randhawa, le sheik Malo et Ubre Khsan , sont quelques exemples de conversion à la foi du Gourou

 

VIVRE DU TRAVAIL HONNÊTE.

 

       Le travail honnête pour gagner sa vie était un point essentiel. L’ascétisme a été rejeté explicitement et, à sa place, une vie mondaine disciplinée  et une vie familiale ont été adoptées comme la voie correcte pour les croyants. Une vie consciencieusement menée sur le principe d’un travail honnête, rétribué avec un salaire honnêtement gagné et partagé au nom du Seigneur, était la manière correcte et morale d’entretenir la famille. 

      Gourou lui-même donna l’exemple à Kartarpur, en labourant les champs, avec ses mains, pendant le reste de sa vie, environ 18 à 20 ans.

       Il montre le chemin à suivre dans le sabad ci-dessous :

 

                    Les hommes chantent des hymnes

                    sans la connaissance divine.

                    L’uléma affamé fait une maison de sa mosquée[24].

                    Quelqu’un qui ne gagnait rien,

                    se mutila les oreilles[25],

                    un autre devint mendiant et perdit sa caste.

                    Touchez, pour rien, les pieds de ceux qui

                    s’appelant Gourous et pirs vont quémander.

                    Ceux qui mangent du fruit de leur labeur

                    et en donnent quelque chose au Nom du Seigneur,

                    Ô Nânak, connaissent le chemin juste.

 

    (Sarang ki Var , Slok Mohalla 1,  p-1245)

                

                   

LA CUISINE  COMMUNE : LE LANGAR DU GOUROU.

 

       Chacun gagnait sa vie et donnait une partie de son salaire pour la Cuisine commune, appelé le Langar du Gourou. Toutes les personnes, le brahman ou le sudra, le roi ou le roturier, le musulman ou l’hindou, devaient s’asseoir à la même table et manger la même nourriture.

 

 COMPOSITION ET  RECEUIL DES BANI. 

 

       C’étaient les années où la plupart des disciples du Gourou recevaient leur instruction religieuse. On dit que beaucoup de dévots transcrivaient leurs prières et hymnes journaliers. Ces recueils étaient appelés « Bani pothis » ou livre des prières. Le recueil  Bani pothis, compilé pendant la vie de Gourou Nânak, fut légué au deuxième Gourou : Angad  Dev.

 

 

D’AUTRES VOYAGES DEPUIS KARTARPUR.

 

       Bien que Gourou Nânak se fût établi à Kartarpur, il continua à faire de petites tournées dans un rayon de 160 à 320 kilomètres- de Kartarpur. Gourou visita de nombreux lieux et prêcha l’évangile du Nam. Dans beaucoup de ces lieux, les personnes se convertirent en disciples du Gourou et construisirent des gurdwaras en son honneur.

 

GOUROU A ACHAL BATALA.

 

       À environ 40 kilomètres de Kartarpur, il y avait un lieu appelé Achal Batala, où, à l’occasion de la Fête de Shivatri, des centaines de yogis y venaient pour participer au Festival.  Gourou alla aussi à Achal Batala,  pour prêcher sa doctrine. Des milliers de personnes vinrent le voir et l’écouter de lieux proches et lointains. Il y avait trois campements : un des yogis, un autre du Gourou et celui des musiciens. Beaucoup plus de personnes se rassemblèrent autour du campement du Gourou que de celui des yogis. Cela provoqua le mécontentement et la jalousie de ceux-ci, qui décidèrent d’humilier Gourou.

       Tout l’argent que les musiciens recevaient du public, était placé dans un bol rempli d’argent ; alors les yogis  le volèrent et  le cachèrent, croyant que les musiciens iraient demander l’aide du Gourou pour le retrouver et que s’il n’était pas capable de le faire, il en serait rabaissé.

