UN BREF APPERCU DES FONDEMENTS DU SIKHISME

 

            Les graines pour la réforme de l'humanité qui avaient été semées par Gourou Nânak, arrosées par ses successeurs, ont mûri à l’époque de Gourou Gobind Singh et ont abouti à la création du Khalsa. L'épée qui a gravé le  chemin du Khalsa afin de sublimer la Gloire  a été forgée sans aucun doute par Gourou Gobind Singh mais son acier a été fourni par Gourou Nânak. Le programme  d’initiation de Gourou Nânak  a atteint  son but final quand le dixième Gourou Nânak (Gourou Gobind Singh) a transmis la Lumière Divine de Gourou Nânak – JOT à  l'Adi Granth, l’Écriture Sacrée  par excellence,  et l'a proclamé Gourou Granth Sahib, le dernier Gourou pour toujours.

            A partir de sa création  par Gourou Nânak jusqu’à sa consécration par le dixième Maître, Gourou Gobind Singh,  une période de 239 années, le  Sikhisme a acquis son Écriture Sacrée,  ses signes et symboles, et son indubitable forme. La succession d'un Gourou à l'autre s'est faite de la même façon qu’une lampe est  allumée par une autre lampe. Les dix Gourous sont reconnus comme étant  UN, car tous émanent  de la même Flamme Divine dans la continuité de la même Mission Divine. L'établissement des Gourous, l'histoire de leur succession, la fondation d'Amritsar et des autres sièges du Sikhisme, la compilation de l'Adi Granth, l'institution de la Sangat (assemblée sacrée) et la Pangat (regroupement de l’assemblée pour partager le repas gratuit du Gourou), le martyre des Gourous,  les symboles de la puissance, l'investiture du Khalsa, tout  ceci et beaucoup d'autres événements qui font l’histoire sikh,  donnent à la religion sikh une marque de la plus haute distinction.

            Dans le Sikhisme, la succession des Gourous ne correspond pas à un ordre  de mystiques,  car Gourou  n’attache aucune valeur à la renonciation  à la vie de ce monde. Ceux qui pratiquent le renoncement  comme les Yogis et Sidhas  sont  considérés comme des personnes cherchant à fuire leurs responsabilités  et leurs obligations sociales. Dans le Sikhisme l’être humain est appelé  à accepter la Volonté de Dieu afin de sublimer sa souffrance. Le Sikhisme croit à la conquête de la peine et de la souffrance, en prônant l'effort incessant.

 

L’ÉTHIQUE ET LA MORALE:

 

            Gourou Nânak a établi trois  principaux axes de conduite quotidienne:

 

 1. Naam Japo: Remémoration constante de Dieu (méditation) car comme un corps est mort sans la vie,  la vie elle-même est morte sans Naam (Nom de Dieu).

                          L’essentiel est le Naam.

 2. Kirat Karo: Gagnez votre vie de façon honnête.

 3. Vand Chhako:En Son Nom, partagez  les fruits de votre travail comme signe d'amour  et de compassion envers l’espèce humaine.

                

 L’accent ait mis sur différents points :

 

  a) Vivre honnêtement: La Religion Sikh est construite sur des bases d’une foi

          vivante et une vie honnête. Gourou dit: "la Vérité est grande mais plus grande encore est de  vivre   honnêtement."

                                                            (Sri Raag Moh. 1, p-62  Gouou Granth Sahib)

  b) Restriction Morale: L’adultère est absolument interdit dans la Religion Sikh.

  c) Ne pas fumer et ne pas consommer de drogues.

  d) Ne pas pratiquer la Calomnie (fausseté ou mépris).

 

 

LE BUT DE LA VIE:

           

            D'après Gourou, une vie morale n'est pas une simple question de quelques commandements, de quelques codes ou rituels, mais le fruit d'une vie  dirigée vers une quête spirituelle qui implique une discipline incroyablement dure. La plupart des gens croient en la nécessité d’une  vie matérialiste. Donc, la vie se déroule jusqu’à ce que les  personnes se retrouvent finalement physiquement épuisées et spirituellement ruinée.  Fasciné par le charme du succès dans ce monde matérialiste, on donne peu ou aucune importance aux valeurs Éternelles de la vie.

            D'après les religions orientales, il y a quatre-vingt-quatre lakhs (84 millions) de vies dans le monde, la moitié se trouve dans l'eau et l’autre moitié se trouve sur la  terre et dans l’air. Toute  vie est transitoire. Elle se déplace à travers la roue de la transmigration selon  les ' karmas ou les actions  bonnes ou mauvaises de chacun. L'âme humaine est accomplie après avoir migré à travers différentes espèces inférieures comme Gurbani (le Mot Divin) le confirme:

 

"Dans combien  des naissances tu as été un ver ou un papillon de nuit!              

Dans combien de naissances un éléphant, un poisson, ou un cerf!          

Dans combien de naissances un oiseau ou un serpent!                     

Dans combien  des naissances tu as été attaché comme un cheval ou un bœuf!     

Rencontre le Seigneur du monde, c'est le temps de le rencontrer    

Après une  longue période de temps tu auras atteint le corps humain".

(Gauri Guareri Mohalla 5, p-176)

Le Gurmat (L’enseignement duGourou) définit le but de la vie comme suit:

 

"Ce temps où tu as été né comme un être  humain                        

te donne l’occasion de rencontrer le Seigneur Suprême.                  

car toutes les autres activités ne seront d'aucune utilité à la fin,        

Cherche la compagnie des hommes sacrés                             

Et  médite seulement  sur Dieu.                                

 fais attention  en traversant la mer de la vie,                   

car la vie se perd                               

Dans la poursuite des plaisirs du monde."

                                                                        (Asa Mohalla 5, p-12)

 

L'âme humaine est la porte pour la  libération, mais  ensorcelé par le monde matérialiste, nous perdons la  précieuse chance qu’est  la vie.

 

"Ô mortels, vous venez gagner le mérite (spirituel)                

Mais vous vous portez de manière banale                             

Pendant qu’on pense que  la nuit est encore loin.”

 

                                                                        (Sri Rag Mohalla 5, p-43)

 

"Endormi l'homme traverse  la nuit,                    

Il Mange et il dépense la journée                             

Et voici que  le Bijou de la vie est échangé pour un objet banal."

 

                                                                        (Gauri Bairagan Mohalla 1, p-156)

 

"Ayant divagué à travers quatre-vingt-quatre lakhs d'espèce        

Tu  as obtenu la précieuse vie  humaine,            

Nânak, souviens-toi alors du Nam                           

Pense que tes jours sont comptés."

                                                                        (Sri Rag Mohalla 5, p-50)

 

"Sans le Nom de Dieu, la naissance dans ce monde est infructueuse,  

Sans Nam on mange du poison,  le mal se manifeste, on meurt sans aucun mérite et migre."

 

                                                                        (Bhairo Mohalla 1, p-1127)

 

"O Dieu, les mères de ceux qui ne gardent pas le Nom de Dieu dans leur              

                                         cœurs devraient  avoir été stériles,   

Car celui qui divague sans le Nom, se plaint et meurt en éternelle agonie."

 

                                                                        (Jaitsari Mohalla 4, p-697)

 

      Dans le Sikhisme, le but de la vie n’est  pas d’atteindre le paradis ou Swarga selon la conception populaire hindoue, mais de chercher Dieu, et d’être uni avec Lui. L'objectif ultime de la religion Sikh est de s’immerger et de ne faire qu’un avec l’Ame Suprême et de goûter à la Félicité pour toujours. Un Sikh aspire à l’union spirituelle avec le Seigneur - un état de Béatitude. La vie offre l’occasion d’atteindre cet objectif, si l’on manque cette opportunité, on retombe dans le cycle de la naissance et de la renaissance.

 

 

LE CONCEPT DE DIEU DANS LE SIKHISME:

 

            La définition de Dieu est donnée dans les toutes premières phrases  du Gourou Granth Sahib, ce passage est appelé Mool-Mantar (Préambule du Japji):

 

Il n’y en a qu’Un Seul Dieu                                        

Son nom est vérité                                     

Il est Le Créateur de toutes choses,                    

Il est Sans peur et sans inimitié,                          

Il est intemporel, non-né, existant par lui-même

On ne peut le réaliser que par la Grâce du Gourou.      

Méditez                                                

Il était au commencement                             

Il fut dans tous les âges               

Ô Nânak, l’Unique Vérité est, fut et sera à jamais.

 

En fait, la totalité du Gourou Granth Sahib est l'explication de la définition précitée. Gourou développe le concept de Dieu dans Rag Sorath:

 

 L'Inapréhensible Dieu, occulte, infini, inaccessible n'est pas

                                    sujet à la  mort ou au destin.  

Il n’a aucune caste, il est inné, autosuffisant,

qui n’a pas de peur ou de doute.                        

Je suis un sacrifice du plus Véritable des Véritables.                 

Il n’aucune forme, couleur, ou contour;

Il est présent et se manifeste par le vrai Mot.             

Il n’aucune mère, aucun père, fils, ou parent;

Il méconnaît le désire  et n’a  pas de femme ni famille,         

Il est pur, interminable, et infini; toute la lumière est

                               à Vous, Ô, Seigneur.                

Dieu réside dans chaque coeur; Sa lumière vit dans chaque coeur. 

Il la porte à ceux qui par sa compréhension adamantine les portes sont ouvertes par

l'instruction de Gourou, 

fixez le  regard sur le Seigneur.    

Dieu  créa les animaux les faisant sujets à mourir, et retint toutes les vertus de Son Propre pouvoir. 

Celui qui sert le Vrai  Gourou obtiendra la Grâce éternelle

et il sera libre juste répétant le mot

La Vérité vit dans la pureté des cœurs

Il y a trĕs peu d’actions considérées pures

Ayant la protection, dit Nânak, l’Ame retrouve l’esprit suprême

                                    (Sorath Mohlla 1, p. 597)

 

 

 

 

            Dieu est à la fois: Impersonnel (Nirgun) et Personnel (Sargun). Le Dieu Impersonnel est Sans Forme et hors de portée de la compréhension humaine. Quand Il se révèle à travers  Sa Création,  Il devient proche et personnel, Manifeste. C’est un peu comme les rayons qui jaillissent du soleil. La source est Informe, et l'univers entier est Sa forme Manifeste. Aucune forme finie même unique n’est indépendante de Lui. L’Infini peut se manifester sous un nombre illimité de formes, mais aucune de ces formes finies, seules ou ensembles, ne peuvent  être égales à l'Infini. Ainsi toute forme finie ne peut être vénérée comme Dieu, Qui est Infini et Sans Forme:

 

"Dieu est Informe, incolore, sans marques,                       

Il n’appartient pas à une caste, sans classes, ni croyance;                      

Sa forme, sa teinte,  et par apparence                               

Ne peuvent  être décrits par personne,                             

Il est l'Esprit de l’Éternité,                               

Lui-même a sa lumière, Il brille de toute sa grandeur."

