GOUROU ARJAN DEV

 

                (1563-1606, successeur de Gourou: 1581-1606)

 

     Gourou Arjan naquit à Goindwal, un petit village du district d'Amritsar, le 15 avril 1563. Il était le plus jeune fils de Gourou Ram Das et de bibi Bhani.Alors qu’ il était  enfant,  il trouva le chemin pour aller jusqu’au lit de Gourou Amar Das qui était en train de se reposer. Sa mère courut pour aller chercher l'enfant avant qu'il ne dérange Gourou, mais il était déjà éveillé.

 "Laissez-le venir à moi; yeh mera dohita vani ka bohita howega ; ce qui veut dire:

 mon petit-fils sera comme un navire qui conduira l'humanité à travers l'océan du monde."

     Gourou Arjan se  maria à Ganga, la fille de Krishen Chand, un habitant du village de Meo proche de Pillor dans le district de Jullundhur. Le  mariage eut lieu en 1589 alors qu’il avait environ 26 ans. Gourou Ram Das commença le creusement de deux réservoirs nommés Santokhsar et Amritsar et débuta la construction de la ville de Ramdaspur. A la suite de son pére, Gourou Arjan Dev s’attacha à continuer la construction des réservoirs d’eau  et d’étendre la ville. Il avait pris l’ habitude d'aller tous les jours sur les chantiers pour y diriger les travaux.

 

LE SYSTÈME DE MASAND:

 

     Gourou Nânak, pendant ses voyages missionnaires avait établi des Sangats un peu partout dans le pays. Les liens avec le siège central étaient maintenus grâce aux visites constantes des Sikhs au Gourou. Pendant l'époque de Gourou Amar Das, le travail missionnaire était accomplit  d'une manière très méthodique. Il divisa le royaume spirituel Sikh en vingt-deux Manjis. Gourou Ram Das établit le centre d'un nouvel ordre de missionnaires appelés les  Masands. Le mot Masand semblerait provenir de " Mas Nad" qui est la forme  racourcie  de " Masnedi-Ali" ou Son Excellence, le titre que l’on donnait souvent aux Gouverneurs Moghols. Le but de cette organisation était de répandre la foi Sikhe plus éfficacement et de récolter de l'argent pour la construction des deux bassins et  de la ville de Ramdaspur. Gourou Arjan organisa le système Masand d'une nouvelle manière. Il nomma de nouveaux Masands faisant preuve d’intégrité et sincérité afin de protéger les affaires séculières  et  spirituelles des Sikhs. Les Masands étaient  chargés de receuillir le Daswandh (un-dixième des revenus) lequel était reversé à la trésorerie du Gourou (Golak) pour l'entretien des temples Sikhs.

     Des écrivains ont prétendu que le Daswandh était prélevé sous la contrainte.Mais la collecte du Daswandh, en réalité, ne fut  l’objet d’ aucune pression et ne peut être en aucun cas considèré comme un impôt. Quelque soit la quantité que les Sikhs donnaient et donnent encore aujourd’hui, c’est de leur plein grés, par amour et par dévotion.

    Les Masands étaient tenus de faire des visites annuelles à Amritsar pendant la fête de Baisakhi pour recevoir des directives du Gourou et donner la quantité de Daswandh collectée. Ils mettaient à jour régulièrement les comptes concernant les offrandes et ils faisaient des reçus pour chaque dons.

     En plus des devoirs d’ordre financier, les Masands étaient  aussi des prêcheurs. Pour la cérémonie d'initiation,  le Charanamrit idéal était celui administré par Gourou lui-même. Cependant, il n'était pas possible pour Gourou d’être présent physiquement partout. L'autorité était alors

déléguée aux missionnaires locaux qui accueillaient les nouveaux membres dans la

Sangat, en  leur administrant le Charanamrit préparé par leurs soins selon les régles d’usage. Ceci entraina un grand nombre de convertions. Pendant l'époque de Gourou Arjan, il n'y avait guère d’endroit en Inde où l’on ne trouvait pas des Sikhs. Les Masands  travaillaient très dur à propager le Sikhismee à chaque coin du pays.

 

LA FIN DES TRAVAUX  DE CONSTRUCTION:

 

     Gourou Arjan finit le travail d’excavation des réservoirs - Santokhsar et Amritsar. Bhai Bouddha qui était le disciple le plus digne de confiance, fut nommé pour surveiller le travail de construction. Santokhsar fut finit en 1587-89. Ayant achevé la construction du réservoir du nectar, Gourou commença les fondations de l’ Hari Mandar ( le Temple D'or), au centre du réservoir. On dit que les Sikhs demandèrent au Gourou  que l’Hari Mandar fût le bâtiment le plus haut de tout le voisinage.Gourou expliqua, "L’ Hari Mandar doit être le plus bas car ce  qui est humble, sera exalté. Plus un arbre est couvert  de fruits, plus ses branches descendent  vers la terre."

     Mian Mir, un célèbre saint Musulman, était  un ami et un dévot

du Gourou. Gourou demanda à Mian Mir de poser la premiere pierre des fondations de l’ Hari Mandar. Et Mian Mir posa la brique en janvier 1589.  Le maître maçon  déplaça la brique pour la placer d’une autre façon. Suite à quoi le  Gourou prophétisa qu’étant donné que la brique avait été déplacée par le maçon, les fondations du temple seraient reconstruites à nouveau dans le future. Par la suite, cette prophétie fut accomplie quand  Ahmad Shah Abdali détruisit le temple et profana le réservoir en 1763. Cependant deux ans plus tard, la grande armée du Khalsa  reprit possession du temple, et reconstruisit  ses fondations.

     Les temples hindous étaient généralement fermés sur trois côtés et leurs entrées étaient orientées vers l'est tandis que les mosquées Musulmanes avaient des entrées orientées vers l'ouest. L’ Hari Mandar, le temple sacré des Sikh avait une entrée sur ses quatre côtés.  Car Dieu est  dans toutes les directions et les quatre portes: une en direction  de l’est, l’ouest, le nord et  le sud signifient que les quatre castes avaient accés au temple en tout égalité. Tandis que les temples hindous étaient seulement ouverts aux classes élévées, le Temple d’Or était ouvert à tous ceux qui cherchaient Dieu. Les mosquées Musulmanes étaient ouvertes aux hommes Musulmans seulement, mais le Temple D'or était ouvert à tous: les hommes, les femmes et les enfants également, indépendant de la caste, de la croyance,de la race, de la couleur de peau, du sexe, de la religion ou la nationalité. L'Adi Granth, ou livre sacré des Sikhs, se trouvait au centre du temple.

     Quand la construction du réservoir et du temple  fut achevée, Gourou Arjan prononça le Sabad suivant dans la joie et avec gratitude:

 

     "Le Créateur se leva au milieu de l'œuvre,

      Et aucun cheveu de la tête d'aucun homme ne fut touché1.

      Gourou m'emmène à la purification sublime.

      Et en répétant le Nom de Dieu, les péchés s'en vont.

      Ô  Saints! Le réservoir Ramdas2 est beau,

      Celui qui s'y baigne se sauvera lui et les âmes de sa famille.

      Le monde entier le félicitera,

      Et il obtiendra la récompense désirée de son coeur.

      Tandis que celui qui  y arrive médite à Dieu

      Pour se baigner il sentira la sécurité et la plénitude.

       Celui qui se baigne dans le réservoir des saints

      Obtiendra le dernier salut.

      Celui qui médite sur le Nom de Dieu,

      ne souffrira pas la transmigration.

      Pour celui que Dieu est miséricordieux

      Il ou elle ont la connaissance divine.

      Les préoccupations et inquiétudes partiront

      De celui qui cherche la protection de baba Nânak et Dieu."