       Connaissant la grandeur du Gourou, les musiciens allèrent le voir, lui demandant son aide pour retrouver le bol avec l’argent. L’admirabGourou leur parla de la bêtise des yogis et sortit le bol de sa cachette. C’est ainsi que les yogis essuyèrent une terrible défaite.  

       La deuxième offensive des yogis prit la forme d’une discussion. Comme il a déjà été préalablement dit, après ses pèlerinages, Gourou enlevait ses habits de pèlerin et portait les vêtements ordinaires d’un homme de famille. Les yogis lui dirent : « Ô Gourou, tu es un homme saint et tu portes les habits d’un homme de famille. Pourquoi un homme saint mène-t-il un vie familiale ? » En plus, le yogi Bhangarnath[26] demanda au Gourou : « Quand le lait devient aigre, il ne peut se transformer  en beurre bien qu’on le batte, pourquoi as-tu enlevé tes habits d’ermite et mis des vêtements ordinaires ? »

      Gourou répondit : « Ô Bhangarnath, votre mère était une femme inexpérimentée. Elle ne sut pas laver la baratte et c’est ainsi qu’elle gâcha le beurre en vous confectionnant. Vous etes devenu un moine ermite  après avoir quitté votre vie familiale mais vous demandez l’aumone auprès des hommes de famille »                                                                                                                                                                      

        En écoutant cette réponse, les yogis entrèrent en fureur et à l’aide de leurs pouvoirs miraculeux, commencèrent à harceler Gourou. Un yogi  se transforma en cobra pour apeurer le  Gourou, l’autre en loup et un autre déclancha une pluie de feu. Le puissant Gourou resta sereinement assis imperturbable. Quand les yogis furent définitivement vaincus, Bhangarnath demanda au Gourou, pourquoi ayant fait des miracles partout dans le monde, Gourou Nânak ne faisait pas des

 Miracles devant eux.

     Le  Gourou répondit qu’il n’y avait aucun miracle, sauf le Vrai Nom et proféra la sabad ci-dessous :

                    

                                  Si je mettais une parure de feu,

                                  construisais une maison en neige

                                  et mangeais du fer ;

                                  si je transformais tous mes problèmes en eau,

                                  la buvant

                                  et parcourais la terre comme un étalon ;

                                  si j’étais capable de mettre tout le

                                  firmament dans une balance,

                                  et le balancer comme un tank[27] ;

                                  si je grandissait tellement

                                  que je ne pusse entrer nulle part ;

                                  et si je pouvais diriger tout le monde avec mon nez ;

                                  si je possédais tellement de pouvoir

                                  que je puisse réaliser de tels exploits ,

                                  ou faire ce que d’autres le firent,

                                  tout serait en vain.

                                  Aussi grand qu’est Dieu,

                                  Comme ses cadeaux le sont ;

                                  Il dispose comme il lui plaît.

                                  Nânak, à qui Dieu regarde avec faveur,

                                  elle ou lui obtient la gloire du Nom Vrai.

 

                               

                                                     (Majh di Var, Slok Mohalla 1, p-147)     

 

       À la fin de la récitation, les yogis félicitèrent Gourou Nânak pour ses exploits et lui dirent : « ô Nânak, grands sont vos exploits! Vos réussites  vous  ont élevées au statut de  grand être et  vous êtes devenu une lumière dans cette époque d’obscurité (Kalyug) dans le monde ».

                                                                                                                           

 BHAI BUDDHA.

 

     Le  Gourou récitait les kirtan à Kartarpur, aux premières heures du matin Un garçon de sept ans commença à venir écouter les kirtan et restait debout, derrière Gourou, pour lui manifester son respect. Un jour, Gourou demanda au garçon : « Ô, l’enfant, pourquoi venez-vous si tôt au temple car à votre âge vous avez besoin de manger, jouer et dormir ? » L’enfant répondit : « Seigneur, un jour ma mère me demanda d’allumer le feu. Lorsque je mis le feu sur le bois, j’observais que les brindilles brûlaient plus vite que les grosses branches. Dès ce moment, j’ai eu peur d’une mort précoce. Je doute que j’atteigne  la vieillesse et pour cela, j’assiste à votre communion  sacrée». Gourou se sentit très heureux d’avoir écouté les sages paroles des lèvres de l’enfant et dit : «  Vous êtes un enfant, pourtant  vous parlez comme un buddha ou un vieux ».