                                                                        (Gourou Gobind Singh)

 

Dieu est non-né et il est immortel:

 

"Brûlé soit la langue qui dit                               

Le Seigneur prend la naissance et subit la mort de lui-même

 

                                                                        (Bhairon Mohalla 5, p-1136)

 

Gourou a dit qu'il n'était pas Dieu, et ceux qui l'ont appelé Dieu, iront en enfer:

 

"Tout ce qui m’appelle Dieu                                    

Tombe en enfer."

                                                                        (Gourou Gobind Singh)

 

 

 

            i) Dieu protège Ses saints et ses disciples des dangers, à moins qu’Il ne veuille que leurs souffrances et leurs martyrs puissent servir à une grande cause. Protéger les vertueux est Sa Caractéristique Suprême (Birdh). Face à certains grands dangers, les saints ont prié afin d’obtenir l’aide et l’intervention de Dieu. Dieu est venu à leur aide et les a protégés  miraculeusement. Les histoires de Prahlad, Dhru et d’autres, et les exposés autobiographiques de Namdev et Kabir dans Gourou Granth Sahib, montrent Son Pouvoir Suprême pour protéger les vertueux. Ces miracles surnaturels de Dieu doivent être distingués des miracles des êtres  humains réalisés grâce à leurs pouvoirs occultes, ce qui dans le Sikhisme est considéré dangereux et inconvenéant.

 

            ii) 'Ce que vous semez, vous le récoltez'. C’est la  théorie du

' Karma', les actions, bonnes ou mauvaises. Une personne est récompensée par ses bonnes actions et est punie par ses mauvaises actions. Par conséquent, d’après la théorie du Karma, un pécheur souffrira toujours à cause de ses mauvaises actions, et ne pourra jamais atteindre le salut de son âme. Gourou Nânak a repoussé ceci affirmant que pardonner le pécheur le plus mauvais même est la Caractéristique Souveraine (Birdh) de Dieu:

 

             "Patat pavan prabh birdh tumaro."

                                                                        (Bilawal Mohalla 5, p-829)

 

            ' Racheter le pécheur repenti, est Caractéristique Thy. '

 

                                                                        (Traduction du précité)

 

Gourou permet que le pécheur  à qui personne n'offre la protection dans le monde entier, s'il  rend les armes devant le Tout-puissant, devient pur, c'est-à-dire qu’il est béni par Sa Grâce:

            "Jis papi kau milai na dhoee

              Saran aawai ta nirmal hoee."

                                                                        (Bhairon Mohalla 5, p-1141)

 

            ' Le pécheur qui vit sans protection dans le monde

             Quand il rend les armes devant Dieu,  obtient la délivrance. '

 

                                                                        (Traduction du précité)

 

      Gourou réitère cela pour sauver les saints, protéger le vertueux, et même racheter les pécheurs repentis  comme Caractéristique Importante de Dieu.

 

LE CONCEPT DE NAM (NOM DIVIN):

 

            D'après le Gurmat (l’enseignement du Gourou), avant la création, Dieu vivait par Lui-même, Absolu seul et sans-forme. Puis Il est devenu manifeste par sa propre volonté, d’abord il s’est révélé à travers le NAM  (Nom Divin) et alors il a créé la Nature. Après avoir créé la Nature, Il ne l’a pas abandonnée  mais Il l’a soutenu  avec Sa Propre présence, et il se sentit satisfait.

 

"Aapinai aap sajio aapinai rachio Nao                        

 Dui kudrat sajiai kar asan ditho chao."

                                                                        (Asa Mohalla 1 - pauri 1, p-463)

 

"Dieu se créa  et  adopta le Nom de lui-même                        

En seconde position Il  créa la Nature                    

Et  S’installa dans la  Nature  regardant avec joie ce qu'Il avait créé."

 

                                                                        (Traduction du précité)

 

            1) NAM (Nom Divin) et Dieu ne sont pas deux entités différentes. Nam est juste un autre aspect du Tout-puissant, encore Informe. Nam est l'expression globale de tout ce que  Dieu est. Nam soutient tout:

 

"Nam soutient et contrôle toutes les existences                        

 Nam supporte l'univers et ses régions."

 

                                                            (Gauri Sukhmani Mohalla 5, 16-5, p-284)

 

            2) Nam ne veut pas dire qu’il y ait un nom spécial et unique pour appeler Dieu et que par enchantement de ce dernier on puisse Le rencontrer. Il est Infini et peut être appelé par un nombre infini de noms, mais qui peut être capable de compter ses noms infinis ? Les personnes illuminées et les  bénis se souviennent de Lui à travers Ses Attributs:

 

"Tav sarb nam kathai kavan                                   

 Karm nam barnat sumat."

 

                                    (Gourou Gobind Singh - Jap Sahib)

 

            Qui pourrait dire tous les Noms infinis de Dieu!

            Le sage se souvient de Lui à travers Ses Attributs.

                                                            (Traduction du précité)

 

            3) Dieu peut être appelé par d’innombrables noms par les disciples, qui créent ces différents noms selon les divers attributs de  Dieu, mais le premier et le plus remarquable nom de Dieu est représenté très clairement par' SAT' (La Vérité Éternelle) qui  montre l’existence éternelle de Dieu:

 

"Kirtam nam kathai terei jihba                               

 Satnam tera pra purbla."

                                                            (Maru Mohalla 5, p-1083)

            Ô, Dieu, mes lèvres ont prononcé ton nom bien aimé

            Sat-Nam est ton nom éternel

 

                                                            (Traduction du précité)

 

            4) Le mot  NAM est un Mot mystique utilisé dans la pratique de la vie religieuse et dans la pratique de la méditation. On se souvient de Dieu par Ses différents noms et attributs. Il y a aussi un autre aspect appelé le vrai Nom qui émane de l'expérience personnelle d'un prophète. Il émerge d'une vision que le Prophète a de l'Existence Divine. Ce Mot mystique dans la religion Sikh est appelé ' WaheGourou' ou Dieu Merveilleux ou ' Tu es Merveilleux'. Le Vrai Nom n'est pas le mot par lequel nous décrivons un objet, mais il décrit le pouvoir total, la qualité et le caractère de la Réalité. A travers le mot ' WaheGourou'  le prophète a tenté de résumer le pouvoir mystique et l’expérience de Sa présence en tout et partout. Les prophètes nous ont fait découvrir les Noms Divins du Dieu sans nom, lesquels

renvoient Sa présence dans notre conscience. La contemplation ou la méditation sur le vrai Nom (WaheGourou) c’est la pratique de la présence de Dieu dans notre conscience.

 

5) Gurbani (Mot Divin) lui-même est Nam.

 

a) Gurbani lui-même est Nam:

                                                Nam Ridai Vasaie

                        "Gurmukh bani nam hai, nam ridai vasaie"

 

                                                            (Sarang Ki Var-pauri, p-1239)

 

                        Le Mot de Gourou est le (Seigneur) Nom

                        Ce Nom que je porte dans mon coeur.

                                                            (Traduction du précité)

 

  b) Le terme ' Nam Japo' veut dire se souvenir de Dieu et invoquer Sa présence dans notre conscience. Toutes les formes de  méditation emmènent le disciple dans la présence de Dieu, mais d'après Gurbani, Hari Kirtan, la récitation sous une forme musicale des Gurbani, est la forme de méditation la plus sublime. Elle élève notre conscience  au niveau  maximum dans la présence de Dieu,:

 

            "Har kirat utam Nam hai vich kaljug karni sar."

                                                            (Kanre KiVar Mohalla 4, p-1314)

                        L’Éloge du Seigneur est Son Nom Glorieux

                        Le contempler est l'action sublime dans kalyug (Darkage).

                                                            (Traduction du précité)

 

  c) Le Gurmat explique que la récitation du mot ' Har Har…'  est Nam Japna:

 

                      "Har har har har nam hai gurmukh pavai koei."

                                                            (Kanre Ki Var Mohalla 4, p-1313)

                        Dire ' Har, Har, Har, Har' contemple le Nom du Seigneur

                        qui est atteint à travers la grâce de Gourou.

                                                            (Traduction du précité)

 

  d) Le Salut  ne peut pas être atteint sans Nam. Puisque Gurbani offre le salut, il est donc Nam:

 

                        "Sachi bani mithi amritdhar                                                      

                         Jinh piti tis mokhdwar."

 

                                                            (Malar Mohalla 1, p-1275)

 

                        ' Le Vrai Bani est nectar sucré

                        Celui lui qui est consacré, atteint le salut de l'Ame."

 

                                                            (Traduction du précité)

 

                        "Sachi bani sion dhare piyar

                         Tako pavai mokhdwar."

 

                                                            (Dhanasari Mohalla 1, p-661)

 

                        ' Celui qui est consacré à Bani Éternel

                         Obtient la délivrance."

 

                                                            (Traduction du précité)

 

     Il est par conséquent, très clair et évident que toute forme de récitation de Gurbani, que ce soit une simple lecture faite avec attention et  dévotion ou une méditation sur n’importe quel Sabad de Gurbani ou Kirtan de Gurbani;  sont absolument considérées  comme Nam Japna (méditation sur Nam), et permettent d’invoquer la présence de Dieu dans notre conscience.

 

     Il peut être mentionné ici qu'il y a de petites sectes qui trompent certains Sikhs innocents au  sujet de Gurbani et Nam. Les chefs de ces sectes disent aux Sikhs innocents »: Gurbani nous dit de méditer sur Nam, mais Gurbani n'est pas Nam. Venez, nous vous donnerons Nam". Alors ils chuchotent dans leurs oreilles quelques phrases tirées des Gurbani, qu'ils appellent Nam, et leur interdisent de les révéler à qui que ce soit; si jamais ils divulguent ce Nam à quiconque, une  malédiction tombera sur eux. De cette manière des Sikhs innocents et bien d’autres sont  trompés. Les Sikhs doivent, par conséquent, être très prudents vis-à-vis de telles sectes. Ceux qui prétendent  que Gurbani n’est  pas Nam, ont étés  trompés. D'après Gurmat (l’enseignment du Gourou), Gurbani est tout à la fois :

 

                        Gurbani est Nam:     "Gurmukh Bani Nam.hai.."

 

                                                                                    ( Sarang Ki Var-pauri, p-1239)

 

                                    La Parole du Gourou est le  Nom de Dieu.

                                                                                    (Traduction du précité)

 

                        Gurbani est Gourou:    " Bani Gourou, Gourou hai Bani..."

 

                                                                                    (Nat Mohalla 4, p-982)

 

                                    Gurbani (Mot Divin) est Gourou  et Gourou est le Mot Divin.

 

                                                                                    (Traduction du précité)

 

                        Gurbani est Nirankar: "Wauh wauh bani nirankar hai

                                                                Tis jiwad avar na koi."