 

                                                       (Sorath Mohalla 5, p-623  Gourou Granth Sahib)

 

GOLDEN TEMPLE

Golden Temple, Amritsar City

 

 

 

     NOTE: Il faut bien noter ici que l'acte seul de se baigner dans le bassin du Temple D'or ne peut pas donner le salut désiré. Le Sabad précédant ne parle en rien de pèlerinage et des rituels.

     Il n’est pas question non plus d'un simple voyage dans un endroit sacré. La foi Sikh refuse  les rituels de cérémonie. En fait il y a deux réservoirs dans Amritsar, un réservoir extérieur et un réservoir intérieur. Le premier, remplit d'eau, est celui qui se trouve à l’extérieur et entoure le Temple d’Or. Afin de  nettoyer et purifier leur corps, les Sikhs ont l’habitude de prendre un bain chaque matin avant de se retrouver en  présence de Dieu, c’est une forme de méditation. Cependant la mission d'un Sikh n'est pas encore complète. Gourou Amar Das déclare ceci:

         

          ' Si l'esprit est pêcheur, tout est péché,

           En lavant le corps, l'esprit ne deviendra pas pur. '

 

                              (Wadhans Mohalla 3, p-558)

    

     Il y a aussi le réservoir intérieur appelé Hari Mandar. Ce réservoir est

     ' Gurbani' - Gourou Granth Sahib celui qui est plein ' d’Éloges et  

     des prières' - NAM. Après s’être lavé le corps dans le réservoir extérieur,le 

     Sikh va dans le réservoir intérieur pour purifier son esprit pécheur et se plonger dans le réservoir du Nam. C'est ce que Gourou  Nânak appelle le pèlerinage:

 

          "La pèlerinage est Nam.”

 

                         (Dhanasri Mohalla 1 Chhant, p-687)

 

     Sans le Nam,  plonger dans l'eau d'innombrables fois, n’apporte  pas le salut. Ce procèdé de purification de l'esprit pécheur dans le réservoir de Nam est le premier pas nécessaire  pour la  croissance spirituel. Il conduit  graduellement vers la conscience spirituelle et à l'illumination Éternelle. Après s’être purifié intérieurement et exterieurement , un Sikh réalise la grandeur de Nam et  se retrouve dans un état de béatitude éternelle, et ainsi il se fond avec l' Etre Supreme. Sans la vie, le corps meurt, et sans Nam la vie elle-même meurt

 

.

     C'est quoi Amritsar alors?

 

     Quand il n'y avait encore aucune trace de la ville d'Amritsar, Gourou Nânak

    demanda à ses disciples de se baigner dans ' Amritsar':

 

     a) "Bikhia mal jai amritsar navo

            Gur santokh paya."

 

                         (Maru Mohalla 1, p-1043)

 

          ' Tous les péchés sont extirpés en se baignant dans Amritsar

           Et par la grâce de Gourou, la joie est obtenue. '

 

                         (Traduction du précité)

 

     b) "Gur sagar amritsar, jo echhai so phal pai."

 

                         (Maru Mohalla 1, p-1011-12)

 

          ' la Gurbani est Amritsar

           celui qui  s’y baigne, obtiendra son désir. '

 

                         (Traduction du précité)

 

     c) "Untar nirmal amritsar nai."

                         (Asa Mohalla 3, p-363)

 

          ' Les impuretés de l'esprit sont extirpées en se baignant dans

                                            l'Amritsar. '

 

                         (Traduction du précité)

 

     d) "Undro trisna agan bujhi

           Har amritsar nata."

 

                         (Mohalla 3-pauri, p-510)

 

          ' Le feu intérieur du désir disparaît

           Quand on se baigne dans Amritsar. '

 

                         (Traduction du précité)

 

     e) "Meil gaee man nirmal hoa

           Amritsar tirath nai."

 

                         (Mohalla 3, p-587 Gourou Granth Sahib)

 

          ' Les impuretés s'en vont et l'esprit est purifié

           Quand on se baigne dans le pèlerinage d'Amritsar. '

 

                         (Traduction du précité)

    

     Tous les vers précités de Gourou Nânak et de Gourou Amar Das font

     référence à ' Amritsar' alors qu’il  n'y avait pas encore de trace de la ville

     ou du réservoir d'Amritsar. Cela veut dire qu'Amritsar

     est littéralement le Réservoir du Nectar, qui est Gurbani, la

    Parole divine. Donc le pèlerinage à Amritsar est le pèlerinage

     de l'esprit dans la Parole Divine, Nam. Sans le Nam,    

     se baigner des centaines de fois ne peut nettoyer l'esprit de ses impuretés

     et par conséquent  ne peut pas conduire au salut:

 

          "Mal haumai dhoti kivai na uterai je sau tirath nai."

                                                     (Sri  Rag Mohalla 3, p-39)

 

            ' L'égoïsme ne peut pas se laver bien qu’on ait fait mille pèlerinages. '

                                                (Traduction du précité)

           

    Gourou dit: Sans Nam, tous les autres actes pour atteindre

     le salut, sont futiles:

 

          "Nam bina phokat sabh karma jiun bajigar bharm bhulai."

 

                              (Parbhati Mohalla 1, p-1343)

 

          ' Sans Nam, tous les actes sont futiles

           Comme le rôle d'un acteur dans un drame, l'acte ne fait pas la réalité. '

 

                              (Traduction du précité)

 

     Quand le réservoir et le temple furent finis, il y eut une grande célébration. Pour  faire cela, les Sikhs avaient fait d’énormes efforts et sacrifices. Gourou  honora tous les Sikhs qui s’étaient consacrès à la réalisation de ces projets. Parmi ces gens il y avait: Bhai Bouddha, Bhai Bhagtu, Bhai Bahla, Bhai, Kalyana, Bhai Ajab, Bhai Ajaib, Bhai Umar Chah, Bhai Sangho, Bhai,

Salho et Bhai Jetha. Bhai Bouddha  reçut la charge de s'occuper de l’ Hari Mandar. Bhai Bhagtu fut choisi pour prêcher la doctrine Sikh dans la Région de Malwa et Bhai Salho fut nommé intendent de la ville afin de veiller à  son bon développement.  Quant à  la ville de Ramdaspur, elle fut appelée plus tard Amritsar. Parce qu’ elle était la résidence du Gourou et le principal lieu de culte, Amritsar  devint le centre des activités des Sikhs.

 

LA RANCUNE DE PRITHIA CHAND:

 

     Comme il a êté raconté au chapitre précédent, Prithia Chand avait ête évincé et c’était son plus jeune frére qui avait succédait à son pére , Gourou Ram Das. À partir de ce moment là, Prithia Chand  adopta une attitude de défi. Il  fit la connaissance de Sulhi Khan, un percepteur d'impôts de la province de Lahore et il l’informa de son intention  d’aller porter plainte auprés de l'Empereur contre son plus jeune frère qui avait usurpé ses droits. Ensuite il conspira avec le chef de la région, et ce dernier dit  à Gourou Arjan que Prithia avait le droit à la propriété de son père car il était le fils aîné. Alors, Gourou donna une partie de la propriété à Prithia et une partie à Mahadev, l'autre frère  et  garda les offrandes des Sikhs pour lui.  Prithia Chand en alliance avec Sulhi Khan trouva de nombreuses occasions pour tourmenter Gourou. Cependant Wazir Khan, l’assistant du premier ministre d’Akbar, s’interposa au nom du  Gourou et interfera auprés de Sulhi Khan afin d’amener les deux frères à un compromis. En écoutant le Sukhmani du Gourou (le chant de la paix éternelle compilé par Gourou Arjan), Wazir Khan avait retrouvé la santé. C’est pour cette raison qu’il défendait la cause du Gourou. Bien que le compromis avait été accepté par les deux fréres, Prithia continuait  à créer des problèmes au Gourou. Finalement Gourou décida  de quitter Amritsar et il se rendit à Majha, entre les rivières Ravi et Beas.