       À partir de ce jour-la, l’enfant fut appelé  Bhai Buddha. Il fut tenu en si grande estime, qu’il fut chargé d’appliquer les tilaks ou empreintes de safran –symbole du Gourou- sur le front des premiers cinq successeurs de Gourou Nânak.

       Le nom original du Bhai Buddha était Ram Das. On donna son nom à un village. Le mot bhai signifie frère. Gourou Nânak qui contestait le système de castes, et enseignait la doctrine de la fraternité entre toutes et tous, voulait que tous ses disciples et croyants se considèrent comme des frères.

Actuellement, le titre Bhai est donné aussi aux prêtres sikhs.

 

DUNI CHAND.

 

       Un jour Gourou passa par Lahore. Un homme riche, Duni Chand, faisait une cérémonie de  Shradh[28] pour son père. Quand Duni Chand apprit que Gourou était arrivé, il l’invita chez lui.Gourou arriva à sa résidence et se renseigna sur l’événement. Duni Chand répondit que c’était la shradh de son père et qu’il avait nourri cent brahmans en son nom. Gourou dit : « cela fait maintenant deux jours que votre prêtre n’a rien mangé et vous soutenez que vous avez nourri cent brahmans en son nom! »  Duni Chand demanda : « Où est mon père ? » Gourou répondit : « votre père de son vivant, il convoita la viande qu’un sikh préparait et mourut avec ce désir. Après sa mort, son âme s’incarna dans le corps d’un loup. Ce loup se trouve au milieu d’une futaie, 10 milles d’ici et n’a rien mangé depuis deux jours ». Duni Chand comprit alors que les ancêtres ne recevraient jamais rien, quoi que nous leur envoyions par l’intermédiaire des prêtres. De tels rituels n’étaient et ne sont que les pratiques d’une foie aveugle.

       Duni Chand avait amassé une grande fortune et cherchait  toujours le moyen de l’accroître. Gourou lui donna une aiguille et lui dit : « Duni Chand, gardez cette aiguille avec vous et rendez-la moi dans l’autre monde».

       Duni Chand demanda : « Comment pouvons-nous emporter une aiguille  dans la mort ? »Gourou répondit : «  Si une aiguille tellement petite ne peut entrer dans l’autre monde, comment peuvent y arriver toutes vos richesses ? »

       En écoutant cette vérité, Duni Chand tomba aux pieds  du Gourou et pria  l’illumination. Gourou lui dit : « Donnez un peu de votre fortune au nom de Dieu et nourrissez les pauvres ». Duni Chand se convertit en disciple du Gourou et commença à répéter le Nom. Gourou proféra ce sabad pour l’occasion :

 

                              Faux sont les rois, faux ses laquais,

                              faux le monde entier;

                              fausses sont les résidences, faux les palais,

                              faux ceux qui les habitent ;

                              faux est l’or, faux est l’argent,

                              faux qui les porte ;

                              faux maris, fausses épouses,

                              ils s’affligent jour après jour et deviennent poussière.

                              L’homme, qui est faux, aime ce qui est faux

                              et oublie le Créateur.

                              Avec qui se lie-t-on d’amitié ?

                              Le monde entier dépérit.

                              Fausse est la douceur, faux le miel ;

                              des bateaux pleins sombrent dans la fausseté

                              -affirma humblement Nânak-,

                              sauf vous, ô Dieu,

                              tout est absolument faux .