                                                                                    (Slok Mohalla 3, p-515)

 

                                                                        ' Wauh Wauh Bani est le Dieu Informe

                                                                         Il n'y en a pas d’aussi grand que Lui."

 

                                                                                    (Traduction du précité)

 

                        Gurbani est chaque Nad (Note sacrée) et Ved (Vedas- Connaissance divine):

                                                                       

                                                                        "Sabh nad beid Gurbani

                                                                        Man rata Sarang Pani

 

                                                                                    (Ramkli Mohalla 1, p-879)

 

                        ' Le Mot de Gourou est la Note sacrée et Vedas

                         Pour, qu’à travers lui, on soit imprégné du Seigneur de l'Univers. '

 

                                                                                    (Traduction du précité)

 

            C’est par conséquent, Nam qui finalement conduit une personne à la Béatitude Éternelle. Pour être conscient de la présence de Dieu, on doit entrer en contact avec Nam, mais sans Gourou on ne peut pas atteindre Nam, sans Lui on ère  dans l'obscurité..

 

"Bien que cent lunes apparaissent                              

Bien que mille soleils se dressent                               

Il y aurait encore l'obscurité complète                         

S'il n'y avait aucun Gourou."

                                                            (Asa Di Var, Mohalla 2, p-463)

"Ne louez personne dans le monde et restez dans le doute                     

Qui pourrait être  sauvé sans Gourou? ."

                                                            (Gaund Mohalla 5, p-864)

"Dans cet âge de mensonge,  Nam reste caché                  

Pendant  que le  Seigneur remplit tous les cœurs,                         

Le Bijou de Nam devient manifeste dans les cœurs de seulement ceux

   Qui ont la possibilité  de se réfugier chez Gourou."

                                                            (Parbhati Mohalla 3, p-1334)

"Tout le monde  répète le Nom de Dieu, cependant personne ne le connaît               

seulement à travers la Grâce de Gourou                      

Dieu vient résider dans l'esprit                             

Il est  alors la vie qui nous donne des fruit."

                                                            (Gujri Mohalla 3, p-491)

 

LE CONCEPT DE GOUROU:

 

            Le concept de Gourou a été expliqué dans les chapitres antérieurs. Un yogi a demandé à Gourou Nânak qui était son Gourou ? Il a répondu, "Le Mot est Gourou"1. Dieu a remplit Gourou Nânak de Sa Parole, de  Son Royaume (Logos), et la propre personnalité  du Gourou a été personnifiée dans le mot. Gourou a montré très clairement que son corps humain n'était pas Gourou, que la vision extérieure du Gourou ne pouvait pas suffire à  amener le disciple près du Gourou. La lumière de la Parole se trouvant dans son coeur est le vrai Gourou et le disciple devra l'approcher avec un esprit réceptif afin de recevoir Sa Lumière.  

 

 

LE BAPTÊME DANS LE SIKHISME:

 

            Nam est la  seule source qui peut amener une personne vers l’Unique. Gourou est le seul Chemin vers Nam. Le Gurmat nous dit que le joyau de Nam se manifeste dans le cœur de  ceux qui font appel au refuge du Gourou.

 

            Comment pouvons nous faire appel au refuge du Gourou?

 

    Quand nous allons à la rencontre du Gourou, il nous donne Nam et alors nous méditons sur Nam donné par Gourou, qui en retour nous ramène à notre destination, le Tout-puissant. Comment pouvons-nous aller vers Gourou?

 

            Dans le Sikhisme le seul et unique chemin pour aller vers Gourou se trouve à travers le Baptême. Un Sikh doit prendre Pauhal ou Amrit, des Cinq Bien-aimés (Panj Pyare), alors il devient Gourouwala, celui qui est avec Gourou. Sans baptême un Sikh reste sans Gourou ou Nigura.

 

            "Nigure ka hai nau bura."

                                                            (Rag Asa Mohalla 3 Pati, p-435)

 

            ' Quelqu’un sans Gourou est mal connu  '

                                                            (Traduction du précité)

 

            Tout le monde répète le Nom de Dieu, mais la simple  répétition du Nom  ne suffit pas pour atteindre Dieu. Quand par la Grâce du Gourou, Nam envahit l'esprit, à ce moment là seulement les efforts  de la méditation deviennent fructueux. Sans la Grâce du Gourou, un Sikh ne peut pas atteindre son salut. Pour rechercher la Grâce du Gourou, nous devons aller vers Gourou et cela ne peut se faire qu’à travers le baptême.

 

            "Ram Ram Sabh ko kahai kahiai ram na hoi

             Gurparsadi Ram  mann vasai ta fal pavai koi."

 

                                                            (Gujri Mohalla 3, p-491)

 

            ' Tout le monde répète le Nom de Dieu, cependant  n'est pas suffisant pour le trouver

             Mais quand à travers la Grâce de Gourou

             Dieu vient résider dans  notre esprit

             C’est seulement alors que notre vie  devient fructueuse. '

                                                            (Traduction du précité)

 

Une question s’impose: y a t’il une autre façon pour un Sikh d’atteindre son salut?

 

            Non, dit Gurmat, il n'y a aucun autre chemin, aucune autre façon. Ce monde est un vaste et redoutable océan de Maya (matérialisme). Un Sikh doit traverser cet océan pour rencontrer son Créateur Bien-aimé. L'océan paraît sans fin et il y a de multiples obstacles sur le chemin. Pour pouvoir traverser cette mer dangereuse et redoutable, on a besoin d’un bateau fort solide et ce bateau ne peut être que Gourou, la Lumière Divine. Pour monter à bord du bateau du Gourou, un Sikh a besoin d’un passeport, et ce passeport c’est le baptême.

 

            "Bhavjal bikham dravno na kandhi na

              Na beri na tulha na tis vanj malar

              Satgur bhai ka boihtha nadri utar."

 

                                                            (Sri Rag Mohalla 1, p-59)

 

            ' L'océan affreux du monde est dangereux et redoutable; il n’y a aucun rivage ou limite,

             Aucun bateau, aucun radeau, aucune perche, et aucun batelier;

             Mais le vrai support est Gourou qui a un vaisseau pour l'océan terrible, et

                        fait naviguer en lui ceux qui voient ce monde avec dévotion. '

                                                            (Traduction du précité)

            La cérémonie de baptême a été initiée par le premier Gourou. Les personnes qui sont devenues les Sikhs du Gourou, ont été baptisées par Gourou. En faisant partie de l'assemblée du Gourou, on ne devient pas automatiquement un Sikh du Gourou. Du premier au dixième Gourou, la cérémonie du baptême a toujours consisté à prendre Charanpauhal : les doigts de pied ou le pied du Gourou étaient plongés dans l'eau, laquelle était donnée à boire au disciple, ensuite Gurmantar (Mot)  était donné par Gourou au disciple.

     Après la création du Khalsa, le dixième Gourou a changé cette tradition et a confié cette cérémonie aux Cinq  Bien-aimés. Ensuite ceux qui ont accepté la religion du Gourou (religion Sikh), ont été baptisés et ils ont été appelés les Khalsa (les mots Sikhs et Khalsa sont devenus synonyme. Gourou a délivré des directives  afin que tous soient baptisés et rejoignent l'ordre du Khalsa. Gourou Gobind Singh fut le premier à être baptisé par les Cinq  Bien-aimés. Par conséquent, chaque Sikh qui désire suivre le chemin du Gourou et cherche la grâce du Gourou devra  être baptisé par les Cinq Bien-aimés. C’est seulement à ce moment là que les efforts et les exercices spirituels deviennent fructueux. De Gourou Nânak à Gourou Gobind Singh, ceux qui se sont nommés eux-même  comme les Sikhs du Gourou, ont toujours été baptisés par les Gourous. C’est l'ordre du Gourou pour chaque Sikh d’être baptisé et c’est seulement après avoir obéi à son ordre que l’on peut être accepté par Gourou:

 

            "Hukam maniai howai parvan ta khasmai ka mahal paisi."

                                                                        (Asa Di Var pauri 15, p-471)

            ' En obéissant à Son ordre, on est acceptable

             Et atteindra la cour de son Maître."

                                                                        (Traduction du précité)

     Le baptême est seulement le point de départ  vers la réalisation de l’objectif spirituel. Il faut vivre une vie vertueuse et religieuse selon les principes du Gourou Rahit Maryada (Code de Conduite) cette conduite doit être appliquée dans les actes journaliers. Le code de conduite comprend l’éveil spirituel, l’accomplissement consciencieux de notre devoir, l’humilité, la modération et la charité. La Foi sans l’adhésion et la pratique du code de conduite, ne mènera pas le disciple vers l'objectif spirituel. Après le baptême, grâce à une constante dévotion et un amour sincère selon l’ordre du Gourou et à chaque étape de la vie, le disciple recherche la grâce du Gourou..Grâce à la soumission et à l’acceptation inconditionnelle envers le  Gourou, le disciple renaît  dans l'esprit du Gourou; et seulement à ce moment là le disciple est véritablement appelé Sikh:

 

            ' Gourou Sikh, sikh Gourou hai eko gur updes chalai,

            Ram nam mant hirdai devai Nânak milan subhai’

                                                                                    (Asa Mohalla 4, p-444)

            "Gourou est un Sikh, le Sikh est un Gourou;  tous les deux forment l’union,

                                    mais  c’est Gourou qui donne instruction

             Il situe le charme au Nom de Dieu dans le coeur, Ô Nânak,

                                    et alors Dieu est obtenu facilement."

                                                                                    (Traduction du précité)

 

 

 

 

HAUMAI (L’ÉGOÏSME):

           

            Dieu est partout et il est présent aussi en nous, mais le voile de l’ego nous sépare de Lui, il nous cache la Vérité:

 

            "Dieu, l'Incompréhensible, est en nous mais il n'est pas perçu

             Car un  écran noir pend entre 'ego  et moi."

                                                                                    (Rag Sorath  Mohalla 5, p-624)

 

            Les cinq vices qui sont: la sensualité, la colère, l’avidité, l’orgueil et l’attachement, sont des obstacles sur le chemin spirituel, mais l'égoïsme est le pire de tous. Dans les paroles du Gourou, le mot qui revient très souvent est  Haumait, lequel est  synonyme  du mal le plus insidieux. L'égoïsme est le mal qui est la cause de tous les faits et les gestes mauvais. L’égoïsme est la conséquence de l'illusion, l'individu est centré sur lui--même comme si cela était d’une importance capitale. Toutes ses activités sont dirigées exclusivement vers lui-même. "Dans l’ego il prend naissance et dans l’ego il meurt," (Asa Mohalla 1, p-466).  Quand le voile de l’ego descend sur un grand Yogi, il lui fait perdre  en quelques instants tout ce qu'il avait gagné à travers la pratique de la mortification pendant des années. Cet égoïsme est une maladie et un obstacle dans le chemin d’élévation  spirituelle  d'un individu.