 

LES VOYAGES DU GOUROU COMME PRÊCHEUR:

 

     D'abord Gourou visita Khadur et ensuite  Sarhauli où il chercha à obtenir de la terre pour y construire une habitation.

     Un Sikh du village de Bhaini invita Gourou à lui rendre visite. Quand il arriva au village, il était tard et il faisait déja nuit. La femme du Sikh prépara un plat de pain émietté avec du beurre et du sucre et l'offrit au Gourou. Il se régala de ce plat, préparé avec amour et dévotion. Il resta quelques  jours de plus; en échange il offrit au village ses propres Chola (vêtements) et le rebâptisa Chola Sahib.

     Ensuite Gourou visita le village de Khanpur, situé entre Goindwal et la ville de Tarn Taran. Il était  accompagné par cinq Sikhs dont Bidhi Chand et  Bhai Gurdas. Il faisait nuit, il faisait froid, et les vents hivernaux soufflaient fort. Bidhi Chand apperçu un haut bâtiment et demanda au Gourou d’y entrer, mais ce dernier désapprouva,  expliquant qu'il était préférable de rester où ils étaient que d’aller dans un endroit où les mauvaises personnes habitaient. Bidhi Chand n'était pas d'accord avec le  Gourou, il rentra dans la maison et demanda aux propriétaires d’être hébergé mais ils refusèrent et traitérent  Gourou et ses Sikhs d’hypocrites. Hema, un Sikh dévot de ce village, vint et  demanda au Gourou de visiter sa pauvre maison afin qu'il la bénisse de sa présence sacrée.Voyant  son amour et sa dévotion, Gourou accepta son hospitalité. Hema prépara un repas avec ce qu’il avait de meilleur et l’offrit au Gourou. Il prit sa seule couverture et la plaça sous Gourou comme un tapis, touché par la dévotion d'Hema Gourou prononça le Sabad suivant:

 

     "Très belle est la hutte où

       ils sont chantés des éloges à Dieu,

      Pendant que le château où Dieu est oublié il  n’a aucun avantage.

      Il y a un plaisir, y compris dans la pauvreté quand, avec la compagnie des

                                   saints on se souvient de Dieu,

      Que la grandeur qui est liée à mammon, périsse!

      Béni a fait tourner un moulin ou porter une couverture grossière,

                         si le coeur est heureux et content.

      Cet empire qui ne satisfait point, il n'a pas d'avantage,

      Ceux qui y compris nus cherchant l'amour d'un Dieu même obtiennent

                                                       l'honneur.

      Il sont vains les soies et les satins, dont la possession font de l'être humain un convoiteur

      Tout est dans votre pouvoir, Oh! Dieu: vous faites marcher la vie                                

      Que Nânak obtienne le cadeau de se souvenir de nous à chaque  souffle."

                              (Rag Suhi Mohalla 5, p-745)

 

Gourou resta encore quelque temps. Pendant son séjour, Hema obtenu ce qu’il désirait et obtint la bénédiction du Gourou. Après le départ du Gourou, le vice-roi de l'Empereur, qui par diverses raisons était  mécontent  des habitants de Khanpur, envoya son armée qui dévasta le village et  massacra ses habitants.

   Gourou  Arjan Dev se rendit au village de Khaira où il fut attiré par l’environnement naturel.  Les chefs locaux l’accueillirent chaleureusement. Ils aidérent Gourou à obtenir de la terre sur laquelle il posa les fondations de ce qui est maintenant la ville célèbre de Tarn Taran et il entreprit  la construction d'un réservoir. Cela se passait en 1590. Gourou dépensa beaucoup pour faire construire un four à brique. L'officier local appelé Nur-ud-din s'empara des briques pour la construction d'un Sarai (batiment)  aux frais du Gouvernement. Les Sikhs demandèrent au Gourou d'écrire à l'Empereur pour dénoncer le voleur, mais Gourou refusa de prêter attention à cet outrage. Il stoppa les travaux et attendit  une période plus propice pour achever le projet.

     Gourou traversa la rivière Beas et arriva dans la Région de Jullundhur où il  acheta un terrain pour construire une ville qui  fût nommé Kartarpur (ville du Créateur). Avec ses propres mains, il commença à retourner le terrain pour la construction de la ville et d’un puit afin de donner de l'eau aux habitants. Le puit fut appelé Gangsar.

     Gourou alla à Nakka à l'invitation de ses disciples. Il visita Khemkaran, Chunian et d’autres villages. Puis il arriva à Jambar et il y resta quelque temps. Il procéda à beaucoup de conversions.

    Sur invitation de ses Sikhs, Gourou se rendit  à Lahore. Des gens de toutes  classes s'y  rassemblèrent pour le voir. Le yogui Shambhunath, Shah Husain, Shah Suleman et d’autres vinrent voir Gourou, et lui demandèrent de leur transmettre son enseignement religieux afin de sauver leur âme. Gourou prononça ce Sabad, à cette occasion:

 

     "Ô les hommes savants, pensez au Seigneur dans vos coeurs,

      Le vrai Roi, le libérateur de l'esclavage, vit dans les coeurs grâce à l'affection de l'esprit.

      Il n'y a  rien d’égal à la valeur sous le regard de Dieu.

      Vous êtes le chaste fournisseur, vous êtes le grand et incomparable Seigneur.

Donnez-moi votre main, Oh! Vaillant; vous êtes l'unique qui m'aide. Oh! Créateur, avec votre pouvoir, vous pûtes créer le monde; vous êtes le pilier de Nânak."

            

                                                               (Tilang Mohalla 5, p-724)

 

 

Quand le Vice-roi de Lahore écouta cet hymne, celui-ci produit un profond impact sur son esprit. Il demanda au Gourou s'il pouvait lui rendre quelques services et ce dernier accepta.

     Puis il visita le tombeau de Gourou Nanak à Dera Baba. Après cela il alla à Barath  pour visiter Sri Chand, le fils de Gourou Nanak

    Gourou retourna à Amritsar mais Prithia continuait toujours à lui créer des problèmes. La femme de Prithia était très fâchée et disait: "Le fils aîné a êté usurpé. Le plus jeune a obtenu la place du  Gourou et le monde entier, de l'Empereur à l'homme commun, l'adore". Et  Prithia répondit: "Arjan n'a pas de fils ainsi sa prospérité sera éphémère. Notre fils Meharban sera le prochain Gourou". La femme du Gourou entendit cette conversation et la lui rapporta puis elle  le pria de lui donner un  fils. Gourou ordonna à sa femme de ne pas faire attention aux remarques de Prithia et de sa femme, mais de  continuer à répéter le vrai Nom. Un peu plus tard, elle demanda à nouveau au Gourou, "Oh! Mon  Roi, ceux qui cherchent votre protection, obtiennent le bonheur dans cette vie et le salut. Ma vie de femme mariée serait  plus heureuse si vous me concédiez un fils."

    Gourou bénissait toujours ses Sikhs et ainsi la plupart des actes religieux pouvaient être réalisés à travers eux. Comme sa femme le priait toujours de lui donner un fils, Gourou Arjan Dev lui dit d'aller rendre visite à un vénéré Sikh,  bhai Bouddha et de prier pour obtenir le cadeau tant désiré.