 

                                                                              (Asa di Var, Slok Mohalla 1, p- 468)

 

 

 BHAI LEHNA.

 

       Jodha était un disciple du Gourou et habitait dans une petite ville, Khadur, à environ 80 kilomètres de Kartarpur. Fils d’un riche commerçant,  Bhai Lehna vivait aussi à Khadur.  Bhai Lehna était un dévot de Durga, déesse hindoue de l’énergie, et allait tous les ans au temple de Durga dans les Monts de Kangra.

       Un matin, alors que Bhai Jodha récitait le « Japji » et Bhai Lehna l’écouta et son cœur  fut  profondément  ému avec la Parole Divine. Il demanda à Jodha qui était l’auteur de la composition. Bhai Jhoda lui expliqua et lui parla longuement  du Gourou et   Bhai Lehna fut très empressé  de faire sa connaissance.

       À l’occasion du pèlerinage  annuelle au temple de Durga,  Bhai Lehna s’arrêta sur le chemin, pour voir Gourou Nânak. Quand il fit sa connaissance, il fut profondément imprégné par la compassion et l’amour de la Vérité. Lorsque  Bhai Lehna donna son nom au Gourou, Nânak déclara : « Vous, Lehna, vous êtes ici ; où d’autre pourriez-vous être? » Dans la langue panjabi, lehna signifie : payer ou encaisser des dettes. Gourou voulait dire : « Ce que vous désirez recevoir, le salut, est ici et nulle part ailleurs ». Après avoir reçu une instruction religieuse de la part du Gourou, Bhai Lehna commença à répéter le Nom de Dieu.

       On dit qu’au cours d’une vision,  Bhai Lehna vit une femme habillée en rouge, qui était une domestique de la maison du Gourou. Lehna lui demanda qui était-elle. Elle lui répondit qu’elle était la déesse Durga et qu’elle venait une fois par semaine, faire le ménage chez Gourou. En écoutant ceci,  Bhai Lehna fut convaincu de la Divine Gloire de Gourou Nânak.

Avec le temps,  Bhai Lehna se voua de plus en plus à la méditation  et devint un fidèle dévot du Gourou.    

       À mesure que le temps de quitter ce monde approchait pou Gourou, Mataji, sa femme, se rendait à l’évidence  qu’il fallait penser à sa succession. Comme il était d’usage, elle avait toujours pensé que leurs fils devraient être les héritiers de la succession de leur père :. Un jour, elle dit : «  Mon Seigneur, pense à tes fils » Cela signifiait qu’un de ses fils devait le succéder. Gourou lui dit : « Amène tes enfants ». Les deux fils furent amenés auprès  du Gourou. Alors Gourou Nânak jeta un pot dans un étang fangeux et demanda à son fils aîné, Sri Chand, d’entrer dans l’étang et de récupérer le récipient. Sri Chand répondit : « Pourquoi as-tu jeté le pot s’il fallait le récupérer ? » et  il se refusa à le faire. De la même manière, le fils cadet s’y refusa. Alors, Gourou se tourna vers  Bhai Lehna et lui dit : « Lehnaji, entrez et récupérez le pot ».  Bhai Lehna dit : « Sat bachan, ou Oui, Seigneur ». Bhai Lehna entra et récupéra le pot sans se soucier que ses habits soient salis par la boue.

       Un jour, Gourou demanda à Bhai Lehna de rentrer chez lui pour mettre de l’ordre dans ses affaires. Quelque temps après il revint et arriva chez Gourou. On lui dit que Gourou était dans les champs et qu’il rentrerait à la tombée de la nuit. Bhai Lehna alla directement aux champs pour voir Gourou.                                                                                                                                                                                                                                          