C´est une forme de vie vers la conservation espirituelle de l´homme vers la glorification divine, acueillant des qualités divines dans ce processus.Aveuglé par ego, l’être humain  ne peut pas percevoir la gloire du  Divin. Par conséquent, Nam ne peut résider dans l'esprit tant qu’ego y  est. Nam et ego sont deux éléments opposés:

 

             "Haumai nawai nal virodh hai doai na vasai ek thai."

 

                                                                                    (Wadhans Mohalla 3, p-560)

            ' L'égoïsme est en désaccord avec le Nom

             Les deux ne cohabitent pas ensemble. '

 

                                                            (Traduction du précité)

 

      L'esprit égoïste ne peut pas réaliser les valeurs morales établies  par Gourou; laissant l'âme désespérée érer dans l’obscurité, et l’empêchant  d’atteindre son but. L'égoïsme se trouve sur le chemin de la réalisation  spirituelle tant désirée. Gourou nomme l'homme égoïste ' Manmukh'. Par la grâce du Gourou, ego ne peut se consumer qu’à travers le Sabad : 

 

            "Gur Kai Sabad parjaliai ta eh vicho jai."

 

                                                                        (Bilawal ki var, Mohalla 3, p-853)

 

            ' Quand il ferme les brûlures de l'homme  avec le Mot de Gourou

              il va loin. '

                                                                        (Traduction du précité)

 

LE SALUT - LE CHEMIN VERS DIEU:

 

            Un corps est mort sans la vie et la vie  elle-même est morte sans Nam. Nam est l’Élixir de vie sans lequel la vie n’a aucune  signification et est un terrible gaspillage. En oubliant Nam, l'âme est tourmentée. Il n'y a  aucun éveil spirituel, aucune paix de l’esprit, aucune joie et aucune béatitude sans Nam. La réalisation de Nam est la condition essentielle pour une vraie et fructueuse vie.

 

            "La langue qui  ne répète pas Son Nom

             Mieux lui vaudrait d’être coupée en petits morceaux."

                                                                        (Funhe Mohalla 5, p-1363)

            Le Gurmat repousse tous les jeûnes, rites et rituels comme  moyen  d’atteindre le salut de l’âme. Le  Gurmat repousse toute pratique du yoga, de mortification du corps, de l’auto torture et toutes les pénitences ou renonciation. Gurmat ne croit pas à l'adoration de dieux et déesses, cailloux, statues, tombes, crématoriums, Samadhies, idoles et images. Gurmat défend l'adoration de n'importe quel élément de la Création comme  moyen  d’atteindre le salut. Seul le Dieu Unique, le Sans Forme, le Créateur du monde sera Glorifié.

            La route qui mène à Dieu est la plus difficile et la plus complexe. Gourou Nânak a rendu ce chemin simple et aussi clair que le cristal en nous montrant une approche technique. Gourou explique que  la vie humaine, après avoir traversé de nombreuses vies,  a accumulé tout au long du chemin des impuretés. L'esprit humain est devenu noir et a été sali avec ces impuretés:

            "L'impureté de beaucoup  des naissances s’est attachée à l'esprit de l'homme, et il est devenu très noir."

 

                                                                                    (Slok Mohalla 3, p-651)

 

      Aussi longtemps que l'esprit humain reste impur, il ne pourra fusionner avec l’Unique qui est Absolu et Pur. Quand l'esprit devient pur, l'âme peut fusionner avec l'Ame Suprême. Comment est-ce que l'esprit devient pur?

 

             "Maen te dhokha ta lahai ja sifat kari ardas."

                                                                        (Rag Wadhans  Mohalla 1, p-557)

            ' Éloge et prière (à Dieu) font l'esprit pur."

                                                                        (Traduction du précité)

 

            Ceux qui l'ont fait, ont traversé l'océan de Maya et se sont fondus en Lui:

 

            "Tu sacha sahib sifat sualio jin kiti  so par piya."

                                                                        (Slok Mohalla 1, p-469)

            ' Tu est le Vrai Seigneur,  le bel  Éloge est pour toi ;

             Celui qui le dit, est sauvé. '

                                                                        (Traduction du précité)

 

      L'explication: Si un verre est plein d'eau sale, versez-y de l'eau pure constamment. En versant beaucoup d'eau pure dans le verre, l'eau sale finira par sortir du verre et finalement le verre  sera plein d'eau pure.

     De la même façon la prière constante et l’éloge de Dieu, nettoieront l'esprit impur. L'esprit humain se trouve dans un état chaotique. Il est rempli des cinq vices - convoitise,  colère, avidité, attachement et l’orgueil ou l’égoïsme. Ce sont les obstacles sur le chemin de la Réalisation du Nam. La Pureté d'esprit est nécessaire pour élever l’esprit. Aucun homme ou moine ne peut atteindre le salut sans discipliner le monde  chaotique à l’intérieur de son propre corps. Cette discipline intérieure d’expulsion des cinq vices de l'esprit, est une première étape nécessaire pour atteindre l’excellence spirituelle, ordonnée par Gourou.  Chanter la Gloire du Seigneur, le Tout Puissant, aidera à nettoyer l'esprit de ces impuretés. En glorifiant le Divin, l'esprit humain s’imprègne des qualités divines. À la fin, quand toutes les impuretés sont parties, Nam pourra enfin pénétrer l'esprit pur. Cela apportera un état mental exalté,  débarrassé de l’état chaotique dans lequel il se trouvait. L'évolution spirituelle se produira, qui aura pour résultat la Béatitude Céleste:

 

            "Prière et éloge de Dieu, donneront à Nam la montée à l’intérieur."

 

                                                                        (Ramkali Mohalla 3-Anand, p-917)

 

            De plus, le Gurmat déclare que quand les mains sont salies par de simples salissures l'eau suffit à les laver. Si l'urine tache un tissu, l'eau ordinaire ne suffira pas à le laver, seul le savon le nettoiera. De la même façon quand notre esprit est plein d’impuretés (péchés), il a besoin d’une bonne lessive et cette lessive est Nam:

 

            "Comme des mains ou pieds tachés de saleté,

             Les lavages de l'eau les font blancs;

             Comme des vêtements noirs de saleté,

             Les rincer avec du savon les rend propres;

             Ainsi quand le péché salit l'âme,

             La prière elle-même la nettoiera complètement.”

 

                                                            (Japji - pauri 20, p-4)

             La Prière et  l’éloge ont pour effet premier de nettoyer les noirceurs de l'esprit qui  sont emportées au loin ainsi il devient pur; et deuxièmement  quand l’esprit devient pur, alors le nectar de Nam s’insère dans l'esprit:

 

            "Prière et éloge  au Tout-puissant chassent l'impureté d'esprit

             Et l'Ambroisie de Nam occupe l'esprit."

 

                                                            (Gauri Sukhmani Mohalla 5, 1-4, p-263)

 

            C'est le stade  que le véritable disciple souhaite atteindre. Par la prière et les louanges, notre esprit  entre en contact avec  Nam et devient illuminé. Un esprit illuminé émerge et la personne renaît dans l'esprit du Gourou et  commence petit à petit à  progresser spirituellement. Nam est enregistré par la conscience et pénètre  l'âme  et  l’esprit. Cette glorieuse transformation ou métamorphose aide à transcender l'âme humaine dans un état de  Béatitude Absolue. La réalisation de Dieu provoque un changement intérieur qui fait passer le discipline d’une forme Personnelle à une forme Impersonnelle. Toutes les frontières, limitations et barrières sont détruites et l'âme individuelle commence à fusionner avec l'Ame Suprême, comme l’eau se mélange avec l'eau, la lumière se mélange avec la Lumière Divine:

 

            "Son âme et le corps sont teint avec le Nom d'Un Dieu

             Où habite l'Ame Suprême.

             Comme le mélange de l'eau avec de l'eau,

             Ainsi la lumière est mélangée avec Lumière.

             La migration est terminée et le repos qui a obtenu -

             Nânak est jamais un sacrifice au Seigneur."

 

                                                            (Gauri Sukhmani Mohalla 5, 11-8, p-278)

 

SUR QUOI MÉDITER OU COMMENT LOUER ET PRIER:

 

            Un Sikh  doit vénérer seulement Dieu, l’Unique et aucun autre. Mais Dieu est Informe, alors sur quoi peut-on méditer? Durant une conversation  avec des Sidhas, un Yogi  appelé Charpat a demandé au Gourou," Ô Gourou vous dites qu’on ne devrait pas renoncer au monde mais plutôt y vivre,  mais  Maya (matérialisme) est si puissante, comment  peut-on  la vaincre et faire un  avec Dieu tout en vivant dans Maya? S'il vous plaît, donnez nous des explications à ce sujet."

 

            "La grande mer de la vie est dure de traverser,  dites-nous je vous en prie comment le traverser sans risque."

                                                            (Sidh Gosht - Charpat, p-938)

 

Gourou Nânak donna deux exemples:

 

            Une fleur de lotus flotte toujours à la surface de l'eau. Elle ne peut pas exister sans eau, cependant elle reste non affectée par les vagues, toujours navigant au-dessus du niveau de l'eau. Un canard nage dans l'eau mais il ne laisse jamais ses ailes se mouiller. Si ses ailes sont mouillées, il se noiera, et le canard le sait. Bien que le canard ne puisse pas vivre sans eau,  il ne tient pas compte des vagues.

            De la même façon une personne ne peut pas vivre sans Maya (matérialisme) dans ce monde, cependant en vivant dans celui-ci, nous devons vivre au-dessus de  Maya. L’homme a des besoins matériels qui sont nécessaires pour maintenir les fonctions vitales de la vie. Par conséquent, comme la fleur de lotus et le canard qui ne se noient pas dans l'eau malgré qu’ils y vivent, une personne devrait rester détachée et désintéressée de Maya, en  n’oubliant jamais Dieu. Ceci est possible à travers l’éloge et la prière. La communion avec le  Sabad (Mot Divin)  supprimera l’influence de Maya et permettra à la personne de fusionner avec Nam:

 

            "Comme une  fleur du lotus non affectée dans l'eau

             Comme  un canard nage et ne se trempé pas dans l'eau

             Ainsi avec l’intention fixe sur Sabad qui réussi Nam

             Ô, Nânak, l'océan mondial épouvantable est traversé sans risque."

 

                                                            (Ramkali Mohalla 1, Sidh Gosht.5, p-938)

 

            Pour atteindre un objectif dans la vie, une attention et un attachement  absolus sont exigés. La pureté d'esprit et la sincérité de l’engagement sont les conditions requises pour atteindre un tel objectif. Cette tâche devient de plus en plus difficile quand l'objet est Dieu Sans forme.