     Le lendemain la femme du Gourou  partit joyeuse voir  bhai Bouddha. Elle emmena avec elle ses servantes et les femmes des chefs d’Amritsar et toutes  voyagèrent en grande pompe et  dans la joie. Elle emporta  des plats remplis de sucreries comme offrandes  pour le saint. Quand  bhai Bouddha vit cette procession, il remarqua: "Que se passe t-il?  Est-ce que la population  fuit précipitamment d'Amritsar et vient se réfugier ici ? L'épouse du Gourou plaça les plats de sucreries devant bhai Bouddha et le pria de lui donner sa bénédiction. Bhai Bouddha répondit, "Madame, je suis seulement un domestique de votre maison. Seul Gourou  est un océan de pouvoirs surnaturels, lui seul peut accomplir les désirs de chaqu'un. De plus, je ne suis pas digne de ces plats si savoureux. Après les avoir mangés comment pourrais-je  penser à couper l'herbe?"

     L’épouse du Gourou retourna chez-elle très déçue et  raconta toute l'histoire au Gourou qui alors lui répondit, "Les saints et le vrai Gourou n’apprécient pas beaucoup  les grandes pompes. Si vous voulez obtenir quoi que ce soit d’eux, il faut se présenter seul d'une manière humble et non pas dans une attitude de supériorité. Si vous désirez encore obtenir la bénédiction d’un saint, alors le cœur remplit de dévotion préparez du pain avec vos mains, et vêtue comme une personne ordinaire, allez-y seule à pied"

     Ainsi comme l’avait demandé Gourou, elle partit seule le lendemain. En la voyant bhai Bouddha dit, "Oh Madame! Donnez-moi ce que vous avez apporté". Pendant qu’il mangeait, il  dit: " Comme vous m'avez offert  la nourriture qui plait à mon cœur, vous aurez un fils puisque c’est ce qui plait à votre coeur." À son retour elle relata au Gourou la bonté de  bhai Bouddha.

     Quand Prithia et sa femme furent informés  de la grossesse de la femme du Gourou, ils furent très  fâchés et  incitèrent Sulhi Khan à agir contre Gourou. Àfin d'éviter un conflit, Gourou partit pour le village de Wadali,  à six ou sept,

milles d'Amritsar.

     Le 19 juin 1595 (le 21 du mois de Har, Sambat 1652) à Waladi, la femme du Gourou donna  naissance à un fils3 nommé Har Gobind. À l’annonce de la naissance  de son fils, Gourou prononça le Sabad suivant:

 

     "Le Vrai Gourou m'a envoyé un fils;

      Un fils d'une grande vie est né par destin.

      Quand il a pris pour demeure l'utérus,

      le coeur de sa mère s'est réjoui  extrêmement.

      Le destin enregistré dans le commencement s'est manifesté à tous.

      Par l'ordre de Dieu l'enfant est né dans le dixième mois.

 

                                  (Asa Mohalla 5, p-396)

 

     En apprenant  la naissance d’ Har Gobind, Prithia et sa femme furent  très tristes. Immédiatement ils commencèrent à échafauder des plans pour tuer l'enfant Har Gobind.  Plusieurs tentatives furent préparées pour mener à bien cet objectif. Prithia embaucha une nourrice pour empoisonner le bébé. Elle appliqua du poison sur les mamelons de sa poitrine et se rendit à Wadali. Pendant ce temps on racontait que l'enfant s’était arrêté de manger à cause d’une indisposition. D'abord l'infirmière félicita la femme du Gourou pour la naissance de l'enfant. Puis elle caressa et câlina le bébé en essayant  de lui donner  à manger. Mais l'enfant  refusa. À ce moment là, pour des raisons mystérieuses, l'infirmière s’évanouit et tomba en arrière. Quand elle reprit connaissance, elle se repentit et avoua que l'épouse de Prithia l'avait embauchée pour tuer l'enfant. L'histoire du plan diabolique de Prithia se répandit de maison en maison.

     Prithia embaucha un charmeur de serpents  et le convainquit de tuer l'enfant en l'exposant à un cobra. Il  promit au charmeur de serpents une grande quantité d'argent s'il arrivait à ses fins. Le charmeur de serpents déposa un cobra noir  dans la cour du Gourou. On dit que Har Gobind prit le  cobra sifflant avec sa main et

le tua immédiatement

     Des Sikhs venant de loin vinrent visiter Amritsar pendant l'absence du Gourou. Prithia tenta avec effort de les convaincre qu'il était  le vrai Gourou mais se fut sans succès. Alors qu’Har Gobind avait deux ans, quelques éminents Sikhs  arrivèrent à Wadali et  demandèrent au Gourou de retourner à Amritsar, ce qu’il accepta.

     Har Gobind  fut frappé par la variole d’un type très virulent. Des gens suggérèrent au Gourou de faire des offrandes à la déesse de la variole, mais il refusa  d'adorer la déesse. Il intensifia son adoration et sa méditation sur le Dieu Unique qui est le seul Créateur. A ce sujet Gourou  déclama beaucoup de Sabads dans le Raga Bilawal et  le Sorath . Par la grâce de Dieu, Har Gobind  guérit quelques

jours après.

     Prithia ne baissa pas les bras pour autant et convainquit l’un des domestiques qui veillait sur Har Gobind d'empoisonner l'enfant. Le lendemain ce dernier mit du poison dans le lait du bébé. L'enfant, cependant, refusa le lait empoisonné. Le domestique essaya de câliner Har Gobind pour qu'il boive le lait contaminé mais en vain. Quand le bébé commença à pleurer, Gourou demanda la raison de ses larmes. Le domestique répondit que l’enfant refusait de boire du lait et que quand il lui avait proposé à boire, il avait commencé à pleurer. Alors Gourou, lui-même essaya de nourrir l’enfant qui continua à refuser de boire. Alors Gourou très préoccupé de la santé de son fils prit  un peu du lait et le donna à un chien qui  tomba malade immédiatement et mourut peu après. Le domestique se rendit compte de l’ignominie de ses actes et alla se confesser auprès du Gourou et lui avoua les plans diaboliques de Prithia. Prithia devint vraiment furieux et alla à Delhi avec Sulhi Khan pour se plaindre du Gourou devant  l'Empereur. Avant son départ pour Delhi, l'autre frère du Gourou, Mahadev et  bhai Gurdas essayèrent d’apaiser Prithia mais il ne voulut pas les écouter. Sulhi Khan présenta la plainte à l'Empereur qui décida de ne pas interférer dans les affaires des hommes religieux et deuxièmement il conclut que les charges n’étaient  pas vraies. Prithia se senti écrasé à cause de la déception.

     Quand Har Gobind arriva à l'âge suffisant pour être enseigné, il fut confié à bhai Bouddha pour son éducation. Bhai Bouddha lui donna des leçons adéquates et lui apprit   l'usage des armes, les techniques offensives et défensives, à  monter à cheval,  la chimie,  l'astronomie,  la médecine,  l'agriculture,  l'administration et d'autres sciences. Gourou fut très reconnaissant à l’égard de bhai Bouddha.

 

LA COMPILATION DE L'ADI GRANTH:

 

     Prithia composait ses propres hymnes religieux qu’il présentait comme étant  des compositions de Gourou Nanak et de ses successeurs. Les gens ignorants n'avaient pas la connaissance suffisante pour faire la distinction. Gourou Arjan, par conséquent, comprit qu’il était nécessaire d’établir des règles pour guider ses disciples dans leurs devoirs religieux quotidiens. Il décida d’entreprendre  la compilation de l'Adi Granth. Dans ce but, il choisit une place éloignée et  en dehors de la ville,  appelée Ramsar. Il  y construisit un réservoir d'eau. Pour le logement, des tentes furent dressées. Gourou Arjan s’installa dans l’une d’elle,  près du réservoir et dicta les hymnes à bhai Gurdas  qui les transcrit. Les vers furent mis en ordre selon les Raagas ou  les mesures  musicales. Les hymnes du premier Gourou furent transcrits et sont les premiers hymnes de l’Adi Grant, ils sont compilés sous le nom de Mohalla 1 (Mohalla pehla), ensuite viennent ceux du seconde Gourou - Mohalla II ( Mohalla Duja) et ainsi de suite. Après les Bani des Gourous,  vinrent les vers des Bhagats ou ceux des Saints  indiens. De cette manière les  hymnes de l'Adi Granth furent donc ordonnés selon  trente  Raagas indiens classiques (dans la dernière version du Gourou Granth Sahib, telle qu’on le trouve aujourd'hui il y a 31 Raagas. Le trente et unième Raaga fut écrit par le neuvième Gourou qui fut rajouté plus tard).