      Gourou  Nânak avait fait trois bottes d’herbe pour ses vaches et buffles et voulait les emporter chez lui. Comme l’herbe était mouillée et boueuse, ses sikhs refusèrent la tâche. Alors Gourou demanda à ses fils d’emporter les bottes et eux aussi refusèrent la besogne. Bhai Lehna, qui venait d’arriver, fit sa révérence et dit : « Seigneur, permets-moi d’accomplir la tâche ». Bhai Lehna souleva et mit sur ses épaules les trois bottes et marcha en compagnie du Gourou, vers chez lui. Lorsqu’ils arrivèrent, l’épouse du Gourou se plaignit : «  Il n’est pas  approprié d’imposer un si ignoble labeur à un invité ; ses habits sont  sales et il est tout couvert de boue  de la tête aux pieds ». Gourou lui répondit : «  Ce n’est pas de la boue, mais du safran de Dieu qui marque l’élu ». En regardant à nouveau le jeune homme, l’épouse du Gourou remarqua que la couleur des habits de Bhai Lehna s’était vraiment transformée en safran.  

       Les sikhs considèrent ces trois bottes d’herbe comme trois symboles : les affaires spirituelles, les  affaires temporelles et la succession du Gourou.

       Après cela, le  Gourou commença à éprouver systématiquement la dévotion de ses sikhs. Alors qu´il pleuvait très fort une nuit d’hiver, une partie du mur de sa maison s’effondra. Gourou désirait que le mur fût réparé immédiatement. Ses fils se refusèrent à faire le travail  en disant qu’il faisait très froid  et qu’en plus, il était minuit ; mais le matin ils feraient venir des maçons pour faire le travail. Gourou répondit qu’il n’était  pas nécessaire de  faire venir des maçons puisque le travail pour Gourou devait être fait par ses propres sikhs. Bhai Lehna se mit debout et commença à réparer lui-même le mur. Quand le travail fut presque fini, Gourou lui dit : « Ce mur est irrégulier, abats-le et reconstruis-le à nouveau. Ce qu’il fit et Gourou déclara à nouveau ne pas être satisfait. Lehna obéit aux ordres de son Maître, mais encore une fois son Maître manifesta son insatisfaction. Face à cette situation, les fils du Gourou dirent à Lehna qu’il était un niais à suivre des ordres si irrationnels. De son côté,  Bhai Lehna répondit humblement que le serviteur du Gourou devait rendre ses mains utiles en faisant le travail de son Maître. Après cet échange, la relation entre Gourou et son disciple se consolida et au même moment ils furent satisfaits l’un de l’autre. De leur côté, les fils du Gourou devinrent jaloux de ce disciple si dévoué. Ils ne cachèrent aucunement leur aversion envers le Bhai Lehna. 

       Un jour, un yogi arriva et félicita le  Gourou pour le grand nombre de disciples qu’il  avait réussi à réunir. Gourou lui répondit qu’il n’avait que très peu de véritables sikhs, ce dont le yogi serait témoin. Gourou et le yogi se rendirent vers le bois pour éprouver la foi des sikhs qui accompagnaient  Gourou Nânak.. Pendant leur voyage, ils trouvèrent un chemin couvert de pièces de monnaie de cuivre. Quelques sikhs en ramassèrent  et prirent congé. Un peu plus loin, ils trouvèrent des pièces de monnaie d’argent. Plusieurs sikhs en ramassèrent et rentrèrent chez eux. En suivant son chemin, le groupe trouva des pièces de monnaie d’or.                                                                                                                                    

       La plupart des sikhs qui étaient restés ramassèrent les pièces de monnaie et quittèrent le groupe. Seuls le yogi, deux sikhs, Gourou et Bhai Lehna continuaient le chemin.