Quand nous récitons les Gurbani,  si nous ne comprenons pas la signification du Sabad qui est récité, notre méditation devient mécanique, formaliste et  futile. Le résultat ne peut pas être positif. Deuxièmement, même si nous connaissons la signification du Sabad, mais que notre esprit n'est pas absorbé dans le Sabad et qu’il  divague  pendant que nous récitons le Sabad, le résultat ne sera pas très signifiant. Il  faut, par conséquent, se souvenir que la prière, alors que la pensée vagabonde, ne sera pas fructueuse et de ce fait ne sera  pas acceptable pour le Seigneur (' Ardas hazuri di manzoor hundi hai'). Un esprit attentif, alerte et complètement pur est exigé pour une bonne méditation. Donc chaque fois que nous lisons, écoutons ou chantons les Gurbani (Sabad), nous devons mettre notre ATTENTION TOUTE ENTIÈRE DANS LA SIGNIFICATION DU SABAD qui est lu, entendu ou chanté. Lorsque notre esprit attentif et le Sabad deviennent un seul être, notre esprit commence à sentir l'impact de l’esprit du Sabad et le résultat de cette  COMMUNION C EST LA BEATITUDE, LA PAIX ET LA JOIE ETERNELLE. Dans cette communion on expérimente une saveur qui ne peut pas être décrite et qui s’appelle l’Elixir Céleste (Hari Ras):

 

            "Ô femme ou  homme, tout autre ' Rasas' (choses de goût) que vous goûtez

             Ne calmera  pas la soif en un seul moment.

             Mais si  une fois tu goûtes l’Élixir Céleste (Hari Ras)

             vous serez émerveillés pour toujours."

                                                                        (Gauri Guareri Mohalla 5, p-180)

 

            Quand la communion de l'esprit avec le Sabad s’est établie, le disciple renaît dans l'Esprit du Gourou. Il se  mélange avec la Parole  (Sabad), et il n’affrontera plus jamais la mort après cette renaissance spirituelle:

 

            "Celui qui meurt dans le Mot, ne meurt jamais encore

             Et son  dévouement devient fructueux."

                                                                        (Rag Sorath, Slok Mohalla 3, p-649)

 

            Ceux qui établissent la communion avec le Sabad (Gurbani - Mot Divin), expérimenteront certainement la Béatitude éternelle:

 

            "Il deviendra sacré, sacré, sacré, et il sera sacré indubitablement

             Ô Nânak, celui  qui prononcera le mot Nam avec un amour sincère."

                                                            (Gauri Sukhmani Mohalla 5, 12-8, p-279)

 

NOTE : Pour voir sur la méditation, allez a l´appendice et regardez ¨MEDITATION¨.

 

QUELQUES SABADS D’ÉLOGE ET DE PRIÈRE:

 

"Tu es le Seigneur,  à qui je fais cette prière;      

Mon Ame et mon  corps sont tes cadeaux.                            

Tu es la mère et le père et nous sommes tes enfants;            

Par ton Esprit nous obtenons beaucoup de réconforts.                        

Personne ne connaît  tes limites                                 

Ô, Dieu, Tu es le plus Exalté et le plus honoré.            

La création entière c’est toi qui la formes;                   

Et on doit obéir aux ordres que tu as dictés.                       

Il n’y a que toi qui connaisses tes conditions et tes limites;            

Nânak, tes disciples te font toujours des sacrifices."

                                                            (Gauri Sukhmani Mohalla 5, IV-8, p-268)

                                                -----------------------

"Ô, toi. L’Eternel, l’Infini, l’Impérissable,  le Destructeur des péchés;

 Ô, toi,  le Compétent, le Tout-Puissant,  le Destructeur des souffrances, l’Océan,

                        des Vertus.     

Le Compagnon a une forme sans forme corporelle,  Soutien de tous;

Le Créateur des Mondes, trésor des dons et des attributs, dans ton Royaume existe

                                     toujours la  justice.

             Ô, Toi,  l’ Incompri, le Destructeur des péchés, plus éloigné Tu es, tu as été et tu seras;

             Ô, Toi, le Compagnon Eternel des saints, soutien des démunis.

             Ô, Toi, le  Seigneur!  Je suis ton disciple, je ne possede aucune vertu, je n'ai aucun mérite;

             Soit avec moi, Nânak, récois-moi afin que je puisse t’avoir toujours dans mon coeur."

 

                                                            (Gauri Bavan Akhri Mohalla 5, 55, p-261)

                                                -----------------------

            "Tu es mon père, Tu es ma mère,

             Tu es ma famille, Tu es mon frère,

             Tu es mon  protecteur partout; alors pourquoi  devrais-je craindre, Ô mon Seigneur?

             En toi, je reconnais, tu es mon foyer;

             Tu es mon refuge, Tu es mon honneur.

             À part toi je ne reconnais aucun autre Dieu, le monde entier est ta création

             Tu as créé les hommes et les animaux inférieurs toi;

             Tu leur as donné le nom qui leur a plu

             Tout se passe autour de toi car après toi, il n'y a rien d’autre.

             J'ai obtenu le grand confort en méditant sur ton Nom ;

             Et mon esprit est raffraîchi en te chantant des éloges.

             Les disciples de Gourou m'ont félicité; Ô, Nânak car j’ai vaincu les difficultés."

                                                                        (Majh Mohalla 5, p-103)

                                                -------------------------

 

            "Océan de pitié, demeure  pour toujours dans mon coeur;

             Ainsi éclaire ma compréhension que je puisse t’aimer, Ô Dieu.

             Ainsi j'obtiens la poussière des pieds de saints laquelle tu  mets sur mon front;

             D'être grand pécheur j'ai été purifié en chantant tes éloges.

             Le moi recoit ton ordre  qui est douce à moi, et cela à tous ceux qui ne  me veulent pas;

             Donnes moi celui à qui Tu te donnes, rassaisiez-moi, et je ne peux courir après personne autrement.

             Le Seigneur Ô, je sais que toujours tu es  près de moi, et je peux  rester comme la poussière des pieds    

             de tous les hommes;

             Le moi  rencontre la compagnie des saints afin que je puisse obtenir mon Dieu.

             Nous sommes toujours des enfants Ô, toi, Ô Dieu, tu es notre Maître;

             Nânak est ton  enfant, Toi, père qui fait naitre l'art: mes ton  Nam dans ma bouche."

                                                                                    (Todi Mohalla 5, p-712)

                                                --------------------------

            "ÔSeigneur, toi qui  Pardonnes, au compatissant et au pauvre,

             Ô maître des saints, toujours Miséricordieux.

             Ô Protecteur  de son maître, Dispositif de protection mondial, adorateur mondial,

             Tu enchéris toutes les créatures.

             Ô Existence Primitive, le Créateur du monde,

             Ton art est le support des âmes des fidèles.

             celui qui répétera ton nom sacré deviendra pur,

             avec dévouement, affection et amour sincère.

             Nous sommes dépourvus de vertu, bas et ignorants,

             Le  Nânak cherche ta protection, Ô Pouvoir Suprême."

 

                                                            (Gauri Sukhmani Mohalla 5, 20-7, p-290)

 

LES PÈLERINAGES – Ablutions dans des lieux sacrés

 

            Une grande importance était donnée aux  rituels qui faisaient partie de la vie religieuse Indienne pour des millions de personnes avant que Gourou  Nânak apparaisse sur la scène religieuse. Partout où Gourou Nânak est allé, il a essayé de libérer les masses des chaînes de la superstition et de l’ignorance, en leur inculquant  la  foi dans le Tout-puissant, le Dieu Sans Forme. À cette époque les gens croyaient que le fait de se baigner dans le Gange et dans d’autres endroits sacrés les absoudrait de leurs péchés. Gourou affirma que juste se baigner dans des endroits sacrés ne laverait pas  l'esprit  sali par les impuretés de l'égoïsme.

 

            "Tirath bharmas biadh na jawai

             Nam bina kaise sukh pawai."

                                                            (Ramkali Mohalla 1, p-906)

            ' Divaguer à travers les lieux du  pèlerinage,

             On  n’élimine pas les maladies en nous.

             Il ne peut y avoir aucune paix sans Nam. '

                                                            (Traduction du précité)

 

Gourou insista sur le fait qu'aucune paix durable ne pourrait être atteinte sans la méditation sur le Nom Divin. La méditation sur Nam est le seul vrai pèlerinage :

 

            "Tirath nahvan jao tirath nam hai

             Tirath sabad vichar unter gian hai."

                                                            (Dhanasri Mohalla 1, p-687)

            ' Est-ce que nous irons nous baigner aux places du pèlerin?

             Non. Nam est l’unique et vrai pèlerinage.

             Le pèlerinage est la contemplation sur le Mot

             Cela apporte la lumière spirituelle intérieure. '

                                                            (Traduction du précité)

      Gourou attire l’attention sur la futilité de courrir aux bains sacrés pour l'expiation des péchés. Gourou  Nânak affirme  dans le Japji qu’il se baignerait dans des endroits considérés sacrés, si cela plaisait au Seigneur. Ces cérémonies ne pourraient gagner  l'approbation de Dieu, sans cultiver la vie morale,

 

            "Ô, Seigneur, s’il te plaît   

             Je me baignerais aux places sacrées.

             Pour t’honorer.  Il est

             Sans valeur  ce pèlerinage que

             Je vois dans le monde entier autour

             où rien ne peut être gagné sans des bonnes actions."

                                                            (Japji, pauri-6)

Gourou a comparé ceux qui se baignent dans les lieux sacrés afin de gagner du mérite,  à des pots remplis de poison et qui sont lavés et propres seulement à l’extérieur. Cela veut dire que le mal à l'intérieur d'un homme, ne peut pas être enlevé grâce à des exercices rituels.

 

LE SYSTÈME DE CASTES ET L’ÉGALITÉ SOCIALE:

 

 

A une époque où la distinction des classes était très rigide et que le système des castes divisait la population  Indienne, Gourou Nânak, lui, parlait d’égalité et de fraternité. Gourou s’éleva au-dessus des rites et rituels, au-dessus des croyances et des conventions et au- dessus de tous les cultes nationalistes pour atteindre une vision d’amour pour tous les êtres. Il prêcha une religion d’amour, de sacrifice et de service.  Les Gourous Sikhs déclarèrent une totale égalité entre tous les hommes, comme étant le principe moral fondamental exigé pour régler les relations sociales et la communication.

            Gourou signale qu'il n'y a aucune différence fondamentale entre les hommes de castes différentes quant à leur constitution physique. Lors d’une discussion  avec des Brahmans, Kabir les interrogea:

 

            "Comment peut-on dire que vous êtes un Brahmane et moi d’une caste basse?

             Est-ce que c’est parce que j'ai du sang dans mes veines et que vous,  vous avez du lait?"

                                                                        (Gauri Kabir p-324)

Ceci  illustre bien l'absurdité de toute lutte ou toute réclamation faites par les hommes de haute caste qui proclament qu'il y a des différences physiques entre les hommes de castes différentes.

            Gourou insiste sur le fait que les lois de la nature ne sont différentes pour  les hommes des hautes castes. Alors que la nature ne fait aucune discrimination en  faveur des plus hautes castes, en ne reconnaissant d’aucune manière leur supériorité, le mythe de supériorité de la caste apparaît clairement comme étant totalement créé par l’homme de façon  artificielle. Gourou affirme:

 

            "Quel mérite est dans la caste?