 

     Quand la compilation fut terminée, Gourou écrivit alors le Mandawni, comme une sorte de conclusion et de cette manière il y apposa sa marque:

 

     "On a  trois choses mises dans le vaisseau4: la vérité, la patience,

                                                  et la méditation.

      Les ambrosiaques Noms de Dieu, le pilier de tout, sont là aussi.

      Celui qui les mange et les digère,  sera sauvé.

      Cette provision ne devrait jamais être abandonnée; ayez-le à côté de vos cœurs.

      En se souvenant des pieds de Dieu, nous traversons le monde de la Mâyâ; Nânak,

                              tout est extension de Dieu."

                              (Mundawni Mohalla 5, p-1429)

 

Après cela, le  Gourou prononça le Slok suivant:

 

     "Je ne peux pas apprécier ce que vous avez fait pour moi,

         et cependant vous m'avez fait digne.

Je ne possède aucune vertu ni  aucun mérite,  et

cependant, vous même  avez de la compassion pour moi.

      Vous montrez de la compassion et de la bonté à moi; J'ai trouvé

                                     le vrai Gourou, l'ami.

      Nanak, Si j'obtiens le Nom, je vivrai, et mon corps et

                                    mon âme se rafraîchiront."

 

                                   (Slok Mohalla 5, p-1429)

 

     Un musulman n’a pas l’habitude de lire un hymne d'un saint hindou, et de la même façon un Hindou n’a pas pour habitude d’écouter les vers religieux d’un saint Musulman. Les Hindous n’autorisaient pas un saint hindou, né dans une famille de  basse caste, à entrer dans un  temple hindou. C'était le fanatisme religieux qui prédominait en ce temps là. Gourou Arjan, par conséquent, créa un océan dans lequel toutes les rivières et les ruisseaux pouvaient se jeter, pour prendre eux-mêmes l'apparence de cet océan. La composition de cet océan fut achevée le Bhadon Vadi 1, Sambat 1661, c’est à dire le 15 août 1604  et fut appelé l'Adi Granth. Ce n’est pas un livre sacré uniquement pour les Sikhs car il a un caractère universel. Il ne contient aucune histoire sur la vie des Gourous, mais seulement la Vérité Éternelle, chaque mot est dédié à la Gloire du Dieu Tout-puissant.

    La composition de l'Adi Granth contenait les hymnes des  cinq premiers Gourous Sikh (4.840 hymnes), de 15 Bhagats (778 hymnes) - des saints hindous  (des Brahmans aussi bien que des Sudras) et des Sufis Musulmans. Ces saints étaient: Beni, Bhikhan, Dhanna, Farid, Jai Dev, Kabir, Nam Dev, Parmanand, Pipa,  Ramanand, Ravidas, Sain, Sadhna, Sur Das et Trilochan. Il a aussi les hymnes de 11 Ménestrels (121 hymnes, certains disent  123).

Ces ménestrels étaient tous des Brahmans et  devinrent les Sikhs du Gourou, ils se nommaient : Kal, Jalap, Bhika, Sal, Bhal, Nal, Bal, Gyand, Mathura, Kirat et Harbans. Il a aussi "Vars" de Satta et Balwand, "Ramkali Sadd" de Baba Sundar et les "Sabads" de Bhai Mardana, le ménestrel de Gourou Nanak (17 hymnes). Au total, il y a 5.756 hymnes, mais certains parlent de 5.758.

 

    Le Bhadon Sudi premier, Sambat 1661, c’est à dire le 30 août 1604, l'Adi Granth fut installé dans l’ Hari Mandar (Temple D'or, Amritsar) et  bhai Bouddha fut nommé  premier Granthi (prêtre). Le Gourou Granth Sahib fut ouvert au hasard et le premier passage fut lu à partir du haut de la page de gauche et  fut considéré comme étant l’Ordre Divin du jour. L'ordre qui suit fut récité ce jour là:

 

            "Dieu lui-même est venu pour réaliser la Tâche de ses Saints;

                         Il est venu pour faire nos Tâches.

             Et, maintenant il a béni la Mare du monde et le Nectar

                        avec quoi il la rempli.

             Plein au bord avec le  Nectar de Dieu, la Bénédiction de Dieu sur nous est parfaite

                        et tous nos vœux sont accomplis.

             Et notre victoire résonne au milieu de l'univers, et tous nos malheurs s'en vont.

             Les Védas et les Puranas chantent l'éloge du Parfait,

                        Le Seigneur tout puissant, l'Éternel et l'Impérissable.

             Le Seigneur a l'honneur d'une Nature innée et Nanak a

                        médité sur le Nom du Seigneur."

                                                            (Suhi Moh. 5, p-783)

 

LA JALOUSIE DE PRITHI CHAND :

 

     Prithia s’adressa aux Qazis et aux Pandits qui avaient de l'inimitié envers Gourou à cause de sa compilation de l'Adi Granth et les amena à déposer une plainte auprès de l'Empereur contre Gourou Arjan qui d’après eux avait compilé un livre sacré dans lequel les musulmans et les prophètes hindous étaient injuriés. Suite à cela, l'Empereur demanda au Gourou de se présenter devant lui et de lui apporter l'Adi Granth. Gourou n’y alla pas lui-même, mais il  envoya  bhai Bouddha et  bhai Gurdas pour lire à l'Empereur des passages de l'Adi Granth. Ils  lurent beaucoup de sabads à l'Empereur Akbar qui en fut très content. Il ajouta:  «  A part de l'amour et de la dévotion à Dieu, je ne trouve aucune médisance ni aucune offense dans l’Adi Granth, C’est un livre digne de respect". Les calomniateurs et les ennemis du Gourou s’étonnèrent. L'empereur Akbar donna des Siropas (vêtements d'honneur) à bhai Bouddha et à bhai Gurdas, et leur promit de rendre visite au Gourou à son retour de Lahore.

     Akbar rendit visite au Gourou, comme il l'avait promis, lors de son retour à Delhi. Il fut charmé et fasciné par la sainte présence du Gourou. L'empereur partagea  l'hospitalité du Gourou et  pria pour qu’il puisse contribuer à assurer  le bien-être spirituel et temporel et le bonheur. Gourou  répondit: "Le bien-être et le bonheur des monarques dépendent de la protection qu’ils offrent à leurs sujets et de leur volonté à faire régner la justice." Gourou affirma alors qu'il y avait une grande famine dans la région et que les cultivateurs avaient besoin de la considération de Sa Majesté. L'empereur supprima les impôts du Penjab cette année là. La célébrité du Gourou et son influence  augmentèrent grâce au respect que l'empereur lui  montra. Ce qui eut pour effet de causer une grande colère  à Prithia.

 

 

LE MARTYRE DE GOUROU ARJAN:

 

     Pendant la période  durant laquelle Gourou Arjan conduisit la communauté sikhe, une foule de gens se  convertit au Sikhisme dans la région du Penjab et dans  plusieurs autres lieux en Inde et même dans les pays voisins. On  dit que les Rajas des montagnes de Kulu, Suket, Haripur et Chamba visitèrent Gourou et  devinrent ses disciples comme le fit le Raja de Mandi. La célébrité du Gourou et son influence se  répandirent.