        Plus loin, ils trouvèrent un bûcher funéraire  et quatre flambeaux allumés près du défunt. Un drap couvrait le cadavre qui exhalait une mauvaise odeur. Gourou demanda : « Y a-t-il quelqu’un parmi vous qui veuille manger le cadavre ? Les sikhs reculèrent devant une si horrifiante proposition mais  Bhai Lehna resta ferme dans sa foi en Nânak. Avec les mains jointes, Bhai Lehna demanda au Gourou : « Par où dois-je commencer à manger le cadavre, par la tête ou les pieds ? ». Gourou lui dit de commencer par la taille. Quand Bhai Lehna souleva le drap qui couvrait le défunt, il assista à une merveille des merveilles : un plat de parshad –la nourriture sacrée- apparut à la place du cadavre. Il offrit d’abord le parshad au Gourou. Le  Gourou déclara : « Vous avez réussi à déceler mon secret, vous êtes mon reflet. Je vous transmettrai la vraie grâce, qui est la quintessence de la religion. Au moyen de cette faculté, vous serez heureux dans ce monde et dans celui de l’éternité ».La suite est la récitation par Gourou du préambule du « Japji » : 

 

                              Il existe, mais Un Seul Dieu :

                              Lui, il est la Vérité Éternelle,

                              le Créateur, l’Esprit Divin Omnipotent,

                              sans crainte, sans haine et sans inimitié,

                              l’Entité Immortelle,

                              Nouveau-né, Autoexistant

                              fait réalité par sa Propre Grâce : Gourou.

                              Méditez sur ce 

                              qui était la Vérité avant la Création,

                              qui était la Vérité au début de la Création,

                              qui est la Vérité maintenant et ô Nânak !

                              qui sera éternellement la Vérité.

 

       En écoutant ceci, le yogi déclara : « Ô Nânak, Bhai Lehna sera Gourou, engendré par votre ang, votre corps.Gourou¨ embrassa Lehna et lui promit qu’il serait son successeur.

       Comme Gourou l’énonça lors de l’incident ci-dessus, la morale consiste pour un sikh à montrer sa complète et inconditionnelle soumission  devant Gourou et l’ obéissance absolue à la loi du Gourou ; alors et alors seulement le sikh atteint l’objectif souhaité, autrement dit, il s’unit à Gourou Nânak. Les fils du Gourou remettaient en question la loi de Gourou Nânak à chaque pas alors que Bhai Lehna se soumettait inconditionnellement, sans dire un seul mot. Alors le Bhai fut bénit et devint l’incarnation de la Lumière Divine.

D’après l’enseignement du Gourou et le code de conduite, une sikhe ou un sikh doit mener une vie spirituelle et morale tout en accomplissant les tâches quotidiennes, afin d’avoir la bénédiction du Gourou. Le legs du Gourou est clair :

                    Hukan maniai howai parvan ta khasmai ka maihal paisi

 

                                                     ( Asa di Var- pauri  15, p-471)

 

                    Traduction:

 

                     L’homme est acceptable en obéissant la loi de Dieu et c’est ainsi

                     qu’il arrivera à la cour du Seigneur.

 

 

L’ASCENSION DE GOUROU NÂNAK.

 

      Gourou était conscient que son heure de quitter le monde approchait et qu’il devait désigner son successeur. Ses fils ne lui avaient pas obéit et par conséquent  aucun d’eux étaient  digne d’être l’héritier du Gourou.

       Le 2 septembre 1539 – 2 Asu, 1596 Asu vadi 5 – Gourou Nânak posa cinq païses  (monnaie de l’Inde) devant  Bhai Lehna et se prosterna devant lui pour montrer qu’il serait son successeur. Et transmit la Souveraineté Spirituelle à Bhai Lehna. De cette manière, il créa un autre Gourou  Nânak et l’appela GOUROU ANGAD DEV.

 

                         Jot uha jugat sai seih kaya feir paltiai.

 

 (Ramkali ki Var, Rai Balwand , p-966)

 

                        

 

                          La Lumière Divine est la même.

                          Le Chemin et la Manière sont les mêmes.

                          Le Maître n’a fait que changer de corps.

 

                         Traduction du précité.