             La vraie vérité est  que celui qui goûte le poison mourra."

                                                                        (Var Majh, Mohalla 1, p-142)

Gourou traite avec véhémence le système des castes comme  étant une perversité sociale, il dit:

 

            "Chacun dit il y a quatre castes, mais c’est de Dieu que chacun  s'élève;

             De même est l'argile qui façonne le monde entier;

             Les cinq éléments composent la forme du corps, et qui peut dire

                                                 qui en a moins de ceux-ci ou qui en a plus?"

                                                                        (Rag Bhairon  Mohalla 3, p-1128)

     Gourou nie que les castes existent dés commencement du monde.Il affirme :

 

            "Aucun homme de caste ou naissance pourrait être vu

             Il n'y avait  aucune distinction de couleur ou manteau ou du Brahmane ou Kashatriya......."

                                                                        (Maru Mohalla 1, p-1035-36)

     La révendication affirmant que les différentes castes émaneraient des différentes parties du premier homme est aussi rejetée par Gourou:

 

            "Sa caste est sans caste. Il n'est pas incarné, Il est Moi-même - Existant

             Tous les cœurs sont éclairés par la Lumière du Seigneur...."

                                                                        (Sorath Mohalla 1, 1-2 de 6, p-597)

     Gourou, donc, refuse d’accréditer l'institution du système de castes  et plus encore il nie la théorie qui dit que Dieu aurait favorisé quelques-un, en les faisant sortir des plus hautes  et plus nobles parties de Son corps. (C'était l’un des arguments des Brahmanes pour justifier leur supériorité de naissance vis à vis des basses castes).

            Finalement, il est affirmé par Gourou que la caste n’est d'aucune considération dans la réalisation spirituelle et que les hommes de caste inférieure n’ont pas besoin d'attendre de  renaître dans une plus haute classe sociale pour atteindre la délivrance:

 

             "Tumra jan jat avijata har japio patat pavichhe."

                                                                        (Basant Mohalla 4, p-1178)

            'N’importe qui contemple  Dieu, caste ou aucune caste,

                                    il devient fidèle béni de Dieu."

                                                                        (Traduction du précité)

            Le dixième Maître, Gourou Gobind Singh, déclara que les castes était un tabou dans l'ordre du Khalsa. Dans Akal Ustat, il affirme," il n'y a aucune considération de caste ou adhésion à des varnas". Il écrit plus loin, "je n'adopterai pas les habitudes d’aucune croyance, mais je sèmerai les semences de l'amour pur de Dieu". (Vachitar Natak, chap. 6, vers 34). Les premiers Sikhs  baptisés dans l'ordre du Khalsa appartenaient à des castes différentes. La théorie des devoirs différents pour chaque caste a été remplacée par les mêmes devoirs éthiques et religieux pour tous les hommes. Par conséquent, l'égalité fondamentale de tous les hommes a été assurée par l’adhésion libre et volontaire à l'ordre du Khalsa.

 

L’Égalité Sociale:

 

            La richesse fournit aussi un argument de discrimination  sociale, dans le cadre du système des  castes. Dans le Sikhisme, la relation entre les classes, selon les ressources économiques, repose sur l’égalité. Le sikhisme rejette la notion de supériorité des classes économiquement plus élevées par rapport aux autres. Gourou dit:

 

            "L'homme qui sait que Dieu regarde également tous les hommes,

             comme le vent souffle  sur le bourgeois comme sur le roi."

 

                                                            (Gauri Sukhmani Mohalla 5, 8-1, p-272)

 

      Donc, dans le Sikhisme les plus hautes classes ne sont  gouvernées par aucun code éthique spécifique, mais tous les hommes, riches ou pauvres, ont droit au même jugement, à la même égalité sociale.                Gourou met en valeur cette notion:

 

            "On ne vit pas pour dans le monde;

             Ni roi ni mendiant resteraient, ils sont tous venus et s’en vont."

 

                                                            (Ramkali Mohalla 1, 11, p-931)

 

     Par conséquent, la considération incorrecte de la supériorité du rang est basée sur une fausse conception de la nature du monde. Le besoin de reconnaissance de la dignité humaine, sans tenir compte des classes économiques, est aussi souligné dans une anecdote de la biographie de Gourou Nânak, appelée histoire de Bhai Lalo et Malik Bhago. Dans cette anecdote, Gourou Nânak refusa le somptueux dîner de Malik Bhago pour le simple pain de grains grossiers de Bhai Lalo. La morale est  que le pauvre ne doit pas  être traité comme inférieur, tous les hommes doivent être traités comme égal indépendamment de leurs ressources matérielles.

 

 

LE STATUT DES FEMMES:

 

            La place de la femme dans la société  Indienne, n'a pas toujours été la même. Pendant  un certain temps on lui accorda une très haute situation, il y a aussi des exemples historiques qui montrent qu’à cause de certaines influences, elle a été reléguée à une place inférieure. Au début du Sikhisme la situation des femmes était très mauvaise dans la société Indienne.

            Dans le Sikhisme il est considéré  comme absurde de considérer une femme seulement comme une'provocatrice ‘,une' séductrice' ou une personne' impure'. Gourou ne considère pas 'la femme' comme un obstacle  sur le chemin de l’objectif ultime de la Béatitude Éternelle. Ainsi, Gourou repousse tout ascétisme ou toute renonciation et considère que la vie de famille si elle est menée de façon vertueuse est supérieure à celle d’un ascète. En enseignant ce type de vision à la population,  Gourou insiste sur le fait que les femmes devraient avoir  une  situation honorable dans chaque segment  de la société. Gourou  Nânak a affirmé que les femmes n'étaient absolument pas inférieures aux hommes:

 

            "De la femme notre naissance dépend, dans l'utérus

 de la femme  nous avons été façonnés;

             Ă la femme nous sommes engagés, à la femme nous sommes mariés;

             La femme est notre amie et  la famille dépend de la femme;

             Si une femme meurt, nous en cherchons une autre; à travers la femme se tissent les attaches avec le monde.

             Pourquoi penser mal de la femme qui donne  naissance à des rois?

             De la femme vient la femme;

             O Nânak, Dieu seul est celui qui est indépendant de la femme (parce qu'il est qui n'est pas encore né)."

 

                                                                                    (Var Asa Mohalla 1, 2-19, p-473)

 

      Cette déclaration montre clairement la haute estime que l’on donne à la situation de la femme  dans le Sikhisme. La femme,  mère des plus grands héros, est élevée à la plus haute place dans la hiérarchie des êtres humains.

            Dans le code moral des Sikhs un grand nombre  d'injonctions traîtent du rejet de différentes pratiques qui vont à l’encontre de l’éthique, comme : (i) infanticide féminin; (ii) l’immolation de la veuve (Sati) sur le bûcher de son mari, et (iii) le port de voiles pour les femmes. Dans l’Inde ancienne, selon les dires de l’autorité spirituelle que l’auto immolation sur le bûcher  funéraire de son mari était la seule conduite  méritante  qu'une femme vertueuse pouvait suivre; non seulement  une telle femme trouverait la béatitude éternelle dans le ciel auprès de son mari, mais en plus son action expierait les péchés de trois générations de la famille de son mari, du côté de son père et aussi de sa mère2.

            Gourou Amar Das, le troisième Maître, a entamé une vigoureuse campagne contre cette tradition des Satis, et grâce à cela,  il a émancipé les femmes de cette oppression sociale et cette cruauté religieuse. Gourou a déclaré que "le Sati est pour quelqu’un que la vie a satisfait et l'embellit de sa bonne conduite, il chérit à jamais le Seigneur et appelle les bienfaits de Lui".

                                                                        (Rag Suhi, Slok Mohalla 3, 2-6, p-787)

 

            Une des améliorations  sociales la plus notable a été l'émancipation des femmes. Beaucoup de femmes ont trouvé le salut à travers les enseignements du Gourou. Dans le Sikhisme le remariage de la veuve est aussi autorisé, remariage par lequel la veuve peut être réhabilitée si elle le  désire.

 

L’INSTITUTION DE LA SANGAT ET  DU PANGAT:

 

SANGAT - Société des saints:

 

            Sangat veut dire assemblée ou congrégation, mais dans le Sikhisme  Sangat est habituellement appelée Sat Sangat(assemblée sacrée) laquelle peut être définie comme la Maison de la Vérité où les gens aiment Dieu et apprennent à vivre dans Lui:

 

            "Sat Sangat kaisi janiai jithai eko nam vakhaniai."

                                                                        (Sri Rag Mohalla 1, p-72)

            ' Comment est-ce que nous devrions reconnaître le Sat Sangat?

      les fidèles  communient dans la Vérité avec le seul Seigneur. '

                                                                        (Traduction du précité)

 

 Le quatrième Gourou donne une définition de la  Sangat:

 

            "Le Sat Sangat est l'école du Vrai Gourou,

             Là nous apprenons à aimer Dieu et apprécier Sa grandeur."

                                                                        (Var Kanra Mohalla 4, p-1313)

     Gourou Nânak a attaché une grande importance à l’établissement des Sangats, les assemblées sacrées, à chaque endroit où il est allé, il a essayé d’en établir. Le Mot Divin (Gurbani) et la Sat Sangat  étaient les deux principaux moyens que Gourou a utilisé pour libérer les gens de leurs passions et leur égoïsme; et finalement pour leur faire atteindre le salut et pour les unir à Dieu:

 

            " Sat Sangat est la trésorerie de Nom Divin;

             Là nous rencontrons Dieu;

             

     A travers la Grâce de Gourou, On reçoit la  Lumière et toute l'obscurité est chassée."

 

                                                                        (Sarang Ki Var, Mohalla 4, p-1244)

 

     C’est un  fait reconnu que le progrès spirituel ne peut pas être accompli sans la compagnie des Saints. La fréquentation de la société des Saints est le moyen de détruire l'égoïsme et aide à se libérer  des mauvaises passions:

 

            "La saleté d'égoïsme d'âges qui ont souillé l'âme,

             Sera enlevée dans la Société de l’unique Sacré.

             De même que flotteurs du fer  attachés pour boiser

             Ainsi veuillez une croix l'océan de la vie en suivant

             Le Mot de Gourou dans la compagnie des saints."

                                                                        (Kanra Mohalla 4, p-1309)

            "Ami ô, dites-moi comment je peux traverser  

à travers l'océan difficile de Maya;

             Si Dieu dans Sa pitié donne l’amitié et l'honnête

             Nânak, Maya ne peut pas venir m’approcher."