     En ce temps là, Chandu Lal était le "Diwan" (le conseiller financier) de l'Empereur Akbar. Il était un Khatri de part sa caste et était du village de Rohela dans le district de Gurdaspur au Penjab. Ses devoirs de fonctionnaire l'obligeaient à résider à Delhi. Il avait une fille d'une beauté extrême. Un jour sa mère dit à son père: "Notre fille  arrive en âge d’être mariée. Nous devons chercher un mari pour elle". Alors, Chandu Lal, envoya le prêtre de la famille et son barbier chercher un fiancé convenable pour sa fille. Le prêtre et le  barbier cherchèrent dans chaque ville du Penjab, mais ils ne purent  trouver un fiancé satisfaisant. Un peu plus tard, la femme de Chandu insista à nouveau afin qu'ils continuent leurs efforts. Ainsi le prêtre et le coiffeur5 continuèrent à chercher un fiancé.  Pendant qu’ils cherchaient, alors qu’ils se trouvaient à Lahore, ils entendirent parler du jeune fils du Gourou, Har Gobind. Ils allèrent  à Amritsar et trouvèrent qu’Har Gobind était le mari idéal  pour la jeune fille. Ils s’en retournèrent et informèrent  Chandu Lal de leur découverte.  Ils donnèrent leur point de vue quant à  l'excellence d’Har Gobind et le grand respect  que les gens  d'Amritsar avaient pour son père. Chandu ne fut pas content en entendant les éloges faites au Gourou et  demanda au prêtre et au barbier, " pensez-vous qu’il est égal à moi? La caste du Gourou est inférieure à la mienne et pourtant il est vénéré par ses partisans"

     Le mari et la femme discutèrent pendant toute la nuit à ce sujet, enfin ils  décidèrent que Sada Kaur (leur fille) devait être donnée en mariage à Har Gobind. Alors les cadeaux de mariage furent envoyés  à Amritsar.

     Les propos tenus par Chandu à propos du Gourou étaient arrivés jusqu’aux oreilles  des Sikhs de Delhi. Ils décidèrent d’envoyer un messager avec une lettre qui expliquait  les déclarations de Chandu et ils se  mirent à prier pour que Gourou refuse cette alliance. Les Sikhs de Delhi ainsi que ceux d'Amritsar prièrent pour que l'alliance avec Chandu, qui était un homme arrogant,  ne fût pas acceptée. Alors Gourou fut obligé d'accepter le conseil des Sikhs et ainsi avec une grande humilité il  dit au faiseur de mariages: "je suis satisfait de mon humble condition et je ne désire pas une alliance avec quelqu’un de grand."

     Pendant que les marieurs persistaient  encore, le Sikh Narain Das, un petit-fils de bhai Paro (un Sikh célèbre de Gourou Amar Das) se mit debout  face à la congrégation et pria Gourou: "Oh! Roi, je suis la poussière de vos pieds de lotus. J'ai une fille que ma femme et moi  avions juré d'offrir à votre fils. Si vous  faisiez d’elle une esclave à vos pieds, j’en serais très heureux. Je suis un pauvre Sikh sans honneur et vous, vous êtes l'honneur des sans honneur". Gourou répondit: "Si vous avez de l'amour dans votre coeur, alors votre proposition m’est acceptable". A ces mots Narain Das  alla acheter les cadeaux du mariage et la cérémonie fut exécutée. Alors un autre Sikh, Hari Chand se mit debout et à voix haute dit, "OH,  mon vrai roi, j'ai juré de donner ma fille à votre fils. Si ma requête vous plaît, je donnerai ma fille comme domestique à Har Gobind". D'abord Gourou ne voulut pas accepter une deuxième femme pour son fils, mais il décida qu'il ne pouvait refuser l'offre d'un fidèle Sikh6.

     Tout cela s'était passé en la présence des messagers de Chandu qui retournèrent  à Delhi et ils attristèrent leur maître avec ces nouvelles. Chandu était si irrité qu’il écrivit une lettre au Gourou pour s'excuser de ses propos à son égard. Il disait au Gourou que s'il acceptait son alliance, il donnerait une grande dote à sa fille et il interviendrait auprès de l’Empereur en sa faveur. À la fin, il fit remarquer au Gourou qu'il était déjà en mauvais termes avec son frère Prithia Chand et s'il se disputait avec lui aussi, il pourrait  allumer un feu si ardant qu’il serait difficile à éteindre.

     Il fit envoyer la lettre par le prêtre. LeGourou après l’avoir lue, dit: "C’est la fierté qui ruine les hommes. L'homme souffre à cause de ses actes. Ceux qui se joignent au Créateur,  restent unis et ceux qui se joignent à d’autres hommes, ne restent pas unis. C'est la règle du Gourou que d’obéir aux dires de ses Sikhs,  leurs paroles sont immuables.  Quant aux menaces de Chandu, je n'en ai pas peur car Dieu est le gardien de tout". Le prêtre retourna  avec ce message. Cela qui ne fit qu’accentuer les méchantes intentions de Chandu envers Gourou.

    Peu de temps après l'Empereur Akbar  mourut et son fils Jahangir s'assit sur le trône. Akbar avait nommé son petit-fils Khusro comme assistant de son fils. Khusro demanda les régions du Penjab et d'Afghanistan mais son père, Jahangir, n'était pas disposé à les lui concéder et il ordonna l'arrestation de Khusro, mais celui-ci s'échappa et partit vers l'Afghanistan. Sur son chemin, il rendit visite au Gourou à Tarn Taran et lui dit qu'il était sans aucun ami, isolé  et pauvre. En plus il n'avait pas d'argent pour voyager. Ainsi, il demanda au Gourou de l'argent.

     Auparavant, Khusro avait rendu visite au Gourou avec son grand-père Akbar, par conséquent, il était  connu comme un prince. Deuxièmement, dans la maison du Gourou tout le monde - l'ami ou l'ennemi, le roi ou l'indigent- était traité de façon égale. Gourou savait ce qui allait arriver mais en voyant la situation critique du prince, il lui donna une aide financière7. Cependant, alors que Khusro traversait Jehlum, il fut fait prisonnier par les forces impériales qui l'emmenèrent  à son père Jahangir.

     Prithia continuait à recueillir l'assistance et la coopération de Sulhi Khan contre Gourou. Sous  prétexte de collecter les impôts dans la région du  Penjab, Sulhi Khan obtint la  permission de la part de l'Empereur, de quitter la cour. Sur son chemin il visita Prithia au village Kotha où ils échafaudèrent des plans pour détruire Gourou.  Prithia emmena Sulhi Khan pour lui montrer ses fours à briques, il y rencontra la mort puisqu’il tomba accidentellement dans un four à brique.

     Prithia était très attristé  par  la mort de son allié. Ainsi profitant des circonstances, Chandu vint à son secours et remplit le vide laissé par Sulhi Khan. Prithia était prêt à aider Chandu dans ses projets infâmes contre Gourou. Il répondit à celui-ci par une autre lettre dans laquelle il lui racontait comment Gourou l’avait  privé de son droit de succéder au Gourou précèdent. Donc il était déjà son ennemi; et il serait très heureux de l’aider à le punir. Dans sa lettre il demandait à Chandu d'utiliser son influence sur l'Empereur pour amener Gourou devant la justice. Ainsi, tous les deux, ils préparèrent un plan pour provoquer la visite de l'Empereur au Penjab où ils auraient l’opportunité d’organiser une conspiration contre Gourou.