 

       Lorsque la succession fut léguée à Gourou Angad, les gens comprirent que Gourou allait laisser son corps terrestre (comme Lumière Divine et Esprit, Gourou est toujours présent). De tous lieux, les sikhs, les hindous et les musulmans vinrent obtenir une dernière fois le darshan( la bénédiction), de Gourou Nânak.

       Apres la désignation de Gourou Angad par Gourou Nânak, ses fils lui demandèrent quelles héritages avait-il laissé pour eux. Gourou répondit :

 

« Ô mes enfants, Dieu est le Protecteur de ses créatures. Vous aurez des aliments et des vêtements en abondance et si vous répétez le nom de Dieu, vous serez finalement sauvés ».

       Les dévots musulmans du Gourou voulaient l’enterrer après sa mort. Les disciples hindous désiraient incinérer son corps. Quand on demanda sa décision au Gourou, il répondit : «  Laissez les hindous mettre des fleurs à ma droite et les musulmans à ma gauche. Ceux dont les fleurs seront fraîches le lendemain matin pourront avoir le droit de disposer de mon corps ».

       Un peu avant de mourir, Gourou mit lui-même un drap blanc sur son corps. Le lendemain matin, lorsqu’ils soulevèrent  le drap, ils ne trouvèrent pas le corps du Gourou, mais les fleurs des deux côtés étaient fraîches. La lumière se mêla à la Lumière et l’esprit revint et s’immergea avec l’Esprit du Maître. Le fait du corps évanoui confirme que Gourou n’était pas un corps mais la Lumière Divine.

       Les hindous et les musulmans prirent leurs fleurs respectives et divisèrent le drap blanc en deux. Les uns enterrèrent leur moitié et les autres incinérèrent la leur. Les deux actes eurent lieu à Kartarpur, le 22 septembre de 1539 – le 23e.  Jour de Asu, Vadi 10, Sambat 1596. Il avait presque soixante-dix ans et demi.

       Au bord de la rivière Ravi, les sikhs construisirent un gurdwara et les musulmans, une tombe en son honneur. Les deux constructions furent détruites par la rivière, cette destruction, probablement surnaturelle  servit à éviter l’idolâtrerie du dernier lieu occupé par Gourou pour son repos.

       Dans les temps anciens, les superstitions et les rituels avaient gagné de l’approbation. De la même manière, la pratique religieuse avait dégénéré à des actes cérémoniaux. Par ailleurs, la vie et les enseignements de Gourou  Nânak montrent fermement le caractère vain des rites. Sa parole révéla le vide et incita les êtres humains à abandonner de telles habitudes. La religion de Gourou  Nânak exclut tout dogme et tout rite  insensés. Sans épée ni bâton, mais  armé de la Parole Divine, il prêcha que seulement l’Absolu Impersonnel doit être vénéré.

        Toute religion qui ne défend pas ses valeurs est à un niveau très bas de son développement  et annonce sa disparition à long terme.

 

                                                                                                                                     

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[1] La Puratan Janamsakhi (biographie) et Bhai Gurdas donnèrent comme date de naissance le 20 octobre (Kartik), alors que d’autres donnent le 15 avril (Baisakh) en 1469.

[2] Ceci est appelé Aad Bani (le premier Message Divin). Référé à Rag Asa Mohalla 1- Patti Likhi, page-432 de Gourou Granth Sahib

 

[3] Lalo était disciple de Gourou.

[4] Mardana était un ménestrel musulman, disciple du Gourou et son compagnon constant.

[5] Le mot “prononcer” est utilisé dans ce livre  quand  le Sabad vient directectement au Gourou de Dieu luimême, alors que « réciter » est utilisé lorsque le Sabad  déjà existant est répété.

[6] Quelques écrivains disent qu’après s’être baigné, il alla à la forêt voisine.

[7] Les Janamsakhis utilisent le mot “Udasi” pour les voyages du Gourou. Ce mot signifie ordinairement «  retrait du monde » mais Gourou ne s’isola jamais du monde.