 

                                                                        (Bavan Akhri Mohalla 5,(7), p-251)

 

            Où que Gourou Nânak soit allé, les Sikhs ont construit un Gurdwara (maison du Gourou) dans lequel ils se retrouvaient  chaque jour et  y  formant  une Sangat unie. Du temps du troisième Maître, Gourou Amar Das pensait que les Sikhs devaient avoir leurs propres sièges  religieux. Il a donc fondé la ville de Chak Ram Das, qui par la suite prit le nom d’Amritsar; et il construisit aussi un Bawli (un puits avec un escalier qui descend jusqu'au niveau de l'eau) qui se trouvait  à Goindwal. Le quatrième et le cinquième  Maître ont eux aussi manifesté un grand intérêt dans le développement de la construction de nouveaux centres religieux pour leurs partisans, tel qu'Amritsar,  Kartarpur etc. . Ces centres religieux ont grandement contribué au développement et à l’expansion de la communauté Sikh. Les différentes Sangats sikhs venant de loin ou de plus  près avaient l’habitude de visiter ces centres, cela leur donnait  l'occasion de rencontrer  Gourou  et d’obtenir ses bénédictions, mais cela leur permettait aussi d’entrer en contact les uns avec les autres. Durant leur visite, leur étaient fournis gratuitement le logement et la nourriture. Simran (participation au service religieux journalier) et Seva (participation dans les taches communautaires et dans la cuisine communautaire), le Langar, étaient les deux composantes majeures de la vie journalière pour les Sikhs en visite. Ces contacts étroits et fraternels entre les membres des Sangats ont formé les solides bases de  l’organisation Sikh.

 

     Le processus d'intégration du Sikhisme se fit conjointement avec l’élargissement des groupes  des partisans. Pendant l’époque du troisième Gourou, il y avait vingt-deux manjis et cinquante-deux piris qui étaient des centres de grande ou  plus  petite taille servant à la propagation de la religion Sikh dans le pays. Gourou Ram Das, le quatrième Maître,  établit un nouvel ordre de missionnaires,  appelé Masands. Ce nouvel ordre a été réorganisé et  élaboré par le cinquième Gourou. Comme le nombre de nouvelles Sangats était devenu plus important dans le pays, l'initiation des futurs sikhs par la cérémonie de Charanpauhal (Charanamrit) fut désormais autorisée à être faite par  les missionnaires locaux. Bien que le Charanamrit idéal fût celui administré par Gourou lui-même, il était impossible pour Gourou, d’être présent physiquement partout, c’est donc pour cette raison que l'autorisation d'initiation a été déléguée aux missionnaires locaux. La plus grande part des gens qui se sont convertis au  Sikhisme, résultat des efforts précités, provient principalement des classes commerçantes, demeurant dans les villes. Durant la période du cinquième Gourou, le mouvement  devint aussi populaire dans les campagnes, ayant pour effet l’adhésion au sikhisme d’un grand nombre de Majha Jats.

            L’acquisition de fonds est  absolument nécessaire pour le succès de tout mouvement. Au  commencement, les dons volontaires des dévots étaient suffisants. Quand de grands projets ont été entrepris, les pratiques existantes se sont  retrouvées vite inadéquates. Afin de faire face à cette situation, les masands ont été sollicités non pas pour se concentrer simplement sur la propagation des enseignements des Gourous, mais aussi pour collecter des offrandes des fidèles et les réunir dans le centre où se trouvait Gourou.

            Au commencement la sangat Sikh était simplement un rassemblement religieux de fidèles, fonctionnant plus ou moins de façon isolée. Petit à petit,  il y eut un élargissement de ses fonctions. La préparation de l’écriture et des copies des Ecritures saintes, la construction de certains centres religieux, l’institution de Manjis et Masands comme point de centralisation  et d’affirmation du principe de la suprématie du Gourou, tous  ces facteurs ont crée des liens communs, unissant les uns aux autres. Par conséquent, l'isolement des différents dévots a été amoindri. Le mouvement a continué à se développer jusqu'à ce qu'il atteigne son plus haut point avec la création du Khalsa, visant à une combinaison équilibrée des idéaux de Bhakti et Shakti, de l’excellence morale et spirituelle, de la valeur militante et de l’héroïsme au niveau le plus noble. Un jour avant qu'il quitte ce monde, Gourou Gobind Singh fit l’annonce  historique d’abolir la lignée  des Gourous vivants et de  conférer les pouvoirs de délibération au Khalsa. Avec la création du Khalsa, les Sangats à moitié intégrées furent complètement  intégrées. L’investigation du  Khalsa avec le pouvoir suprême, marqua l'achèvement de ce long processus d'environ deux siècles et demi.

            Toute personne, de toutes castes et croyances  confondues,  peut devenir un membre de la Sangat. Tous les services peuvent être exécutés par les Sikhs et les non-Sikhs, à l’exception du rituel du baptême qui ne peut être exécuté que par une personne  membre du  Khalsa. La Sangat n'est pas simplement un rassemblement de dévots, ni un lieu pour rechercher un salut personnel et la  béatitude, mais elle a été érigée dans le but de ré-orienter totalement  la  vie des individus et de la société vers une existence délibérément créative. La Sangat était considérée comme étant si importante que même les Gourous avaient l’habitude de se soumettre à ses décisions. Gourou Arjan n'a pas marié son fils à la fille de Chandu parce que la Sangat en avait décidé ainsi. La Sangat peut être une petite unité mais dans sa Totalité, elle est appelée Panth - Le Chemin Sacré de la Vie.

 

 

PANGAT - la Cuisine communautaire du Gourou : le Langar

 

            Il existe une autre institution le  Pangat ou Langar, organisée simultanément avec la création et l’organisation de la Sangat. Elle a été initiée par Gourou Nânak et sa consolidation et son extension ont été réalisées par le troisième Gourou. Les règles du Langar exigent que tous doivent s'asseoir sur la même ligne et partager  la même nourriture sans  distinction entre  riches et pauvres, le  prince ou le paysan. Gourou Amar Das avait donné comme ordre que personne ne pourrait avoir  une audience  avec lui, sans avoir préalablement  mangé dans le Langar. Quand le Raja de Haripur ou même l’Empereur  Akbar, vinrent voir Gourou, ils durent s'asseoir avec les gens communs et dîner avec eux avant que  le Maître leur donne son consentement de les voir. Par cette pratique les gens ont été amenés à renoncer à leurs préjugés sociaux. La cuisine commune a aussi servi comme  moyen d'intégration sociale.

            L'institution du Pangat a donné une dimension séculière au Sangat. Elle a traduit le principe d'égalité, et elle a aussi servi de ciment  pour lier entre eux les partisans du Sikhisme. Cette institution offre une protection contre le principe social immoral d'intouchabilité qui est une terrible conséquence du système des castes.

            Cette institution est gérée avec l'aide et les contributions de tous, et pas seulement par un groupe de privilégiés. La cuisine libre où le prince et le paysan peuvent être ensemble, a suscité  un esprit de charité à grande échelle.

 

LA FRATERNITE UNIVERSELLE :

            L'idéal d'égalité sociale n'est pas le but ultime de l’éthique du Sikhisme. En effet cette égalité peut être maintenue sans pour autant ressentir de l’affection ou de l’attention pour les autres. Le seul principe d’égalité  ne peut pas être suffisant parce qu’il n’est pas conforme  à l'idéal de moralité humaniste. Ce principe doit être aussi nourri avec l'idée d'unité spirituelle de l’espèce humaine, cela est essentiel. Gourou a affirmé:

 

            "Comme hors d'un seul feu, des millions d’étincelles surviennent; survenez en        

            Vous séparant et vous rassemblant. Comme d'un tas de poussière, des grains de balayage de la poussière s’élèvent dans l’air et retombent en un  tas de poussière. 

           Ainsi de la forme de Dieu émergent des choses vivantes et inanimées et 

           elles surviennent de Lui, et tomberont encore en Lui."

                                                                        (Gourou Gobind Singh - Akal Ustat)

 

      Cela veut dire que chaque être  humain mérite d’être traité comme un membre de la même fraternité humaine. L'être humain semblable n'est pas un ' autre'. Gourou dit:

 

            "Rencontrer Gourou, j'ai abandonné le sens de l'altérité."

                                                                        (Bhiro Mohalla 5, 1-29-42, p-1148)

      L'autre, en fait, n’est pas un ' autre' mais un co-partageur de la même source d'émanation et une partie du même ordre spirituel. Ce sentiment de fraternité avec l’humanité, nous lie de façon beaucoup plus profonde que les simples affinités sociales, nationales ou familiales. Cette fraternité de l'espèce humaine dont Dieu  est le père commun est exaltée par les paroles du Gourou:

 

            "Tu es le père de nous tous...tous sont les partenaires,

             Tu n’es étranger  à personne."

                                                                        (Majh Mohalla 5, p-97)

      Gourou met un accent sur les attaches communes  de l'existence dans ce monde:

 

            "L'air est Gourou, l'eau est père, grand monde est la mère;

             Dans le genou de deux infirmières, nuit et jour, le monde entier est amené."

                                                                        (Japji, Slok, p-8)

      D'après Gourou, la fraternité est la réalité mais elle nous est cachée par le voile d'houmai (l’individualisation). Houmai est la saleté qui obscurcit notre esprit et qui s’est accumulée pendant le processus des transmigrations. Une fois que cette souillure est ôtée de notre esprit   et que le voile d'houmai est tombé, les relations entre les êtres humains deviennent une réalité claire. Aussi longtemps  que nos esprits restent sous le voile d’Houmai, notre compréhension continuera à être incomplète et loin de la réalité. Comment pouvons nous nettoyer notre esprit?

 

            Comme cela a été mentionné auparavant, Gourou indique comment nettoyer l'esprit:

 

            "Seulement à travers éloge et prière à Dieu

             L'esprit deviendra pur."

                                                                        (Wadhans Mohalla 1, p-557)

 

            Une fois que l'esprit devient pur, il atteint un  haut niveau spirituel dans lequel  la réalité s'ouvre et  toute illusion disparaît et alors le sens de la fraternité universelle prédomine:

            "Il y a Un père de nous tous

             Et nous sommes enfants du même père."

 

                                                                        (Sorath Mohalla 5, p-611)

 

            "Je ne suis ni un Hindou ni un Musulman;

             L'âme et corps appartiennent à Dieu si Il est appelé Allhah ou Bat."

 

                                                                        (Bhairo Mohalla 5, p-1136)

 

            " Dieu vous  a infusé la lumière, n'en regardez pas moins Dieu;

             N'en regardez pas moins Dieu; voyez-le attentivement.

             Tout ce monde que vous apercevez est à l'image de Dieu; L'apparence de l'image de Dieu reste

lui.

             Quand par la grâce de Gourou j'ai reçu la compréhension,

             J'ai vu que ce Dieu en était Un, et qu'il n'y en avait pas d´exception.

             Saith Nânak, ces yeux étaient aveugles, mais en rencontrant le vrai Gourou ils ont obtenu la

lumière  divine."