     Le plan de Chandu fut couronné  de succès, puisque l'Empereur vint au Penjab quelque temps après. Chandu raconta à l'Empereur que Gourou Arjan  agissait en tant que rival au Penjab, en cachant des voleurs et en exerçant une autorité indépendante. Suite à cette conversation, l'Empereur  envoya un ordre au Gourou par le biais de Sulabi Khan, le neveu du feu Sulhi Khan,  lui demandant de s'abstenir de telles pratiques. Au cours de son voyage à Amritsar, Sulabi Khan se battit contre quelques Pathans et il fut tué. Quand Chandu apprit la nouvelle de la mort de Sulabi Khan, il convainquit  l'Empereur que cela était arrivé à cause des machinations du Gourou. Il ajouta qu'Arjan Dev avait fait beaucoup de mauvaises actions comme celles-la. Par exemple, Gourou avait privé son frère aîné Prithia Chand de ses droits de succession et il cherchait à déposséder aussi les Hindous et les Musulmans de leur religion. Alors, l'Empereur demanda à Prithia d'aller lui rendre visite; il fut enchanté de cette invitation. Il  se prépara pour aller chez l'empereur mais après le dîner il  eut une douleur d’estomac et il  mourut cette nuit là.

     Après sa mort, Meharban, le fils de Prithia, ne perdit pas de temps  et il informa Chandu, afin que ce dernier avertisse l'Empereur que Gourou avait béni Khusro et lui avait promis qu'il deviendrait l'Empereur. L'Empereur fut aussi informé que les Pundits et les Qazis étaient furieux à cause de la compilation de l'Adi Granth, qui  blasphémait les règles culturelles des Hindous, la prière et le jeûne des Musulmans. Grâce à ces accusations, Chandu convainquit  l'Empereur de convoquer  Gourou Arjan.

 

     L'Empereur Jahangir écrit dans son autobiographie:

 

     "À Goindwal, qui est sur les bords de la rivière Biyah (Beas), il y avait      

      un Hindou  nommé Arjan, vêtu comme un saint et qui avait réussit à capturer beaucoup de cœur de simples hindous, y compris d’ignorants  partisans de l’Islam et  ils avaient fait résonner très fort le tambour de sa sainteté. Ils l'appelaient "Gourou" et de  partout  les gens simples  arrivaient et se réunissaient pour l’adorer et lui manifester une foi absolue. Pendant trois ou quatre générations  (de successeurs spirituels) les gens se regroupèrent autour du Gourou. De nombreuses fois me vint à l'esprit de mettre  fin à cette affaire ou de convoquer  Arjan devant l'assemblée.

      Enfin, quand Khusro visita Goindwal, il décida  de s'arrêter à l’endroit où Gourou résidait,  ce dernier  sortit de chez-lui  et le salua. Il se comporta d'une manière étrange et avec le doigt il apposa une trace de safran sur le front de Khusro,  que les Indiens appellent Qashqa et qui est considérée comme un signe de bonne augure. Quand cela arriva à mes oreilles, j’ordonna qu’il soit emmené devant moi, et après avoir confié ses maisons, toutes ses autres propriétés, et  ses enfants à Murtaza Khan (le Sheikh Farid Bukhari), j’ordonnai la peine de mort par la torture."

 Les évènements suivants provoqués par l’Empereur eurent pour résultat le martyre du Gourou:

     D'abord, son frère aîné, Prithia Chand consacra sa vie entière à faire du mal au Gourou, de toutes les manières possibles. Puis la rancune de Chandu qui ne put conclure le mariage de sa fille avec le fils du Gourou. Avec de la jalousie plein le cœur, ces hommes imaginèrent l'histoire de Khusro afin de mettre en colère l'empereur Jahangir, ce qui jeta de  l'huile sur le feu. Un autre prétexte fut l'influence grandissante du Gourou qui avait converti des foules d’Hindous et de Musulmans,  créant l’agitation dans l’esprit des Pundit (Brahmans) et des Qazis (prêtres Musulmans). La compilation de l'Adi Granth infligea  un coup sérieux aux autres religions. À cause de tout cela Gourou Arjan fut la victime de l’intolérance et de l’inhumanité de l'Empereur Musulman.

     Avant son départ pour Lahore, Gourou nomma son fils, Har Gobind comme son successeur et  donna ses directives. Il prit cinq Sikhs avec lui: bhai Bidhi Chand,  bhai Langaha,  bhai Piara,  bhai Jetha, et  bhai  Pirana. Quelques écrivains disent que l'Empereur Jahangir  alla au Cachemire avant l'arrivée du Gourou à Lahore. L'Empereur Jahangir dit au Gourou: "Vous êtes un saint, un grand maître, et un homme religieux; Vous protégez  tous les êtres, le riche et  le pauvre. Mais il n’a pas été prudent de votre part de donner de l'argent à mon ennemi Khusro". Gourou répondit: "je respecte tous les gens, aussi bien les Hindous que les Musulmans, les riches que les pauvres, l'ami ou l'ennemi, comme étant tous égaux; c’est pour cela que j’ai donné de l'argent à votre fils pour son voyage, et non pas parce qu'il était contre vous. Si je ne l'avais pas aidé alors qu’il se trouvait dans une situation désespérée, j’aurais manqué de considération à la gentillesse de votre père, l'Empereur Akba, qu’il avait manifestée à mon égard, ainsi tous les hommes m'auraient méprisé à cause de ma dureté de cœur et de mon ingratitude, ou ils auraient pensé que j'avais peur de vous. Cela  aurait été indigne d'un partisan de Gourou Nanak"

     La réponse du Gourou ne  plut pas à Jahangir qui  lui ordonna de payer deux lakhs de roupies (deux cents mille  roupies), et de supprimer aussi les hymnes dans l'Adi Granth qui s’opposaient  à l’hindouisme et à l’Islam. Gourou répondit: "Quel que soit  l'argent que j'ai, c’est pour le pauvre, pour celui qui est abandonné et pour l'étranger. Si vous désirez de l'argent, vous pouvez prendre tout ce que j'aie; mais si vous le demandez sous forme d’amende je ne vous donnerai pas un païse, car une amende est donnée à des personnes mauvaises et non pas à des prêtres et des saints. En ce qui concerne la suppression  des hymnes de l'Adi Granth, je ne peux  effacer ou changer un signe. Je suis un dévot du Dieu immortel. Il n'y a aucun monarque à l'exception de Lui; et ce qu’il révéla aux Gourous, de  Gourou Nanak à Gourou Ram Das, puis à moi-même,  est  écrit dans l'Adi Granth. Les hymnes contenus dans l'Adi Granth ne sont pas irrespectueux vis à vis des hindous ou des prophètes musulmans. Il est affirmé que les prophètes, les prêtres, et les incarnations sont l’œuvre du Dieu Immortel dont les limites ne peuvent être connues. Ma tâche principale est de prêcher la vérité et la destruction de la fausseté. Si pour poursuivre ce but, mon corps mortel doit périr, j’estime que cela est une grande chance."

     L'Empereur  partit et Gourou fut placé sous la surveillance de Chandu. Quelques écrivains disent que l'exécution de Gourou Arjan fut ni plus ni moins que la punition habituelle infligée aux mauvais payeurs. Ces écrivains ignoraient totalement la tradition Sikh.

Quand les Sikhs de Lahore eurent connaissance de l'amende, de deux lakhs (cent mille ) de roupies, ils décidèrent de collecter l'argent afin de décharger Gourou de ce paiement Mais Gourou fit une remarque sévère aux Sikhs, en disant que toute personne qui contribuerait à  payer son amende,  ne serait pas considéré comme son Sikh. » C’était une affaire de principes. Les amendes sont pour des voleurs, les calomniateurs et les méchants. Les hommes qui se consacrent  à la religion n'appartiennent pas à cette catégorie, et  il n’y a pas de raison d’affirmer  que l'exécution du Gourou fut une punition habituelle. Les Qazis et les Brahmans  proposèrent des alternatives au Gourou: celle de troquer la peine de mort contre le  retrait des passages inacceptables de l'Adi Granth et celle d’insérer des louanges à Mohammad et aux divinités hindoues. Mais Gourou resta ferme dans sa position.