[8] Quelques auteurs affirment que  Gourou rentra chez lui après avoir parcouru l’est (après Puri) et ensuite fit un deuxième Udasi vers le Sud.

[9] Sajjan signifie ami et Thug signifie voleur.

[10] Aussi appelée Charanamrit. Elle était une forme d’initiation qui consistait à boire l’eau dans laquelle les pieds du Gourou avaient été lavés. Le préambule du Japji était lu au même temps. La cérémonie fut inaugurée par Gourou.

[11] Le symbole de Dieu Éternel. Ici il est utilisé à la place du Nom.

[12] C’est à dire qu’elles sont fortunées. Le manguier est toujours vert et ses feuilles abritent toujours.

[13] Malianlo- vient de l’arbre Malais. Arbre de santal

[14] Tous les yeux du monde sont à Toi., à Toi qui n’a pas d’ yeux matériels, n’ayant pas de forme.Les manifestations sont nombreuses, mais Tu n’as pas de forme corporelle.

[15] Le sarang est un oiseau aussi connu comme Chatrik ou Papiha. Il est dit qu’il ne boit de l’eau que lorsque la lune est dans la maison d’Acturus. Alors il est naturellement assoiffé  lorsque ce moment là arrive.

[16] Quelques auteurs croient que Gourou alla à Kurukshetra au début du premièr Udasi.

[17] Bhai Mani Singh Janamsakhi

[18] La viande d’animaux.

[19] L’eau contribue à la croissance des végétaux  et les animaux se nourrissent de végétaux.

[20] Quelques auteurs décrivent une route différente pour le deuxième Udasi. Ils pensent qu’il commença de Talwandi à Lahore, Sultanpur , en passant par Jullundhur et Hoshiarpur, Gourou atteignit la maison de Pir Budhan Shah, où plus tard le sixième Gourou fonda la ville de Kiratpur. De là,le  Gourou alla à Bilaspur et visita Mandi, Rawalsar, Jawalji et Kangra ; ensuite, il alla à Baijnath, Kulu, la Vallée Sapiti et séjourna dans un village appelé  Mulani. Il a été rapporté que quelques reliques du Gourou furent conservées et adorées par les gens de ce village. Alors, passant par les Pas Prang,  Gourou atteignit le Tibet et arriva au Lac Mansarovar et à Kailash Parbat (Sumer Parbat).  À travers la Passe de Chasul, il entra à Ladakh et  arriva à Amarnath après avoir traversé Skardu et Kargal. Il  passa par Pehlgam et  Anant Nagar, et arriva à Srinager et Bara Mula.  Après être allé à Hasan Abdal, Tilla Bal Gudai et Sialkot, il rentra chez lui.

[21] Cette discussion avec les Sidhas est rapportée dans Ramkali Mohalla 1- Sidh Gosht, page 938 de Gourou Granth Sahib. Quelques-uns disent qu’elle eut lieu à Achal Batala. Il faut remarquer qu’ici Gourou était plus jeune et qu’il a été à Achal Batala presqu’à la dernière année de sa vie. Dans Sidh Gosht, il est appelé ‘bala’ (garçon-jeune). D’autres disent que la discussion se produisit dans les deux Places avec des Sidhas.

[22] Bhai Gurdas, Var-1, pauri-32.

[23] Bhai Gurdas, Var-1, pauri 35-36.

 

 

[24] Il passe tout son temps à la mosquée pour recevoir plus d’aumônes.

[25] Le Yogi.

[26] Bhangarnath était un chef Yogi.

[27] Le tank est une mesure de poids en Inde. Un tank équivaut au poids de 256 grains de riz. Ça signifie s’il est capable de réaliser un tel miracle.

[28] Shrads. Ablations de gâteaux et libations d’eau offertes aux esprits des ancêtres décédés.