                                                                        (Ramkali Mohalla 3, Anand-36, p-922)

 

             Par la grâce du Gourou, notre coeur est rempli de la lumière divine, il n'y a  aucune inimitié, aucune haine, mais  tout est altruisme et service pour la fraternité de l'humanité. Dans les faits réels nous trouvons l’exemple de Bhai Ghanaya. Sur le champ de bataille Bhai Ghanaya avait pour mission de servir de l'eau aux  assoiffés. Il   servait de l'eau au Sikhs aussi bien qu'aux Hindous ou aux Musulmans. Les Sikhs se plaignirent à Gourou que Bhai Ghanaya servait de l'eau aux soldats de l'ennemi qui après avoir obtenu de l'eau,  revenaient à nouveau lutter contre eux . Gourou le fit venir et lui  signala  que les Sikhs s'étaient plaints. Bhai Ghanaya répondit," Ô vrai roi, je ne vois pas qui est un ami et qui est un ennemi. Je vois votre image dans chacun d'eux pareillement. J'ai vu qu'ils étaient tous vos Sikhs et ainsi j'ai servi de l'eau à chaqu’un d'eux."

            Cette attitude correspond à l’état mental  ordonné par Gourou, quand l'esprit d'une personne est élevé au-dessus des différences de religion, couleur, race ou identité nationale; et le sentiment de la vraie fraternité universelle est né:

 

            "Il n'y a aucun ennemi, aucun n'en est ' autre',

             Un sens de fraternité universelle est venu à moi."

 

                                                                        (Kanra Mohalla 5, p-1299)

 

       Le Sikhisme croit en la fraternité et met en pratique différentes mesures pour la réaliser. Il y a de nombreux exemples dans l'histoire Sikh qui mettent en relief ce fait.

            Gourou  Nânak a voyagé pendant quatorze ans à pied, allant jusque dans la région des Collines de l’Assam à l'est de l'Inde et aussi loin que l'Iran et l’Irak à l'ouest; du Tibet dans le nord jusqu’à Ceylan dans le sud. Pendant ce long voyage il se rendit dans de nombreux  temples célèbres  Hindous  et dans leurs centres  d’enseignement, les Maths des Sidhas, et  plusieurs centres musulmans y compris à la Mecque. Il délivra le Message Divin (fraternité de l’humanité et Paternité de Dieu) et expliqua  pourquoi il était venu dans ce monde. Jamais il n’a demandé à quelqu’un de devenir son disciple afin que celui-ci puisse aller au ciel. Il a offert la garantie à l'humanité entière  que si une personne, indépendamment  de sa race, sa couleur, sa caste, sa croyance, son sexe, sa religion ou sa nationalité, méditait sur Dieu, l'Informe,  il obtiendrait la délivrance:

 

            "Jo jo japai so hoai punit

              Bhagat bhai lavai manhit."

                                                (Gauri Sukhmani Mohalla 5, 20-7, p-290)

            ' Il deviendra pur, s’il répète ce Nom-là

             Avec dévouement, affection et amour sincère."

                                                (Traduction du précité)

      Le Sikhisme défend entiérement la fraternité universelle en parole et en esprit. Chaque Sikh vivant dans chaque coin du monde, quand il prie le matin et le soir, finit toujours sa prière en disant:

 

            "Par Ta Grace, chacun a été béni dans le monde."

           

LES IMAGES DES GOUROUS:

 

            Quelques artistes ont peint des images  des dix Gourous. Est-ce que ces artistes ont  vu les Gourous? On peut trouver ces images accrochées dans presque tous les Gurdwaras et dans la majorité des maisons Sikhs. L'ironie du sort c’est que beaucoup de gens placent des  guirlandes de fleurs sur ces images et aussi de l’encens devant elles. Ne peut-on pas appeler cela de l’idôlatrerie d’image? Comment  pouvons nous appeler cela Gurmat? Dans Zafarnama, que Gourou Gobind Singh écrivit à l’Empereur Aurangzeb, il  mentionna ceci au sujet de certains Rajas, "Ils  adoraient des idoles, et j'étais casseur d’idoles..".

            De Gourou Nânak à Gourou Gobind Singh, l'insistance a été mise sur l’adoration unique d’un seul Dieu, l'Informe, et ils ont fermement défendu l'adoration des idoles, des crématoriums, des  Samadhies, des tombes etc. Les adorateurs d’images citent les vers suivants des Gurbani comme argument de leur action:

 

                        ' Gur ki murat mann meh dhyan

                                                            (Gaund Mohalla 5, p-864)

                        ' L'image de Gourou cultuel dans l’esprit. '

                                                            (Traduction du précité)

                        ' Satgur ki murat hirdai vasai. '

                                                            (Dhanasri Mohalla 1, p-661)

                        ' Enchâsse l'image du Vrai Gourou dans son esprit. '

                                                            (Traduction du précité)

 

Qu’est ce que Gourou et qu’est ce que le MURAT du Gourou (image)?

           

            Comme cela a déjà été expliqué  précédemment dans ce livre, d'après les Gurbani, Gourou n'est pas un corps (deh), Gourou est Jot (Lumière Divine) et le murat du Gourou (image) est le Mot Divin (Gurbani):

 

                        ‘Jot roop har aap gur Nânak kahaio. '

                                                            (Swayas Bhattan p-1408)

                        ' Gourou, l'Incarnation de la Lumière s'est causé

                                                d´être appelée Gourou Nânak. '

                                                            (Traduction du précité)

 

            Le Gurmat (enseignement du Gourou) explique que le vrai Gourou n'est pas un corps physique et par conséquent le corps n'est pas considéré comme un sujet d'adoration:

 

                        ' Satgur niranjan soi

                         Manukh ka kar roop na jan. '

                                                            (Ramkali Mohalla 5, p-895)

                        ' Le Vrai Gourou est lui-même le Seigneur Immaculé

                         Connaissez-le pour ne pas être un être  humain et rien que ça. '

                                                            (Traduction du précité)

 

            Par conséquent, la signification de " Gur ki murat man meh dhayan"

n'est absolument pas l'adoration de l'image du Gourou mais fixe l'attention sur la signification du Sabad (Mot). Les Gurbani confirment cela en disant que par la vision du corps physique du Gourou, le salut ne peut être atteint:

 

                        ' Satgur no sabh ko vekhda jeta jagat sansar

                         Didhai mukat na hovai jichar sabad na kare vichar. '

                                                                        (Slok Mohalla 3, p-594)

                        ' Le monde entier voit Gourou

                         Mais n'atteint pas délivrance si on ne renvoie pas sur le Mot. '

 

                                                                        (Traduction du précité)

 

 

            Si en voyant le corps du Gourou on obtenait le salut, alors Mehta Kaluji n'auraient pas giflé son fils, Gourou Nânak. Depuis toutes ces années durant lesquelles le père avait vu le  Gourou, il aurait dû atteindre le salut. Au lieu de cela  l'histoire a raconté que Mehta Kaluji ne pouvait pas voir la Lumière Divine dans son fils et continuait à le gifler. Si par le seul fait de voir le corps du Gourou on pouvait

 obtenir le salut, alors les deux fils du Gourou, Sri Chand et Lakhmi Das, n'auraient pas désobéi à leur père. Le bourreau qui a versé le sable brûlant sur le corps nu de Gourou Arjan, n'aurait pas fait cela, parce qu'en voyant Gourou et aurait obtenu le salut. Le bourreau n'aurait pas coupé la tête de Gourou Tegh Bahadur, puisqu’il avait vu Gourou. Par conséquent, quand la Lumière Divine du Gourou était dans un corps humain il ne vit  rien que de corps physique de Gourou qui n'a pas donné le salut à tous, alors, comment est-ce que ces Images fausses peuvent nous sauver? Ces images  peuvent seulement nous faire dévier de la vraie trajectoire prescrite par le Gurmat.

                       

            Dans Tavparsad Swayas Gourou décrit que ceux qui adorent les idoles sont « Pas » (comme l'animal):

                       

                        "Kou butan ko pujat hai 'dhayo du pujan du ko du butan du kou de papas."

 

            La traduction:

 

                        ' Quelques-uns qui adorent les cailloux les mettent sur leur tête,

                                     quelques-uns pendent le lingam a leur cou;

                         Quelques-uns voient Dieu au sud, quelqu'un leurs têtes

                                    à l'ouest;

                         Quelques idiots gardent des idoles cultuelles, d’autres s’en servent pour

                                    adorer leur mort;

                         Le monde entier est empêtré dans  des fausses cérémonies

                                    ne trouve pas le secret de Dieu. '

                                                                        (Gourou Gobind Singh - Tavparsad Swayas)

  

            Quelques Sikhs portent aussi autour du cou des colliers avec l'image du Gourou. Est-ce que c’est Gurmat? Gourou n'est pas une idole. Gourou n'est pas une image. Gourou n'est pas un corps humain. Après qu'il ait rendu son dernier souffle, personne n’a pu trouver le corps de Gourou Nânak. Par conséquent Gourou est JOT. Gourou est  la Lumière Divine. Gourou est tout empli  de l'Esprit Divin. Gourou est  la Parole Divine (Gurbani). Poser des guirlandes sur les images  des Gourous est totalement contraire au Gurmat. Comment  pouvons nous espérer obtenir les bénédictions du Gourou alors que nous agissons contre l’ordre  même du Gourou?

 

            Le Sans Forme, l’Absolu ne peut pas être représenté par une image. Il n'a aucune forme et, donc, ne peut être décrit à travers aucun symbole. De telles actions  ne pourraient gagner  l'approbation du Gourou. Sans la  fidélité totale à l'ordre du Gourou, la foi sikhe serait enterrée sous un tas de dogmes sans aucun sens, sous une multitude de rituels sans signification et de nombreux actes cérémoniaux.

 

            Le Sikhisme n'est pas un dogme mais un mode de vie selon Gourou Rahit Maryada (code de conduite). Un Sikh doit maintenir dans son esprit la parole du  Gourou comme  la chose la plus importante de son existence, et cela chaque jour de sa vie. Sans glorifier la présence Divine dans chacune de nos existences, la vie sera polluée et cela nous conduira  à une dégénérescence spirituelle. Une profonde et continuelle contemplation du Nam est nécessaire et est indispensable pour obtenir un état d’exaltation  caractéristique des Sikhs. Nam n’est ni une philosophie, ni une connaissance  livresque. Le Sikh demeure dans  la grâce du vrai Gourou  (Gurbani - Mot Divin). Que les paroles qui suivent soient  notre supplication journalière:

 

            "Ô mon ami, Gourou Divin!

            Éclairez mon esprit avec le Nom Divin!

            Laissez le Nom qui m’a été révélé  par Gourou être  compagnon de vie;

            Et chanter ta gloire est ma routine journalière."

 

                                                (Rag Gujri  Mohalla 4, p-10, Gourou Granth Sahib)             

           

 

           

 



1 Sidh Gosht., page 938.v

2 R.C. Majumdar. Suprématie Britanique et Rennaissance Indienne, p-823