     Gourou Arjan fut obligé de s'asseoir sur une plaque en fer rouge brûlante et on déversa sur son corps nu du sable brûlant. On le mit aussi dans un chaudron très chaud et dans lequel on versa de l'eau bouillante. Le corps du Gourou  était complètement brûlé et plein de boursouflures.

     Son ami et dévot, Mian Mir, un saint musulman, se précipita pour le voir. Mais quand Mian Mir vit la scène horrible, il pleura et dit: "Oh Maître ! Je ne peux pas supporter  de voir ces horreurs qui vous sont infligées. Si vous m'autorisez, je détruirai ces méthodes tyranniques."

    Gourou sourit et demanda à Mian Mir de regarder vers les cieux. Il est dit que Mian Mir vit des Anges demandant l'autorisation du Gourou pour détruire les méchants et les fiers.

     Alors Gourou dit : "Mian Mir, vous vous êtes inquiété  trop vite. C'est la volonté de mon Maître, Dieu, et je  m’y soumets allégrement". Gourou répéta ces mots:

 

 

                                         "Tera kia meetha lagei

                                           Har  nam padarath  Nanak mangei."

    

                                                                 (Asa Mohalla 5, p-394)

              

     '                                   Que votre volonté soit douce, mon Seigneur,

                                            Nanak vous prie le cadeau de Nam. '

                                                               

                                            (Traduction du précité)

 

   Le  Gourou pendant toutes ces tortures resta  serein  et jamais il ne laissa échapper un soupir ou un gémissement.

     Gourou était serein!

     Gourou resta  calme

      et imperturbable comme la mer!

     Gourou était dans une Béatitude Absolue!

     C’était la magnificence du Seigneur - un exemple qui n'a pas de pareil dans l'histoire de l'humanité.

 

     Mian Mir demanda pourquoi il endurait cette douleur aux mains de ses pêcheurs alors qu’il avait des supers- pouvoirs? Gourou répondit: "je supporte  cette torture pour donner un exemple à ceux qui enseignent le Vrai Nom, qu'ils ne perdent pas patience ou ne se répandent pas en plaintes. La véritable épreuve de la  foi est l'heure de la misère. Sans exemples pour les guider, les personnes ordinaires fléchissent devant la souffrance". À ce moment là, Mian Mir commença à prononcer et chanter des éloges au sujet du courage du Gourou.

 

     A nouveau le  Gourou reçut l'ordre d'obéir à ses ennemis. Mais quand il fut menacé  de  tortures supplémentaires, il répondit: "Oh, imbéciles! Je ne craindrai jamais aucune torture. Tout cela fait partie de la volonté de Dieu". Il prononça  le Sabad suivant:

 

     "On a réduit en miettes le fragile œuf de la superstition; et l'esprit est resté illuminé,

      Gourou a coupé les liens des pieds et il a libéré le captif.

      Ma transmigration est à l'étape finale.

      La chaudière chaude est devenue froide; Gourou a dit

                                                  le Nom refroidissant.

      À partir que le saint homme fut moi, les myrmidons de la Mort qui m'attendirent, me quittèrent.  Ils me libérèrent de celui qui me retenait!

                                        Qu'est-ce que le juge peut me faire maintenant?

      La charge du karma a été enlevée; je suis libéré de celle- là.

      De la mer j'étais arrivé à la plage:

      Gourou m'a fait cette faveur.

      C'est vraie ma place, c'est vrai mon siège, et j'ai fait la vérité mon principe major                              

      La vérité est le capital; la vérité est la monnaie commerciale que Nanak a mis chez lui."

 

                                   (Maru Mohalla 5, p-1002)

 

     Chandu pensa pouvoir étouffer Gourou en l’enfermant dans une peau  de vache. Au lieu de cela Gourou demanda  de prendre un bain dans la rivière Ravi qui  coule prés des murs de la ville de Lahore. Chandu  pensa que le corps du Gourou couvert  de boursouflures serait encore plus douloureux  quand il serait immergé dans l'eau froide, ainsi il l’autorisa à se baigner. Les soldats furent envoyés  pour escorter Gourou. Les disciples du Maître le regardèrent partir. Il les regarda et il leur interdit toute action pour le défendre. Il  dit: "C'est la Volonté de mon Dieu, soumettez-vous à la Volonté Divine, ne faites rien, restez  calme face à  tous ces malheurs."

 

     Les foules  regardèrent le Maître debout dans l'eau et il plongea. La lumière se mélangea avec la Lumière et le corps ne fut pas retrouvé. Salut au Maître! Vous êtes un merveilleux martyre, le plus grand. Vous êtes le plus Grand! LOUÉ SOIT LE DIEU TOUT-PUISSAN!

 

 

Dans le Sikhisme il y a  la même accentuation sur le  renoncement qui existe chez les  autres cultes ascétiques, que l’on appelle Raza o Bhana (la Volonté de Dieu). C'est un état d'esprit dans lequel on accepte clairement la Volonté Divine. La doctrine de Bhana est l'acceptation de la Volonté de Dieu et cette doctrine est le cœur de la foi Sikh. Un esprit illuminé vit selon les ordres intérieurs de Son Hukam (ordre). Il est nécessaire d’être soumis  et d’avoir une patience infinie pour être fidèle à la volonté divine. Gourou Arjan  sema la graine du martyre qui  grandit  après sa mort, cela devint l'héritage des Sikhs.

 

            Pour justifier et montrer que prophètes et saints peuvent conquérir la mort et la souffrance,  deux Gourous Sikhs et d’ innombrables Sikhs souffrirent le martyre. Ils firent cela pour montrer au monde leur croyance en l'éternité de leur esprit et pour montrer aussi le courage qu'ils acquirent grâce à l’amour de Dieu. C’est une leçon au monde qui nous enseigne que la véritable dévotion à Dieu transcende les peines de la vie. Le Maître n’est pas indifférent à la valeur et à la souffrance des dévots prisonniers des méchants. Sauver et défendre  est sa caractéristique. Il prend soin de  la dévotion de ses disciples et protége ses prophètes et ses saints.

     C'était le quatrième jour de la première moitié du mois de Jeth, Sambat 1663 (le 30 mai 1606 A.D.).

 

 

 



1 Le travail ne fut interféré d’aucune direction.

2 Ramdas ici signifie aussi Serviteur de Dieu.

3 John Clark Archer écrit dans son livre ‘The Sikhs’, que Har Gobind n’était pas fils naturel de Gourou Arjan mais d’adoption. Cependant nous lisons dans la Sabad ci-dessus que leGourou remercia Dieu de l’avoir béni avec la naissance de son fils. Aussi, tout le monde sikh croit que Gourou Har Gobind était le fils de Gourou Arjan.

4 Cela signifie Gourou Granth Sahib.

5 Il était d’usage en ces temps-là, d’envoyer le prêtre et le barbier de la famille chercher un fiancé convenable.

6 Les Gourous étaient tenus en si grande estime que fréquemment les gens religieux leur vouaient leur vie, leurs enfants et leurs propriétés. Nombreux Sikhs promettaient à la naissance de leurs filles que celles-ci seraient vouées au  Gourou ou à quelqu’un de ses proches. Personne ne pouvait les épouser, sauf ceux  auquels elles avaient été vouées.

7 Comme nous verrons plus tard, Jahangir écrivit que Gourou fit un tilak (signe) de saffran sur le front de Khusro qui impliquait que Gourou le bénissait avec l’Empire. Ceci ne fut pas vrai. Il paraît que ce fut une histoire arrangée par les ennemis de Gourou pour monter Jahangir contre lui.